Action du Gouvernement face à la nouvelle vague de désindustrialisation frappant le département de l'Oise
Posée le 14/11/2024 • Ministère interrogé : Industrie
Alexandre Ouizille SER
Sénateur — Oise
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/02/2025
M. Alexandre Ouizille. Je ne m'habitue ni aux drames ni aux difficultés qu'ils emportent.
Dans l'Oise, à cette heure, se joue le drame que constitue la disparition d'un certain nombre de lignes et d'emplois industriels. Permettez-moi, mes chers collègues, d'avoir une pensée pour les salariés, employés, ouvriers et cadres qui en souffrent.
Au sein de l'entreprise Forvia, sous-traitant automobile, à Méru, un plan social est en cours. Chez Agco et Gima, producteurs de machineries agricoles, à Beauvais, un plan social est en cours. Près de chez moi, à Trosly-Breuil, au sein de l'entreprise de chimie Weylchem Lamotte, un plan social est en cours.
À Villers-Saint-Paul, un site dans lequel l'entreprise Chemours devait investir cette année 200 millions d'euros supplémentaires fermera finalement.
À Montataire, l'entreprise Akzo Nobel, qui compte parmi les numéros un mondiaux du revêtement et de la peinture, a un plan social en cours.
À Creil et à Verneuil-en-Halatte, l'entreprise Stokomani, dont la marque est bien connue, a également un plan social en cours.
Face à une telle situation, que peut le Gouvernement ? Cette question simple s'articule autour de trois axes, madame la ministre.
À quand une politique industrielle instaurant des clauses de conditionnalité territoriale, comme les Américains l'ont fait dans le cadre de l'Inflation Reduction Act ?
Quand rénoverons-nous enfin nos outils antidumping ? La demande déposée par l'entreprise Weylchem Lamotte il y a vingt-quatre mois est toujours en cours d'instruction. Comme me l'indiquait son dirigeant, en vingt-quatre mois, l'entreprise aurait eu le temps de fermer trois fois !
Enfin, quelle est la stratégie de l'État, qui doit valider les plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) ? Comment compte-t-il protéger les salariés concernés ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Nathalie Delattre, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée du tourisme. Monsieur le sénateur Alexandre Ouizille, vous interpellez le Gouvernement sur la situation de l'industrie dans l'Oise.
La liste des entreprises citées recouvre des cas très différents, qui appellent des réponses spécifiques. Mes collègues Éric Lombard et Marc Ferracci y travaillent.
Dans votre question écrite, vous citez la cession à venir par Sanofi et CD&R d'Opella Healthcare International SAS, qui possède une usine à Amiens. Le Gouvernement s'est montré très actif dans le suivi de ce dossier. Il a obtenu un accord exigeant incluant l'engagement des cessionnaires à maintenir les sites de production, notamment le site de Compiègne, et à adopter une trajectoire de croissance de l'emploi en France. Quelque 70 millions d'euros d'investissement sur cinq ans, ainsi que des volumes de production minimaux pour les produits sensibles, notamment le Doliprane, sont également prévus.
Nous avons souhaité et obtenu l'entrée de Bpifrance au capital d'Opella afin de disposer d'un droit de regard sur la stratégie de l'entreprise et d'y faire valoir nos intérêts, au service de notre souveraineté.
La nature de cette opération et les engagements obtenus de la part de Sanofi et CD&R ne justifiaient donc pas un refus de l'opération via l'activation de la réglementation relative aux investissements étrangers en France (IEF).
Au-delà de ce cas particulier, l'ambition du Gouvernement est d'agir sans relâche pour la reconquête industrielle de nos territoires. Depuis 2017, nous avons fait des progrès considérables en matière d'attractivité, de compétitivité et d'emploi. Quelque 130 000 emplois ont ainsi été créés dans l'industrie et, en 2024, nous avons continué à ouvrir plus d'usines qu'il ne s'en est fermé, puisque nous avons enregistré 36 ouvertures nettes d'usines au seul premier semestre.
Cela ne doit pas cacher les difficultés rencontrées, notamment dans les secteurs de la chimie, de l'automobile et de l'acier, en faveur desquels nous déployons des plans d'action à l'échelon national, mais également européen.
Le rôle de l'État est d'accompagner les chefs d'entreprise en amont des difficultés pour trouver des solutions permettant de pérenniser les activités et l'emploi à chaque fois que cela est possible. Nous nous appuyons pour ce faire sur le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), sur la déléguée interministérielle aux restructurations des entreprises (Dire) et sur les commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises (CRP) qui accompagnent près de 4 000 entreprises par an.
Soyez assuré que le Gouvernement sera toujours à vos côtés pour agir au service de l'industrie de la Nation, monsieur le sénateur. Marc Ferracci reste à votre disposition pour compléter cette réponse.
M. le président. La parole est à M. Alexandre Ouizille, pour la réplique.
M. Alexandre Ouizille. Je vous remercie de ces précisions concernant Opella, madame la ministre.
J'ai préparé cette question il y a un certain temps déjà et, depuis, cela n'aura échappé à personne, des changements de gouvernement sont intervenus.
En dépit des éléments que vous citez, je constate que la question du socle social reste pendante. Les dossiers qui s'accumulent appellent une action bien plus forte, prenant en compte l'ensemble des difficultés rencontrées par ces entreprises.
Source : senat.fr ↗
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