Règlementation relative à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés par les organisateurs de festivals
Posée le 15/05/2025 • Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Damien Michallet Les Républicains
Sénateur — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/05/2025
M. Damien Michallet. Madame la ministre, chaque année, comme partout en France, des communes de l'Isère organisent ou accueillent des animations culturelles, lors de festivals ou de concerts.
Or les maires sont de plus en plus souvent confrontés à des plaintes de riverains, qui vont parfois jusqu'à réclamer l'annulation totale de ces événements en se fondant sur de potentiels dépassements des valeurs limites des émissions sonores.
Face à ces revendications, l'application du code de la santé publique, du code de l'environnement et du code général des collectivités territoriales complique la tâche des élus locaux. Cela conduit à des fragilités juridiques, qui exposent dangereusement ces événements à des annulations.
Madame la ministre, je n'ai pas le temps de développer précisément tout le cadre juridique concerné, que vous connaissez parfaitement. Permettez-moi de poser simplement un constat, un problème, une question.
D'abord, le constat : ces animations, ces concerts, ces festivals sont indispensables aux territoires, pour y faire vivre l'économie, créer du lien social et amener la culture au coeur de la province.
Ensuite, le problème : en l'état de la réglementation, aucune dérogation formelle ne permet d'assurer le maintien de l'événement. Un seul requérant peut ainsi obtenir devant le tribunal administratif la suspension de l'événement ou son annulation jusqu'à la dernière minute, voire pendant l'événement.
Il faut donc accompagner les élus et les organisateurs pour les aider à trouver les bonnes mesures, en leur donnant par exemple la capacité de dépasser ponctuellement les valeurs limites, en accord avec la préfecture et l'agence régionale de santé (ARS), habituées à gérer ce genre de dépassements afin de les rendre tolérables et acceptables pour tous.
J'en viens à la question : madame la ministre, quels sont les moyens dont disposent les élus locaux pour sécuriser l'organisation de tels événements sur leur territoire, pour leur permettre d'éviter tout risque contentieux ou toute annulation de dernière minute ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée du travail et de l'emploi. Monsieur le sénateur, les festivals sont encadrés dans le code de la santé publique, au même titre que d'autres activités potentiellement bruyantes qui doivent respecter les valeurs limites d'émergence sonore globale définies par les textes.
Les services de l'État veillent également à encourager la concertation avec les riverains, en tenant compte, par exemple, de la bonne volonté des organisateurs et des progrès enregistrés d'année en année dans de nombreux festivals. La propagation du son en milieu ouvert présente toujours des impondérables.
Ces festivals sont aussi des facteurs d'attractivité économique et culturelle pour certains territoires. Dès lors, il faut effectivement jongler avec un dilemme.
L'association Agi-son, qui a piloté une expérimentation avec le festival Marsatac à Marseille afin de limiter les nuisances sonores pour les riverains de festivals, a présenté ses conclusions aux ministères de la culture, de l'environnement et de la santé. Elle constate qu'il est en effet difficile pour certains festivals de respecter les seuils d'émergence globaux définis dans le code de la santé publique, et notamment de limiter les vibrations engendrées par les basses fréquences.
Dans ce contexte, sous l'égide de la direction générale de la création artistique, associant la direction générale de la santé et la direction générale de la prévention des risques, un groupe de travail réunit des professionnels pour proposer des évolutions concrètes de la réglementation, qui s'inscrivent dans le respect des riverains et des participants, dans la protection de la santé, et dans un exercice raisonné de l'activité musicale ou festivalière. Les propositions de ce groupe de travail sont attendues pour le mois d'octobre 2025.
Source : senat.fr ↗
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