Contribution en personnel à la force de répression des gangs en Haïti
Posée le 19/02/2026 • Ministère interrogé : Armées et anciens combattants
Micheline Jacques Les Républicains
Sénatrice — Saint-Barthélemy
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Madame la présidente Micheline Jacques, vous l'avez rappelé, Haïti est confronté depuis plusieurs années à une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Le retour à de meilleures conditions de sécurité fait partie des objectifs de la France, qui est en effet une nation présente dans les Caraïbes.
Mesdames, messieurs les sénateurs, vous avez adopté en avril 2025 une proposition de résolution invitant à favoriser la restauration de la sécurité en Haïti. Ce texte avait d'ailleurs été signé par des sénateurs de l'ensemble des groupes politiques de cette assemblée, ce qui traduit un large soutien du Sénat à la population haïtienne.
La France a récemment pris acte de la fin du mandat du conseil présidentiel de transition le 7 février 2026, conformément aux dispositions de l'accord politique du 3 avril 2024. Elle salue la transmission ordonnée du pouvoir exécutif par le président Laurent Saint-Cyr au conseil des ministres, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Nous apportons notre soutien aux nouvelles autorités intérimaires dans leur effort pour rétablir la sécurité et saluons les améliorations de ces dernières semaines. La France soutient d'ores et déjà et continuera de soutenir les forces armées haïtiennes.
En effet, la France a appuyé la mise en place de la force de répression des gangs au Conseil de sécurité en versant une nouvelle contribution au Fonds d'affectation spéciale des Nations unies à hauteur de 3,5 millions d'euros. Les 6 500 policiers et soldats attendus devraient être progressivement déployés en Haïti entre avril et septembre. Nous souhaitons vivement que ce déploiement permette de sécuriser l'ensemble du pays et de garantir ainsi, à terme, les conditions nécessaires pour l'organisation des élections.
Vous le savez, en 2025 comme en 2024, la France a mobilisé près de 40 millions d'euros, dont 17 millions pour l'aide humanitaire, 17 millions pour l'aide au développement et 4 millions pour la sécurité. Son engagement aux côtés d'Haïti se poursuivra.
M. le président. La parole est à Mme Micheline Jacques, pour la réplique.
Mme Micheline Jacques. Il s'agit de mobiliser deux, voire trois officiers militaires. Comment comprendre qu'une puissance militaire comme la France ne puisse libérer trois officiers alors qu'elle a des intérêts dans la zone ?
Pour que les outre-mer ne soient pas la risée des autres membres de la Caricom, il me semble que cette position mérite d'être reconsidérée. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - M. Akli Mellouli applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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