Délais trop longs pour passer son permis de conduire
Posée le 27/02/2025 • Ministère interrogé : Intérieur
Guislain Cambier UC
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/03/2025
M. Guislain Cambier. Madame la ministre, la mobilité est gage non seulement d'épanouissement, mais aussi et surtout d'insertion économique et sociale. Or, dans les territoires ruraux, ou en tout cas éloignés des métropoles, l'accès à l'examen du permis de conduire est un réel souci. Dans le Cambrésis, par exemple, il faut désormais attendre plus de neuf mois pour passer son permis auto. Quant à l'attribution des places pour le permis moto, elle favorise les moto-écoles extérieures à l'Avesnois.
Ces délais excessifs ont des conséquences très concrètes : ne voyant pas venir leur date d'examen, un certain nombre d'élèves des auto-écoles prennent la route sans permis pour se rendre au travail. On estime aujourd'hui à 100 000 le nombre de personnes conduisant en France sans permis.
Dans des territoires où l'offre de transports en commun est souvent inexistante, ne pouvoir conduire signifie être isolé, éloigné des opportunités professionnelles et limité dans son quotidien. Le Cambrésis et l'Avesnois souffrent déjà de difficultés d'accès à l'emploi : peut-on enfin accorder un regard attentif à ces territoires ?
Ces retards placent également en grande difficulté les auto-écoles et moto-écoles locales, qui peinent à organiser des formations efficaces pour leurs élèves. Veut-on encore éloigner la formation de notre ruralité ?
Entre zones urbaines et territoires ruraux, les inégalités d'accès au permis de conduire, déjà flagrantes, tendent à se renforcer. Madame la ministre, quelles solutions le Gouvernement entend-il mettre en oeuvre pour réduire ces délais ? Allez-vous renforcer les équipes d'inspecteurs ou déployer un dispositif spécifique pour ces zones périphériques, où vivent 40 % des Français ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée du travail et de l'emploi. Monsieur le sénateur Guislain Cambier, je vous prie tout d'abord d'excuser M. le ministre de l'intérieur, ainsi que son ministre délégué, François-Noël Buffet, retenu à l'Assemblée nationale.
En la matière, le département du Nord se situe aujourd'hui dans la moyenne des indicateurs nationaux annualisés de février 2025. Le délai médian, à savoir le délai de passage de la deuxième épreuve pratique après un échec à la première, s'y établit à soixante-seize jours, contre soixante-dix-sept à l'échelle nationale. Le taux de réussite à l'examen est de 57,6 %, pour 58,77 % à l'échelle nationale. Quant au seuil formateur, autrement dit le nombre d'élèves par formateur, il est de 5,4, contre 5,8 au niveau national. L'encadrement y est donc meilleur que dans d'autres territoires.
Le département du Nord dispose de 50 postes d'inspecteur, qui, dans quelques mois, seront tous pourvus. Les six postes vacants ont été attribués à des lauréats du dernier concours ; quatre d'entre eux entreront en formation en mai 2025, suivis des deux autres en septembre suivant.
Par ailleurs, les inspecteurs retraités peuvent se porter volontaires pour continuer ou reprendre leur activité, sous couvert d'une convention. C'est le cas d'un inspecteur retraité de votre département. En vertu d'une convention signée le 19 mars dernier, ce professionnel est habilité à réaliser des examens dès le 1er avril prochain. Grâce à son renfort, que nous pouvons saluer, la situation du département du Nord va donc encore s'améliorer dans ce domaine.
M. le président. La parole est à M. Guislain Cambier, pour la réplique.
M. Guislain Cambier. Madame la ministre, je vous remercie de ces bonnes nouvelles. Je tiens toutefois à insister sur la situation des zones rurales du Nord : les moyennes cachent en effet de nombreuses disparités. Dans le Cambrésis et l'Avesnois, le délai est bien de neuf mois. Les professionnels vous le confirmeront, qu'ils travaillent à l'auto-école de Mormal, à Berlaimont, ou à l'auto-moto-école Stéphane de Caudry.
Bien sûr, je me félicite de l'arrivée prochaine de six nouveaux inspecteurs et du renfort assuré par un inspecteur retraité. Mais il faut également veiller à ce que les examens du code ou encore du plateau, pour les motos, ne soient pas victimes de grandes structures situées en dehors de notre territoire, lesquelles trustent bon nombre de places.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Guislain Cambier
Modalités de versement de la retraite additionnelle de la fonction publique aux fonctionnaires de la police nationale
Question écrite • 28/05/2026
Préoccupation des élus quant à la répartition territoriale des zones de compétence de la police et de la gendarmerie nationale
Question orale sans débat • 30/04/2026
Situation préoccupante des collectivités territoriales en matière de gestion des déchets
Question écrite • 23/04/2026
Soutenabilité du dispositif des certificats d'économies d'énergie face à la réduction des gisements industriels
Question écrite • 16/04/2026