Position de la France sur la régulation de l'intelligence artificielle
Posée le 13/02/2025 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Ghislaine Senée GEST
Sénatrice — Yvelines
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/02/2025
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. Madame la sénatrice, la semaine dernière, dans cet hémicycle, nous entendions dire que les États-Unis avaient déjà remporté la course, parce qu'ils avaient engagé 500 milliards d'euros dans l'IA. Cette semaine, on nous dit que 109 milliards d'euros, ce n'est pas bien non plus... Je m'interroge sur la cohérence d'ensemble de ces interventions.
M. Thierry Cozic. Ce n'est pas la question !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée. Au moment où cette technologie accélère comme jamais, nous devrions non pas tenir des discours pessimistes, mais nous réjouir de ce progrès.
Quand les médecins utilisent l'IA pour faire progresser la recherche contre le cancer, quand les chercheurs utilisent l'IA pour trouver de nouveaux matériaux susceptibles de remplacer le plastique - ce n'est pas rien pour l'écologie -, quand tous les scientifiques du monde utilisent l'IA pour trouver des solutions à nos problèmes, il me semble fondamental d'être au rendez-vous. Et c'est ce à quoi nous nous employons !
M. François Patriat. Très bien !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée. Vous évoquez l'éthique, madame la sénatrice. (Mme Ghislaine Senée opine.) Il est important de souligner qu'hier, sous l'égide de la France, soixante pays se sont engagés en faveur du développement d'une « intelligence artificielle éthique, inclusive, ouverte et durable ». Cela ne vous paraît peut-être pas grand-chose, mais c'est absolument fondamental, parce qu'il est hors de question que le développement de cette technologie qui transforme nos vies et notre avenir reste concentré dans les mains de quelques entreprises.
C'est cela, la vision de la France ! C'est cela, la vision de l'Europe !
Vous avez raison, l'Union européenne met en place une réglementation ambitieuse. D'ailleurs, j'y insiste, tous ceux qui font croire que cette réglementation est une mauvaise chose ont tort ! Les Vingt-Sept s'engagent autour des mêmes règles, en respectant un principe très simple : l'IA, comme tout outil, ne vaut que par la façon dont on l'utilise. C'est non pas la technologie en elle-même qui est mauvaise, mais l'usage qui peut en être fait.
M. Fabien Gay. Et Musk ?
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée. Non, en Europe, nous ne voulons pas d'une IA qui puisse noter les individus, d'une IA qui puisse utiliser les émotions !
M. le président. Il faut conclure !
Mme Clara Chappaz, ministre déléguée. Telle est la vision que nous défendons en France et en Europe ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.)
M. Jean-François Husson. Très bien !
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Ghislaine Senée
Nuisances induites par le développement de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle
Question orale sans débat • 22/01/2026
Éligibilité des formations en langue étrangère ou régionale pour les élus locaux
Question écrite • 22/01/2026
Suites données à la convention citoyenne sur les temps de l'enfant
Question au Gouvernement • 27/11/2025
Application des lois relatives au droit à la réparation
Question écrite • 03/07/2025