1150 emplois menacés chez Valéo en France
Posée le 14/11/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances et industrie
Thierry Cozic SER
Sénateur — Sarthe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/03/2025
M. Thierry Cozic. Madame la ministre, depuis le début de l'année, la fermeture de sites industriels est légion. Le département dont je suis élu, la Sarthe, ne fait pas exception : 1 150 emplois sont menacés au sein de l'entreprise Valeo au plan national.
En juillet 2024, l'équipementier automobile a fait connaître son intention de rechercher un repreneur pour plusieurs sites en France, dont celui de la Suze-sur-Sarthe, ou encore de Saint-Quentin-Fallavier en Isère et de La Verrière dans les Yvelines.
En février dernier, la direction de Valeo a brutalement annoncé la cessation anticipée de l'activité du site sarthois d'ici au 25 avril prochain. Quelque 250 salariés sont concernés et attendent les conditions de leur licenciement ou de leur reclassement, sans compter les prestataires affectés par cette fermeture.
Dans un bassin de vie comme celui de la communauté de communes du Val de Sarthe, cela signifie qu'aucune famille ne sera épargnée. L'intersyndicale de l'entreprise de la Suze-sur-Sarthe, dont j'ai rencontré des représentants, déplore un mépris inacceptable.
L'annonce d'une potentielle fermeture a été faite mi-juillet, à l'aube des congés, sans égard pour des salariés cumulant en moyenne vingt-cinq ans d'ancienneté. Et l'annonce, en février dernier, de la fermeture définitive du site sarthois d'ici au mois d'avril prochain a encore une fois montré le manque de considération de la direction vis-à-vis des salariés.
Les résultats financiers du groupe Valeo font état d'une hausse notable de la marge opérationnelle et du flux de trésorerie disponible, qui ont augmenté de 45 % entre l'exercice 2023 et l'exercice 2024. Rien ne justifie donc la menace que l'équipementier fait peser sur des milliers de salariés et de familles.
Valeo, je tiens de plus à le rappeler, a compté parmi les bénéficiaires du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) de 2020 à 2023. Or, pendant qu'elle était aidée grâce à des fonds publics français, l'entreprise délocalisait son activité dans des pays low cost.
L'État français étant aujourd'hui actionnaire de cette entreprise, il doit en protéger les salariés. Quels moyens le Gouvernement compte-t-il mettre en oeuvre pour sécuriser les emplois des salariés en France et éviter qu'une telle situation ne se reproduise, madame la ministre ? Que compte faire le Gouvernement pour accompagner socialement les salariés dont l'emploi compte parmi les très nombreuses suppressions annoncées par l'entreprise ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Amélie de Montchalin, ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des comptes publics. Monsieur le Sénateur, vous interrogez mon collègue ministre Marc Ferracci sur la situation du site de la Suze-sur-Sarthe, qui fait partie des sites pour lesquels Valeo a engagé une recherche de repreneur en juillet 2024.
La situation de Valeo s'est considérablement dégradée ces derniers mois en raison du déficit de compétitivité et de la remise en cause de la technologie 48V, sur laquelle l'entreprise avait misé. S'y ajoutent des difficultés conjoncturelles, notamment une baisse des volumes et la réorientation des stratégies d'achat des constructeurs vers des pays à plus bas coût.
Face à cette chute de son chiffre d'affaires, Valeo a engagé une procédure de recherche de repreneurs pour deux sites. Si un repreneur a été trouvé pour le premier site, aucune solution n'a, à ce jour, été trouvée pour le site de la Suze-sur-Sarthe, dont les technologies perdent en compétitivité sur l'ensemble du marché européen.
Les salariés ont été informés en novembre de cette décision de fermeture. Après quatre mois de recherche de repreneur, une phase de négociation s'est engagée dans l'objectif de signer un PSE d'ici à la fin du mois de mars.
Le Gouvernement et l'administration sont très attentifs à la qualité du dialogue social, au respect des exigences du code du travail et à la fiabilité des mesures de reclassement qui sont proposées.
Plus largement, l'État veille à ce que Valeo maintienne une ambition forte en France. Au cours des dix dernières années, Valeo a investi 9 milliards d'euros en recherche et développement et 2 milliards d'euros en outils de production, ce qui représente 40 % de l'effort global de recherche et développement et 15 % de l'effort d'industrialisation de l'entreprise au niveau mondial.
D'ici à 2026, Valeo a l'ambition de réaliser dans notre pays 300 millions d'investissements et 1,7 milliard d'euros d'investissements en recherche et développement dans des technologies d'avenir : les moteurs électriques, la gestion thermique des batteries, l'intelligence artificielle (IA), les logiciels embarqués, etc.
Comme je l'ai indiqué précédemment, nous ne pouvons pas considérer la situation particulière d'une entreprise sans prendre en compte la situation de la filière en Europe. Le plan qui a été annoncé au niveau européen la semaine dernière reprend les exigences françaises. Les principes de préférence européenne et de contenu local permettront d'exiger des constructeurs qu'ils privilégient les équipementiers locaux.
Au-delà des situations particulières, que le Gouvernement suit attentivement, cette avancée européenne nous permettra d'assurer un avenir à cette filière industrielle européenne.
Source : senat.fr ↗
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