Financement de l'islam radical
Posée le 17/10/2024 • Ministère interrogé : Intérieur
Nathalie Goulet UC
Sénatrice — Orne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/10/2024
M. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice Nathalie Goulet, votre colère est ma colère. Elle est notre colère.
Je vais vous répondre de façon très précise, puisque vous avez cité le cas très révélateur de l'université de Gaziantep, au sud de la Turquie, qui a des liens très troubles avec l'islam radical et dont le recteur a rendu un hommage appuyé à M. Ismaël Haniyeh, tué dans une frappe israélienne après avoir commandité et dirigé le pogrom du 7 octobre 2023.
Ces liens, dans le cadre d'Erasmus, qui est sans doute, de tous les programmes européens, l'un des plus beaux, et l'une des plus belles réussites, sont inacceptables. On ne doit pas laisser dénaturer Erasmus !
D'ailleurs, le chef de la délégation française du parti populaire européen (PPE), M. François-Xavier Bellamy, a très rapidement dénoncé ce financement et a obtenu de la Commission européenne qu'elle y mette un terme. Cependant, ce n'est pas suffisant : ce n'est qu'une première étape, puisqu'il faut désormais casser la convention.
Je voudrais également vous rappeler - je sais que vous connaissez cette information, vu comme ce combat vous est cher - que, sous la précédente législature européenne, la même personnalité française du PPE avait conduit, par la voie d'un amendement budgétaire, une action similaire, visant à ce que la Commission ne puisse financer les campagnes, notamment de communication et de propagande, sur le voile islamique - nous avons tous cette image en tête.
Je veux d'ailleurs, s'agissant du voile islamique, rappeler cette très belle expression d'Élisabeth Badinter, qui a déclaré que le voile islamique était « l'étendard de l'oppression de la femme ».
Je vais écrire, avec Benjamin Haddad, ministre délégué auprès de mon collègue ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de l'Europe, une lettre à la Commission pour qu'elle se préoccupe de l'entrisme. Nous avons lutté contre le séparatisme. Il nous faut aussi, en France, sur le sol national, lutter contre l'entrisme.
Je rends moi aussi hommage à ces deux professeurs, ces deux hommes que vous avez cités tout à l'heure.
L'école est une cible, mais elle est aussi - il faut le rappeler - un antidote. Elle est un bouclier. Je voulais conclure sur ce point. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
M. le président. La parole est à Mme Nathalie Goulet, pour la réplique.
Mme Nathalie Goulet. Monsieur le ministre, la session budgétaire commence... Pour ma part, je ne suis pas tellement d'accord pour voter des dispositifs et des contributions obligatoires comme ceux que je dénonce !
Il n'est pas possible que les demandes d'informations que nous adressons à la Commission restent sans réponse. Il n'est pas possible que nous continuions à avoir affaire à des gens complètement irresponsables - de fait, il s'agit bel et bien d'irresponsabilité !
Vous voyez bien que tous ces actes sont liés, et que cela grignote la République.
Votre prédécesseur avait demandé au préfet Pascal Courtade et à François Gouyette une enquête sur la dangerosité des Frères musulmans. Je ne sais pas où elle en est...
Je pense qu'il faut vraiment travailler au contrôle des associations. C'est important !
M. le président. Il faut conclure !
Mme Nathalie Goulet. Merci de votre réponse, monsieur le ministre. Nous serons vigilants ! (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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