Question écrite
✓ Répondue le 26/06/2025
#23#
Reconnaissance du métier d'herboriste
Posée le 12/12/2024 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Anne Ventalon Les Républicains
Sénatrice — Ardèche
La question
Mme Anne Ventalon attire l'attention de Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur la nécessité de reconnaître officiellement la profession d'herboriste.
Alors que la demande en plantes médicinales ne cesse d'augmenter, 80 % des plantes utilisées en France sont actuellement importées. Cette situation interroge sur la dépendance de la France vis-à-vis des importations alors que nos territoires, notamment ruraux, disposent d'un savoir-faire traditionnel et des conditions idéales pour produire localement ces plantes médicinales. Le développement de petites cultures locales pourrait devenir un levier économique et écologique important pour ces territoires.
Cependant, l'absence de reconnaissance légale de la profession d'herboriste freine cette filière. Ce métier essentiel est oublié depuis la suppression du diplôme en 1941 par le gouvernement de Vichy. Aujourd'hui, seuls les pharmaciens sont habilités à vendre et à conseiller sur l'usage thérapeutique de la majorité des plantes médicinales, limitant ainsi les herboristes dans leur pratique professionnelle.
La création d'un diplôme d'État, garantissant une formation de qualité, permettrait de structurer cette filière tout en offrant aux consommateurs une sécurité quant à l'utilisation appropriée des plantes médicinales, grâce à un accompagnement professionnel.
Elle demande donc quelles mesures le Gouvernement envisage pour reconnaître officiellement la profession d'herboriste, notamment à travers la création d'un diplôme d'État, et soutenir le développement local de la production de plantes médicinales dans un cadre légal.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/06/2025
Depuis la disparition du diplôme d'herboriste en 1941, l'article L. 4211-7 du code de la santé publique est venu encadrer l'exercice des herboristes en France. Les plantes médicinales peuvent être délivrées par les pharmaciens d'officine en application du 5° de l'article L. 4211-1 du code de la santé publique et de l'arrêté du 15 février 2002 fixant la liste des marchandises dont les pharmaciens peuvent faire le commerce dans leur officine. Cet article réserve donc la vente des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée au seul pharmacien, hormis certaines plantes qui peuvent, par dérogation et en application du décret n° 2008-839 du 22 août 2008, être délivrées par des personnes autres que des pharmaciens. Les pharmaciens bénéficient d'enseignements liés à l'herboristerie dans le cadre de leur formation initiale. Le caractère médicamenteux des plantes médicinales à effet thérapeutique rend nécessaire le maintien de cette activité dans le champ de la profession de pharmacien. Par ailleurs, le pharmacien peut poursuivre sa formation à travers des diplômes universitaires et interuniversitaires. Ainsi, le pharmacien possède une connaissance complète des plantes médicinales, notamment sur la prévention et la gestion des interactions entre les plantes médicinales et les médicaments. Il dispose des compétences nécessaires pour dispenser une médication adaptée, à visée préventive ou curative. Par conséquent, il n'est pas envisagé à date de réintroduire le diplôme d'herboriste.
Source : senat.fr ↗
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