Conflit en République démocratique du Congo
Posée le 20/03/2025 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Guillaume Chevrollier Les Républicains
Sénateur — Mayenne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/03/2025
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur Guillaume Chevrollier, je vous remercie d'évoquer dans cet hémicycle la crise qui déchire actuellement la région des Grands Lacs. Je tiens du reste à saluer votre engagement en tant que président du groupe d'amitié interparlementaire France-Afrique centrale du Sénat.
Cette crise compte à n'en pas douter parmi les plus graves que connaît le monde aujourd'hui. Je pense en particulier à ses conséquences humanitaires : au total, sept millions de personnes ont été déplacées, dont un million depuis le début de l'année. S'y ajoutent plusieurs milliers de victimes civiles innocentes.
En outre - vous l'avez souligné -, l'offensive du M23, soutenue sur le sol congolais par l'armée rwandaise, menace la souveraineté de la République démocratique du Congo ; et, si elle venait à s'aggraver, cette crise pourrait provoquer l'embrasement de la région tout entière.
Face à cette situation, la diplomatie française est mobilisée sur tous les fronts.
La France agit tout d'abord aux Nations unies. Comme vous l'avez rappelé, nous avons fait adopter à l'unanimité du Conseil de sécurité une résolution condamnant les offensives du M23 et appelant au retrait des troupes rwandaises du territoire de la République démocratique du Congo.
La France agit ensuite à Bruxelles. Ainsi, nous avons fait voter lundi dernier des mesures restrictives à l'encontre de neuf individus et d'une entité responsables de violations du droit international, en particulier du droit international humanitaire.
La France agit, enfin, dans le cadre de ses relations bilatérales. Le Président de la République est en contact étroit avec ses homologues dans la région, à commencer par les présidents du Rwanda et de la République démocratique du Congo, dans le cadre des processus de médiation de Luanda et de Nairobi.
À la fin du mois de janvier dernier, je me suis moi-même rendu à Kinshasa, pour y rencontrer le président Tshisekedi, ainsi qu'à Kigali, pour y rencontrer le président Kagame. Je les ai tous deux appelés, au nom de la France, à la cessation des hostilités et à la reprise du dialogue. Plus récemment encore, un appui financier de 3 millions d'euros a été décidé, sur mon initiative, pour répondre aux besoins vitaux des populations touchées en République démocratique du Congo.
Notre intention est bien de jouer un rôle dans l'apaisement de ces tensions.
M. le président. Il va falloir conclure.
M. Jean-Noël Barrot, ministre. À cet égard, il convient de traiter les causes structurelles du conflit, et nous comptons aussi sur la mobilisation de la diplomatie parlementaire pour y parvenir. (Applaudissements sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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