Recrutement des animateurs périscolaires
Posée le 22/01/2026 • Ministère interrogé : Sports, jeunesse et vie associative
Marie Mercier Les Républicains
Sénatrice — Saône-et-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/02/2026
M. le président. La parole est à Mme Marie Mercier, auteur de la question n° 884, adressée à Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.
Mme Marie Mercier. Monsieur le ministre, Le Journal de Saône-et-Loire, diffusé dans mon département, relate quasiment chaque semaine des procès pour agressions sexuelles ou viols sur mineurs. Certes, la parole se libère, et c'est heureux, mais les chiffres sont vertigineux, et les dégâts considérables.
Dans cet hémicycle, nous légiférons pour protéger les enfants. Depuis octobre 2025, une attestation d'honorabilité est exigée pour tous les professionnels en contact avec les enfants ou les personnes vulnérables : il faut produire un casier judiciaire vierge et ne pas être inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Une journaliste de RTL a mené une enquête récemment, au moment où un animateur périscolaire à Paris venait d'être condamné pour agressions sexuelles sur cinq jeunes enfants d'une école maternelle. Elle s'est présentée pour être recrutée : on ne lui a demandé ni qualification ni attestation d'honorabilité. À quoi servent les lois si elles ne sont pas appliquées ?
Certes, il est difficile de recruter dans ces métiers, qui connaissent une pénurie. Ces professions sont mal valorisées, mais est-ce une raison pour que les recrutements soient bâclés ?
Monsieur le ministre, où en est l'enquête ? Sait-on si les responsabilités ont été établies ? Sait-on si les services recruteurs satisfont désormais réellement à l'obligation de réclamer ce certificat d'honorabilité ?
Nos équipes municipales vont bientôt se renouveler. Le périscolaire et l'accompagnement des enfants vont être une inquiétude pour tous les nouveaux élus. C'est la commune tout entière qui s'inquiète quand les parents n'ont plus confiance, et c'est alors le pays qui vacille.
Un défenseur des droits des enfants va être nommé, nous dit-on, en mars ou en avril 2026. Il aura fallu attendre dix ans pour que cette nomination intervienne ! Monsieur le ministre, parlez-nous de cette enquête et dites-nous vraiment si, dans notre pays, les mineurs sont une cause majeure.
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Michel Fournier, ministre délégué après de la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité. Madame la sénatrice, vous avez raison d'aborder ce problème très grave. Les violences envers les enfants ne doivent jamais être minimisées. Nous avons le devoir absolu de protéger les plus vulnérables.
À titre personnel, dans ma commune, je dispose d'une structure d'éducation à l'environnement et au développement durable, où l'hébergement est possible. Je suis donc très sensibilisé aux situations que vous évoquez.
Comme vous l'avez souligné, la gestion des animateurs, qu'il s'agisse des contrats d'évaluation, du recrutement ou encore de la formation, relève entièrement de l'organisateur, que ce soit une collectivité locale ou une association.
La sécurité des mineurs accueillis s'appuie, quant à elle, sur une responsabilité partagée entre les organisateurs et l'État, ce dernier définissant les cadres réglementaires des accueils collectifs de mineurs et veillant à leur respect, y compris en prenant, lorsque cela est nécessaire, des mesures de police administrative. Ainsi, 324 mesures de police administrative ont été prises sur l'année 2024-2025, mais il y a certainement des situations qui ont échappé aux services de l'État.
Cette mission s'accompagne aussi d'un travail continu d'amélioration de la qualité éducative et du renforcement de cette prévention. Vous l'avez indiqué, la vérification systématique de l'honorabilité de tous les encadrants et de toute personne intervenant auprès des enfants doit être irréprochable.
Chaque année, plus de 1,8 million de contrôles d'honorabilité sont réalisés. Ils sont désormais systématiques : toute participation à un accueil collectif de mineurs suppose le déclenchement d'un contrôle d'honorabilité de l'ensemble des intervenants. Si cette réglementation n'est pas appliquée, c'est la responsabilité personnelle de l'organisateur qui est recherchée.
Cette démarche est menée en concertation étroite avec l'ensemble des acteurs concernés. J'y insiste, les services de l'État s'assurent aujourd'hui de l'application de cette réglementation par des contrôles sur place.
Pour renforcer cette dynamique, 100 équivalents temps plein supplémentaires viennent d'être redéployés. Il s'agit d'intensifier les contrôles pour soutenir les organisateurs dans leur mission.
L'objectif est clair : assurer partout le même niveau d'exigence et de vigilance et permettre à chaque parent de se sentir en sécurité lorsqu'il confie son enfant. C'est cela qui est important !
Je vous remercie de m'avoir permis d'aborder ce sujet, madame la sénatrice.
Source : senat.fr ↗
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