Industries et licenciements
Posée le 07/11/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Simon Uzenat SER
Sénateur — Morbihan
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/11/2024
M. Marc Ferracci, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l'industrie. Monsieur le sénateur, vous l'avez indiqué, la filière automobile est en difficulté.
Le site de Michelin à Vannes produit notamment des armatures métalliques. Des difficultés similaires touchent d'autres sites, dans d'autres pays : Michelin a annoncé il y a quelques mois la fermeture de sites équivalents en Pologne et en Allemagne.
Face à cette situation, notre stratégie et notre politique industrielles doivent reposer sur deux principes. Le premier, c'est de protéger l'existant pour assurer, lorsque les difficultés surviennent, que l'accompagnement des salariés, leur reclassement ou leur éventuelle reconversion se fassent dans les meilleures conditions possible, en y mettant les moyens.
La direction de Michelin s'y est engagée, sur l'initiative et sous la pression des membres du Gouvernement. Je l'ai moi-même rencontrée, ma collègue Astrid Panosyan-Bouvet l'a également rencontrée, et nous avons tous deux formulé cette exigence d'accompagnement et de revitalisation des sites.
L'enjeu, c'est de ne pas se laisser perdre des savoir-faire et des compétences, de ne pas mettre des familles dans des situations d'anxiété et de faire en sorte que les territoires continuent de vivre. Je le disais plus tôt, la direction de Michelin s'est engagée à ce que, dans les territoires concernés, autant d'emplois soient recréés qu'il n'en sera supprimé.
Monsieur le sénateur, nous ne devons pas transiger sur un second principe, selon lequel, demain, des investissements doivent revenir dans notre pays pour y créer des emplois.
M. Mickaël Vallet. Allez le dire aux salariés de Michelin !
M. Marc Ferracci, ministre délégué. C'est ce qui nous a permis, depuis 2017, de faire progresser l'emploi industriel en France, d'inverser la courbe de la désindustrialisation, de faire en sorte que, en 2022 et en 2023, l'emploi industriel continue de progresser.
Il ne faut pas abandonner cette stratégie qui repose à la fois sur des mesures de compétitivité globale et de stabilité fiscale, mais aussi sur une stratégie européenne. Nous devons agir à l'échelle européenne pour faire face à la compétition. Nous ferons des propositions en ce sens à nos partenaires européens, pour adopter un plan de sauvetage et de soutien à la filière automobile européenne dans les prochaines semaines. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Simon Uzenat, pour la réplique.
M. Simon Uzenat. « Protéger l'existant », ce n'est pas protéger l'existant politique. Or nous avons l'impression que vous voulez maintenir à tout prix une ligne qui ne produit pas d'effets, et qui est même désastreuse sur le plan économique, ce dont nous avons une fois de plus l'illustration.
En outre, pour créer des emplois dans nos territoires, nous avons besoin d'une France et d'une Europe beaucoup plus volontaristes, qui mettent les moyens, appliquent les règles...
M. le président. Il faut conclure !
M. Simon Uzenat. ... et les fassent respecter.
Le gouvernement actuel, pas plus que ses prédécesseurs, n'est pas au rendez-vous. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
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