Réponse à la crise viticole
Posée le 11/12/2025 • Ministère interrogé : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Daniel Laurent Les Républicains
Sénateur — Charente-Maritime
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/12/2025
M. le président. La parole est à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur, la viticulture française traverse en effet, dans certaines régions, une crise très grave, qui est profonde et ancienne.
Vous avez rappelé l'engagement de l'État, et vous avez eu raison, car il s'est fortement impliqué, sans pour autant pouvoir peser efficacement sur les problèmes structurels que connaît ce secteur d'activité, qui a, j'y insiste, toute son attention.
Vous avez rappelé les manifestations importantes qui ont eu lieu à Béziers et qui m'ont amenée à me rendre sur le terrain très rapidement pour rencontrer les professionnels. Le Président de la République était également présent.
Vous évoquez l'engagement de l'État à hauteur de 130 millions d'euros pour financer l'arrachage de vignes.
Pourquoi arracher des vignes, mesdames, messieurs les sénateurs ?
Arracher, c'est enlever du potentiel de production. Une partie du problème tient précisément à la surproduction. Celle-ci est liée à la déconsommation et cela aboutit évidemment à une impasse pour la viticulture française.
L'arrachage est donc une mesure structurelle, qui sera, à mon sens, tout à fait utile. Pour autant, on ne peut pas s'en satisfaire complètement.
Vous avez certainement raison de dire, monsieur le sénateur, que des mesures de long terme sont nécessaires pour apporter des réponses appropriées, sinon nous serons obligés de « remettre au pot » chaque année, et pas seulement pour passer le salon de l'agriculture.
L'arrachage, j'y insiste, a néanmoins pour objet de traiter une partie du problème de façon durable.
Vous m'avez remis, il y a quelques jours, au ministère, le rapport que vous avez rédigé avec vos collègues Sebastien Pla et Henri Cabanel, que je veux saluer également. J'y accorde une très grande attention. En outre, je veux vous remercier pour le sérieux de votre travail et aussi pour le courage que vous avez eu d'émettre certaines propositions.
Comme je vous l'ai indiqué, pour que les préconisations de ce rapport soient acceptées, il faut absolument qu'elles soient partagées par l'ensemble de la profession. (Applaudissements sur des travées du RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Daniel Laurent, pour la réplique.
M. Daniel Laurent. Merci de cette réponse, madame la ministre. Je vous sais engagée aux côtés de la filière - nous n'avons aucun doute à cet égard.
Je le redis néanmoins et je vous alerte collectivement : sans véritable stratégie, l'avenir de la filière continuera de s'assombrir. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mmes Gisèle Jourda et Marie-Pierre Monier, MM. Henri Cabanel et Hervé Gillé applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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