Coûts de l'archéologie préventive pour les collectivités territoriales
Posée le 24/04/2025 • Ministère interrogé : Culture
Fabien Genet Les Républicains
Sénateur — Saône-et-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/05/2025
M. Fabien Genet. Madame la ministre, ma question s'adresse à Mme la ministre de la culture. Si l'archéologie préventive joue un rôle fondamental dans la préservation de notre patrimoine, son coût représente une charge croissante pour de nombreuses collectivités territoriales. Les pratiques tarifaires en vigueur pèsent lourdement sur les finances locales et freinent la réalisation de nombreux projets d'aménagement.
À l'heure où les ressources publiques se raréfient, il est légitime de s'interroger sur la soutenabilité de ces dépenses pour les communes et sur leurs conséquences pour les contribuables.
Permettez-moi de vous rapporter des exemples concrets du département de Saône-et-Loire, qui mettent en lumière les difficultés des communes concernées à supporter les tarifs de ces travaux.
Dans l'une de ces communes, l'étude préalable à l'aménagement d'un espace public de 1 000 mètres carrés a été évaluée à 252 000 euros. Ce montant a été jugé d'autant plus disproportionné qu'il ne concernait que 10 % de la superficie totale du chantier et que l'entreprise bénéficiait de la mise à disposition gratuite du matériel nécessaire par la municipalité.
Dans une autre commune, le prix proposé atteignait 690 000 euros toutes taxes comprises pour 1 400 mètres carrés de fouilles, alors que l'estimation initiale était inférieure de moitié. Cela a conduit au classement sans suite de l'appel d'offres.
Un troisième exemple : pour 4 900 mètres carrés à aménager, des devis de 606 000 euros à plus de 900 000 euros, alors que l'estimation initiale était de 300 000 euros. Là aussi, l'appel d'offres a été annulé...
Aussi, madame la ministre, quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre afin de garantir un meilleur équilibre des mises en concurrence dans le secteur de l'archéologie préventive et d'encadrer les coûts qui s'y pratiquent, afin que nos communes ne soient plus confrontées à des charges aussi élevées pour réaliser leurs projets ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée du travail et de l'emploi. Monsieur le sénateur Genet, en l'absence de la ministre de la culture, je me bornerai à lire une fiche préparée par ses services. J'avoue mon humilité devant le sujet de l'archéologie préventive...
Lorsqu'elles sont nécessaires, les fouilles sont réalisées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives ou par des opérateurs de services librement choisis par les collectivités territoriales. Comme elles constituent une activité concurrentielle, l'État ne peut en réguler le prix.
Le financement de ces fouilles repose essentiellement sur des maîtres d'ouvrage, sur la base de prix établis par des opérateurs présents sur le marché. Les aménageurs peuvent bénéficier d'aides financières attribuées par le Fonds national pour l'archéologie préventive sous la forme de prises en charge ou de subventions. En moyenne, entre 2016 et 2024, environ 44 % des fouilles préventives ont reçu un soutien financier de l'État et 44 millions d'euros d'aides ont été accordés en 2024.
Enfin, le périmètre d'intervention de ce fonds a été élargi en juillet 2021, pour permettre aux communes situées en zone de revitalisation rurale de donner mandat à l'opérateur de fouilles d'encaisser directement les sommes accordées, afin d'assurer une moindre sortie de trésorerie pour la commune.
Toutefois, en tant que ministre du travail et de l'emploi, je suis bien consciente que cette réponse mérite d'être étayée, au vu des charges qui incombent aux collectivités. Ces retards ralentissent des projets de développement économique, créateurs d'emplois, dont les territoires ont besoin. Loin de constituer un facteur d'attractivité pour nos investisseurs, ils sont un obstacle.
M. le président. La parole est à M. Fabien Genet, pour la réplique.
M. Fabien Genet. Madame la ministre, je vous remercie de votre réponse. Il est vrai qu'interroger la ministre de la culture en plein Festival de Cannes n'était peut-être pas le plus opportun... (Sourires.)
Néanmoins, je note que le Gouvernement est à l'écoute. À l'heure où il appelle les collectivités locales à faire des économies, la meilleure façon d'y parvenir est encore de réduire leurs charges.
Source : senat.fr ↗
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