Réduction de la contribution française à l'agence universitaire de la Francophonie
Posée le 10/07/2025 • Ministère interrogé : Premier ministre
Yan Chantrel SER
Sénateur — Français établis hors de France (Série 2)
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/07/2025
M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie et des partenariats internationaux. Monsieur le sénateur Yan Chantrel, je tiens à préciser que, malgré les circonstances budgétaires actuelles, la France tient son rang et demeure le premier bailleur de la francophonie multilatérale. Pour 2025, près de 35 millions d'euros sont mobilisés au service de la francophonie.
M. Mickaël Vallet. C'est statutaire !
M. Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué. Notre objectif est clair : faire rayonner la langue française et le plurilinguisme et promouvoir un espace d'opportunités.
Vous le savez, les crédits de la mission « Aide publique au développement » ont subi, cette année, une baisse totale d'environ 40 %. En son sein, les crédits multilatéraux, dont ceux de la francophonie institutionnelle, ont diminué d'environ 50 %. Dans la mesure où ces crédits incluent notre contribution à l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui, de par sa nature statutaire, ne peut pas être ajustée, notre soutien aux opérateurs de la francophonie, dont l'AUF, a dû baisser d'environ 70 %, comme vous l'avez rappelé.
Nous avions tout de même mobilisé l'année dernière un peu plus de 12 millions d'euros pour contribuer aux seize engagements pris par le président de la République lors du sommet de Villers-Cotterêts. Ces fonds sont engagés pour la période 2024-2026 ; une grande partie d'entre eux bénéficie à des projets mis en oeuvre par l'AUF, comme la troisième phase du dispositif Apprendre, le programme Pimef que vous avez mentionné, ou encore le Collège international de Villers-Cotterêts, que nous devrions inaugurer en septembre prochain.
Nous travaillons étroitement avec le recteur de l'AUF pour diversifier les ressources de celle-ci et rendre l'organisation plus solide à terme.
Concernant notre subvention à l'AUF pour 2025, Jean-Noël Barrot et moi-même travaillons actuellement à identifier des solutions pérennes. Il conviendra d'examiner au cas par cas comment amortir sur 2026 cette contrainte budgétaire, qui porte sur des enjeux essentiels pour le rayonnement de la France, qui nous tient tous à coeur.
M. Mickaël Vallet. Quelle honte !
M. le président. La parole est à M. Yan Chantrel, pour la réplique.
M. Yan Chantrel. Monsieur le Premier ministre, ce dossier va bientôt être sur votre bureau ; je m'adresse donc directement à vous pour que vous reveniez sur cette coupe, qui entraîne un affaiblissement de notre pays à l'échelle internationale. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)
Source : senat.fr ↗
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