Situation internationale
Posée le 20/02/2025 • Ministère interrogé : Premier ministre
François Patriat RDPI
Sénateur — Côte-d'Or
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/02/2025
M. François Bayrou, Premier ministre. Mesdames, messieurs les sénateurs, je voudrais tout d'abord me joindre aux applaudissements qui ont exprimé si longuement et avec ferveur l'adhésion des parlementaires français, particulièrement du Sénat, au soutien à l'Ukraine à un moment où ce pays est si profondément agressé, physiquement et historiquement.
Ce que vous avez noté, monsieur le président Patriat, n'est que la suite de cette séquence qui s'est ouverte il y a maintenant trois ans par l'agression délibérée et absolument injustifiée de la Russie de Poutine contre l'Ukraine. Cette date a marqué un renversement du monde.
Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, nous vivions avec l'idée - certains diraient peut-être l'illusion - que la planète serait désormais régie par le droit, qu'aucun des grands pays ne s'attaquerait à la stabilité des frontières et qu'une loi internationale permettrait à chacun de poursuivre son développement, dans la perspective d'un avenir stabilisé. C'est cette certitude qui a été renversée par Poutine, à qui se sont jointes un certain nombre d'autres très grandes voix internationales, dont, hélas ! celle du quarante-septième président des États-Unis, élu dans les circonstances que l'on sait et sur un discours qu'on a entendu...
Il y a là une double inquiétude et, plus qu'une inquiétude, un double sentiment de désarroi. L'Ukraine semble abandonnée par le principal pays membre de l'Otan, qui s'était pourtant engagé à défendre le droit. Or il a ouvert le dialogue avec l'agresseur contre les agressés, pour se partager la zone - semble-t-il - au détriment des victimes. Il est vrai que l'Europe a vécu elle aussi dans cette illusion.
Notons que La France a été, depuis le général de Gaulle, sur une ligne qu'elle a constamment défendue : celle de notre autonomie dans l'équilibre du monde. Beaucoup de dirigeants français, au travers du temps, ont soutenu l'idée que c'était de nous que dépendaient, au bout du compte, notre liberté et notre indépendance.
Ce moment historique et ce basculement du monde que nous sommes en train de vivre invitent à deux résolutions.
La première, c'est que nous avons à construire cette Europe que nous avons à peine esquissée, ce qui demandera beaucoup d'efforts.
La deuxième, soyons-en certains, c'est que la France est le pays qui porte la première responsabilité dans une Europe qui se cherche, comme elle l'a d'ailleurs fait depuis toujours. C'est donc de sa vitalité, de sa prospérité et de son unité que dépendent en partie l'avenir de l'Europe et l'avenir de l'Ukraine, que nous aimons. (Applaudissements sur les travées des groupes UC et RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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