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Question écrite ✓ Répondue le 15/10/2026 #21#29#10#

Conséquences fiscales des fraudes au système d'immatriculation des véhicules

Posée le 26/02/2026 · Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Lauriane Josende Lauriane JosendeLes Républicains Sénatrice — Pyrénées-Orientales

La question

Mme Lauriane Josende attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conséquences fiscales particulièrement graves des usurpations d'habilitation au système d'immatriculation des véhicules (SIV), qui frappent aujourd'hui de nombreuses entreprises du secteur automobile pourtant juridiquement reconnues comme victimes. À la suite de prises de contrôle frauduleuses de leurs accès au SIV, des professionnels habilités se voient imputer l'émission massive de certificats d'immatriculation frauduleux, entraînant des appels de taxes et de malus automobiles pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros. Si l'édition de ces certificats relève du ministère de l'intérieur, les taxes afférentes sont, quant à elles, perçues, comptabilisées et redistribuées sous l'autorité et le contrôle de la direction générale des finances publiques. Plusieurs garages de proximité ont alerté la fédération nationale de l'automobile sur le risque imminent de cessation d'activité auquel ils sont confrontés, du fait de prélèvements de taxes fiscales indûment mis à leur charge à la suite de l'usurpation de leur compte professionnel. Ces créances sont aujourd'hui réclamées par l'administration fiscale à des entreprises qui n'ont pas réalisé les opérations en cause ni tiré aucun bénéfice des immatriculations litigieuses, qui ont déposé plainte et signalé les faits sans délai et qui font l'objet de procédures pénales longues, susceptibles de s'étendre sur plusieurs années. Le traitement du recouvrement de ces créances révèle une inadaptation manifeste des dispositifs existants au regard de la réalité des fraudes et de la durée des procédures pénales. Les professionnels doivent en effet rejeter les prélèvements et attendre la réception d'un avis de sommes à payer afin d'en contester le bien-fondé et de solliciter la suspension du paiement. Or cette suspension ne peut excéder un délai de six mois selon la doctrine administrative. En l'absence de décision judiciaire définitive, ils demeurent exposés à une reprise du recouvrement. Cette situation place les entreprises concernées dans une impasse économique, avec un risque réel de cessation des paiements, alors même qu'elles sont victimes de défaillances dans la sécurisation d'un téléservice public. La majorité d'entre elles sont des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises de proximité, indispensables à l'aménagement du territoire et au service rendu aux usagers. Il est également à craindre que nombre de professionnels renoncent à leur habilitation, compromettant ainsi le fonctionnement du SIV. Dans ce contexte, elle lui demande si le Gouvernement envisage de suspendre durablement les procédures de recouvrement des taxes liées à des immatriculations frauduleuses jusqu'à l'issue définitive des procédures pénales. Elle souhaite également savoir si des instructions nationales claires seront adressées aux services fiscaux afin d'éviter toute mise en recouvrement automatique de créances manifestement indues, si un dispositif exceptionnel d'indemnisation ou de neutralisation fiscale est envisagé pour les entreprises reconnues victimes, et quelles garanties seront apportées pour éviter que des entreprises de proximité ne soient contraintes de cesser leur activité du fait de créances fiscales injustifiées.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 15/10/2026
La fraude au système d'immatriculation des véhicules (SIV) fait l'objet de toute l'attention du ministère de l'Intérieur, qui assure le pilotage des affectations du SIV avec France Titres (anciennement Agence nationale des titres sécurisés), et de la direction générale des Finances publiques (DGFiP) pour préserver l'intégrité du système d'immatriculation des véhicules, protéger les professionnels habilités et maintenir la confiance de nos concitoyens dans ce service public. Des travaux sont engagés pour renforcer la sécurité du système et accompagner les professionnels victimes. Une communication a été diffusée aux organisations et professionnels de l'automobile sur les mesures de prudence à adopter pour éviter les usurpations et la conduite à tenir si, malgré tout, ils constatent une fraude. Dans sa lettre d'information « SIV », destinée à tous les partenaires du SIV, en particulier les professionnels de l'automobile, le ministère de l'Intérieur alerte sur les types de fraude et diffuse des recommandations aux professionnels affectés. Ces derniers sont invités à régler le montant de taxe correspondant à leur activité et à déposer plainte pour le reste des opérations afin que les services d'enquête et de justice établissent l'usurpation et sanctionnent les fraudeurs. La DGFiP n'est pas habilitée à enquêter et à en juger elle-même du bien-fondé de l'absence de reversement de la taxe à l'immatriculation. Tant que la fraude n'est pas établie par la justice, le professionnel demeure considéré comme redevable de la taxe à l'immatriculation et un titre de perception doit être émis à son encontre. Ces situations font néanmoins l'objet d'une attention toute particulière des services compétents, qui analysent avec bienveillance les démarches des professionnels concernés. Une fois l'usurpation confirmée par la justice, un titre d'annulation sera adressé au professionnel victime. Par ailleurs, afin d'éviter de nouvelles usurpations, dès qu'une fraude est détectée, les services du ministère de l'Intérieur, en lien avec France Titres et les préfectures, procèdent à la suspension des accès compromis. Des travaux sont également engagés pour renforcer la sécurité du système, en améliorant l'authentification des professionnels habilités et en mettant l'accent sur la détection des opérations anormales.

Source : senat.fr ↗

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