Question écrite
✓ Répondue le 02/07/2026
#11#30#
Clarification entre l'indemnisation effective des repas des accompagnants d'enfants en situation de handicap par l'État et l'obligation d'un temps de pause
Posée le 30/10/2025 • Ministère interrogé : Éducation nationale
Cédric Vial Les Républicains
Sénateur — Savoie
La question
M. Cédric Vial attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la prise en charge des repas des accompagnants d'enfants en situation de handicap (AESH).
La loi n° 2024-475 du 27 mai 2024 confie à l'État la responsabilité exclusive de l'emploi et de la rémunération des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) durant la pause méridienne. Dans ce cadre, l'article 9 de l'arrêté du 20 décembre 2013 prévoit le versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de repas aux agents publics, à condition qu'ils se trouvent en mission pendant la totalité de la période comprise entre 11 heures et 14 heures et que les repas ne leur soient pas fournis gratuitement.
En pratique, il apparaît que le ministère - et certaines directions académiques des services de l'éducation nationale (DASEN) - considèrent que le temps de pause obligatoire, pris durant le temps de pause méridienne, interrompt leur service et qu'à ce titre ils sont exclus de la prise en charge de leurs repas prévue par le texte cité précédemment.
Cette interprétation des textes crée une situation paradoxale : les AESH sont à la fois tenus d'être en service sur ce créneau et contraints d'y placer leur pause, ce qui les prive de l'indemnité forfaitaire de repas prévue par la réglementation.
En conséquence, il lui demande quelle analyse le ministère fait de cette situation et quelles consignes il entend donner aux services académiques afin de lever cette incohérence et de garantir à la fois le respect du droit à la pause et le versement effectif de l'indemnité forfaitaire de repas aux AESH intervenant sur le temps méridien.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/07/2026
Membres à part entière de la communauté éducative, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) sont des professionnels qui jouent un rôle essentiel dans l'accueil des élèves en situation de handicap à l'école. Les AESH constituent désormais le deuxième métier de l'éducation nationale. À la rentrée 2025, 355 260 élèves en situation de handicap bénéficient d'une notification pour un accompagnement humain, soit une augmentation de 11 % entre 2024 et 2025. Pour accompagner cette augmentation, le recrutement de 2 000 AESH supplémentaires en 2025 vient renforcer l'accompagnement humain des élèves en situation de handicap, en portant à 13 000 emplois le nombre d'AESH supplémentaires recrutés depuis 2022. Depuis 2017, le nombre d'AESH a augmenté de 67 % pour atteindre près de 140 000 accompagnants. Ainsi, l'État poursuit son engagement fort et durable en faveur de l'inclusion, déjà bien ancrée, en l'accentuant par ces créations de postes supplémentaires. La loi n° 2024-475 du 27 mai 2024 a marqué une étape nouvelle dans la prise en charge des AESH. En effet, cette loi a transféré à l'État la rémunération des AESH qui accompagnent des élèves en situation de handicap pendant la pause méridienne, rémunération jusque-là assurée par certaines collectivités territoriales ayant décidé de proposer cet accompagnement. Cette loi précise que « les accompagnants des élèves en situation de handicap sont rémunérés par l'État durant le temps scolaire et le temps de pause méridienne ». La circulaire FP/4 n° 1931 - 2B n° 256 du 15 juin 1998 relative aux prestations d'action sociale à réglementation commune, dispositions applicables aux agents des administrations centrales et des services déconcentrés de l'État, indique que « l'administration participe au prix des repas servis dans les restaurants administratifs et interadministratifs », ce qui n'est pas le cas des repas servis dans les écoles, collèges et lycées. Certaines académies ont mis en place une action sociale d'initiative académique « Aide aux frais de repas des AESH » afin d'apporter une aide destinée à couvrir une partie des frais de restauration des AESH intervenant dans le cadre de la pause méridienne. Enfin, les AESH qui interviennent dans plusieurs écoles ou établissements hors des communes de leur résidence administrative ou familiale sont indemnisés de leurs frais de transport et de repas pour les journées correspondantes dans les conditions prévues à l'article 14 de l'arrêté du 20 décembre 2013 pris pour l'application du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 et portant politique des voyages des personnels civils des ministères chargés de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Le ministère de l'éducation nationale est particulièrement attentif à l'amélioration de la rémunération des AESH, qui remplissent des missions essentielles au bon fonctionnement du service public de l'éducation.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Cédric Vial
Absence constatée de moyens objectifs de mesure acoustique en gendarmerie
Question écrite • 25/06/2026
Inadaptation du dispositif de transport partagé VSL aux territoires de montagne
Question écrite • 04/06/2026
Avenir du statut d'AOC des filières « Bois de Chartreuse » et « Bois du Jura »
Question écrite • 04/06/2026
Adaptation du cadre européen relatif à l'intégration des récepteurs radio dans les véhicules neufs
Question écrite • 04/06/2026