Taxe d'aménagement
Posée le 05/02/2026 • Ministère interrogé : Action et comptes publics
Patricia Schillinger RDPI
Sénatrice — Haut-Rhin
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/02/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de l'action et des comptes publics.
Mme Amélie de Montchalin, ministre de l'action et des comptes publics. Madame la sénatrice, vous avez tout à fait raison : la taxe d'aménagement est un enjeu très concret pour les budgets des collectivités, comme j'ai eu l'occasion de le souligner à plusieurs reprises devant vous ces derniers mois.
C'est d'autant plus vrai que le rendement de cette taxe est passé de 2,3 milliards d'euros en 2023 à 1,6 milliard d'euros en 2024. Je suis donc, vous le savez bien, pleinement mobilisée sur ce sujet, notamment pour établir le diagnostic.
Le premier facteur de baisse est à chercher dans la diminution, de 31 % entre 2022 et 2024, du nombre de mises en chantier, ainsi que de celle des permis de construire. Deuxièmement, comme vous l'avez rappelé, la réforme de 2022 a changé les modalités de calcul et de paiement de cette taxe. Troisièmement, des retards ont été pris par les contribuables, qui n'étaient pas tous informés de ce changement. Enfin, je dois l'avouer, la mise en oeuvre de la collecte de la taxe a également accusé un certain retard.
Dès lors, que font les services de mon ministère, très activement, depuis plusieurs mois maintenant ?
Premièrement, nous informons l'ensemble des élus et des contribuables concernés, pour qu'ils comprennent comment tout cela fonctionne.
Deuxièmement, nous avons procédé à une refonte du parcours déclaratif pour que chacun s'y retrouve et puisse anticiper les montants demandés.
Troisièmement, nous avons activé tous les leviers pour solder le stock des dossiers en souffrance. Depuis le mois de novembre, les services de la direction générale des finances publiques (DGFiP) ont émis 20 000 titres chaque semaine pour nous permettre de purger tout le stock en retard d'ici à la fin du premier trimestre 2026.
Enfin, nous simplifions. Deux mesures majeures à cette fin figurent dans le projet de loi de finances pour 2026. D'une part, les acomptes sont maintenant demandés pour tous les projets supérieurs à 3 000 mètres carrés, et non plus à 5 000 mètres carrés, ce qui va permettre d'obtenir de l'argent frais plus rapidement. D'autre part, plus important encore, une taxation d'office, sans mise en demeure préalable, s'appliquera désormais à toutes les constructions illégales, ainsi qu'aux situations de défaut déclaratif persistant.
Notre objectif est que les départements, les communes, les associations d'élus et les conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) soient très impliqués dans le suivi de ces dispositions. Je me tiens à leur disposition, comme à la vôtre, pour rendre compte, tous les mois si vous le souhaitez, de l'avancée de cette résorption du stock et, par conséquent, du retour des financements attendus par toutes ces collectivités. (MM. François Patriat et Bernard Buis applaudissent.)
M. le président. La parole est à Mme Patricia Schillinger, pour la réplique.
Mme Patricia Schillinger. Madame la ministre, je tiens à vous remercier de votre réponse. Vous pouvez compter sur moi pour faire remonter les problématiques de mon département.
Source : senat.fr ↗
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