Manque de moyens de la Banque alimentaire
Posée le 26/06/2025 • Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Mireille Jouve RDSE
Sénatrice — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/12/2025
M. le président. La parole est à Mme Mireille Jouve, auteure de la question n° 635, adressée à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Mireille Jouve. Madame la ministre, les chiffres nous le rappellent quotidiennement : la précarité ne cesse d'augmenter, après une période de forte inflation qui a largement amputé le pouvoir d'achat des Français.
Je vous prie, dans ce contexte, de considérer la situation de la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, qui, en juillet dernier, a lancé un appel au secours après avoir subi une coupe budgétaire de plus de 1 million d'euros du Fonds social européen plus (FSE+).
Cette structure, pilier essentiel de l'aide alimentaire dans le département, doit faire face à de nombreux problèmes récurrents : de moins en moins de subventions lui sont accordées et le nombre de produits quotidiens récoltés baisse de manière substantielle, de l'ordre de 68 %.
L'an passé, la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône avait obtenu près de 3 000 tonnes de denrées et distribué 7,8 millions de repas dans les centres communaux d'action sociale (CCAS) et les associations partenaires. Or il faudrait encore 160 tonnes de produits supplémentaires pour répondre aux besoins, en hausse de 30 %.
Après avoir tiré la sonnette d'alarme, et grâce à un tour de force que seule la solidarité du plus grand nombre permet, cette banque alimentaire est parvenue à mobiliser près de 3 000 bénévoles. Ces derniers ont assuré la collecte annuelle le week-end dernier, devant 229 commerces du département.
Cet événement était parrainé par Dimitri Payet, ancien joueur de l'Olympique de Marseille. Sa présence a attiré les caméras et suscité des encouragements, mais elle n'a pas apporté la moindre éclaircie concernant des solutions pérennes.
Dans ces conditions, que le Gouvernement entend-il faire pour soutenir les banques alimentaires, en particulier celle des Bouches-du-Rhône, afin d'éviter une rupture dans la distribution de l'aide alimentaire, qui est malheureusement plus que jamais nécessaire ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Madame la sénatrice Jouve, le Gouvernement est pleinement conscient des tensions que rencontrent les structures d'aide alimentaire, dans un contexte où les besoins sociaux demeurent élevés.
Les services déconcentrés de l'État ont reçu, dès le mois d'avril dernier, une première vague de délégations de crédits à hauteur de 54 millions d'euros. Ce montant comprend 39 millions d'euros en provenance du programme Mieux manger pour tous et 10 millions d'euros supplémentaires par rapport à 2024.
Pour répondre aux difficultés remontées par les associations et les préfets, le Gouvernement s'est engagé, en juillet 2025, à abonder de 10 millions d'euros supplémentaires les crédits de lutte contre la précarité alimentaire en région.
Une attention particulière est portée à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et au département des Bouches-du-Rhône, dans un contexte budgétaire contraint. Ainsi, en 2025, 3,3 millions d'euros de crédits au titre du programme Mieux manger pour tous et 2,7 millions d'euros au titre des crédits socles et de renforts exceptionnels leur ont été alloués, soit 10 % de la totalité des crédits délégués aux régions.
Par ailleurs, dès 2024, 600 000 euros ont été mobilisés pour cofinancer, sur la période 2024-2026, la plateforme logistique de la Fondation CMA CGM - Compagnie maritime d'affrètement Compagnie générale maritime - de Marseille, au profit des associations de lutte contre la précarité alimentaire.
L'affectation de ces crédits constitue un effort budgétaire important dans le cadre du programme 304 « Inclusion sociale et protection des personnes ». Cependant, cette enveloppe ne permet pas de couvrir tous les besoins exprimés : elle a vocation à répondre en priorité aux situations d'urgence ; je pense notamment au risque de fermeture d'associations.
Du reste, vous interrogez le Gouvernement sur la baisse du FSE+ pour la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. C'est à la Fédération française des banques alimentaires (FFBA), qui est elle-même bénéficiaire de ce dispositif, qu'il appartient ensuite d'affecter aux différentes banques alimentaires les denrées financées par les fonds européens.
Source : senat.fr ↗
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