Question écrite
✓ Répondue le 02/07/2026
#23#
Pénurie de pharmaciens dans les pharmacies à usage intérieur des établissements de santé
Posée le 21/11/2024 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Pauline Martin Les Républicains
Sénatrice — Loiret
La question
Mme Pauline Martin interroge Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins concernant la pénurie croissante de pharmaciens dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) des établissements de santé.
Selon l'article L. 5126-1 du code de la santé publique, chaque établissement de santé disposant d'une PUI doit être dirigé par un pharmacien possédant une qualification en pharmacie hospitalière, appelée qualification « H ». Bien que les pharmaciens d'officine bénéficient d'une formation similaire, ils ne peuvent exercer dans ces établissements sans cette qualification, qui nécessite de suivre un internat de quatre ans pour obtenir le diplôme d'études spécialisées (DES), rendant ainsi leur reconversion difficile.
Bien que le décret n° 2017-883 du 9 mai 2017 modifiant les conditions d'exercice et de remplacement au sein des pharmacies à usage intérieur et les modalités d'organisation du développement professionnel continu des professions de santé ait introduit des dérogations, celles-ci ne répondent pas aux besoins des pharmaciens d'officine souhaitant travailler en PUI. Une de ces dérogations, valable jusqu'au 1er juin 2025, permet aux pharmaciens ayant deux ans d'expérience à temps plein en PUI de travailler sans obtenir le DES. Cependant, de nombreux pharmaciens d'officine ne peuvent pas justifier de ces deux ans qui permettraient cette dérogation.
Cette situation est exacerbée par une nouvelle demande parmi les pharmaciens, qui privilégient de plus en plus l'intérim, une solution qui ne permet pas de garantir la pérennité des postes. Cela aggrave encore la pénurie de pharmaciens qualifiés, notamment dans les hôpitaux, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), et dans les zones rurales et sous-dotées. En conséquence, la gestion des médicaments et la sécurité des soins dans ces établissements sont mises en péril.
Face à cette situation, elle demande au Gouvernement des éclaircissements sur les mesures envisagées pour faciliter l'accès à la qualification en pharmacie hospitalière (section H), afin de remédier à cette pénurie croissante et d'améliorer l'accès aux soins.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/07/2026
Depuis l'encadrement de l'exercice des pharmaciens en Pharmacies à usage intérieur (PUI) en 2017 et la création en 2019 du Diplôme d'études spécialisées (DES) de pharmacie hospitalière d'une durée de 4 ans, certains établissements et structures autorisés à disposer d'une PUI peuvent rencontrer des difficultés de recrutement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle des mesures transitoires dérogatoires ont permis la reconnaissance de qualifications à tous les pharmaciens sous réserve de satisfaire des conditions d'expérience. Toutefois, ces mesures dont l'éligibilité est désormais échue, n'avaient pas vocation à devenir pérennes. Le Gouvernement a néanmoins entendu les alertes du terrain et pour répondre à la situation en PUI, des mesures ont déjà été mises en place. Ainsi, le nombre de postes ouverts pour le DES de pharmacie hospitalière est en constante augmentation, passant de 338 pour l'année universitaire 2022-2023, à 488 places en 2026-2027. Par ailleurs, et dans le sens des annonces du Pacte de lutte contre les déserts médicaux, des mesures dérogatoires et temporaires pourront prochainement être prises pour faciliter les remplacements en PUI et le recrutement en PUI de services départementaux d'incendie et de secours. Un décret en conseil d'Etat devrait permettre, en concertation avec le conseil national de l'ordre des pharmaciens (CNOP) de soulager des situations identifiées. Ces mesures ne doivent en aucun cas nuire à la spécialité de pharmacie hospitalière, créée spécifiquement pour répondre aux besoins des établissements et à l'exercice particulier en PUI qui nécessitent une formation dédiée permettant l'acquisition de compétences particulières. Enfin, des réflexions sont en cours afin de renforcer les coopérations et les mutualisations entre les différents établissements de santé et médico-sociaux disposant d'une autorisation de PUI. La volonté, partagée avec les acteurs, est d'améliorer les conditions d'exercice des pharmaciens en PUI en favorisant les coopérations inter-établissements, répondant ainsi à l'une des difficultés reposant sur un exercice isolé dans certains territoires ruraux. Par ailleurs, la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées a confié à deux personnalités qualifiée (Pr. Véronique MAUPOIL DAVID & Dr. Cyril BORONAD), le soin de lui transmettre des propositions permettant à la fois aux pharmaciens déjà titulaires de leur diplôme de pouvoir accéder au DES de Pharmacie hospitalière notamment. Ces propositions seront déployées dès 2027.
Source : senat.fr ↗
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