Question au Gouvernement ✓ Répondue le 26/03/2026 #1#10#12#

Réponse du Gouvernement à l'augmentation des prix de l'essence

Posée le 26/03/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Hervé Maurey

Hervé Maurey UC

Sénateur — Eure

La question

M. le président. La parole est à M. Hervé Maurey, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.) M. Hervé Maurey. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, ma question s'adresse au ministre de l'économie. Monsieur le ministre, en un mois, le prix des carburants à la pompe a augmenté de près de 20 % du fait du conflit au Moyen-Orient. Ma question est très simple : je souhaiterais savoir ce que compte faire réellement et concrètement le Gouvernement pour soulager la facture de nos concitoyens, en particulier celle des automobilistes, des collectivités locales et des entreprises, mais également de nos agriculteurs, qui prennent de plein fouet cette augmentation avant de subir prochainement celle du prix du gaz. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 26/03/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'énergie, porte-parole du Gouvernement.

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur, il faut d'abord rappeler que la situation vécue par nos concitoyens trouve son origine dans ce qui se passe en Iran.

La première réponse structurelle réside donc dans l'action de la France à l'échelle internationale, sous l'autorité du Président de la République, pour contribuer à contenir autant que possible ce conflit et oeuvrer à la désescalade, afin de permettre une reprise la plus rapide possible de la circulation dans le détroit d'Ormuz. J'enfonce une porte ouverte, mais cela ne fait pas de mal de le rappeler.

Ensuite, dès les premiers jours, nous avons rencontré les secteurs économiques touchés et présenté des plans de filière. C'est ce qu'ont fait plusieurs de mes collègues présents ici, notamment la ministre de l'agriculture, Annie Genevard, et la ministre chargée de la mer et de la pêche, Catherine Chabaud, qui a apporté des réponses aux pêcheurs.

Le Premier ministre l'a dit, tout cela ne vaut pas solde de tout compte. Nous devons nous adapter à une situation extrêmement volatile et évolutive, porteuse de nombreuses incertitudes. Nous ne saurions dire avec précision quelle sera la situation dans une semaine, dans un mois ou dans deux mois.

Nous maintiendrons l'accompagnement des secteurs économiques, tout en conservant une vigilance accrue à l'égard des finances publiques, car, je le redis, ce que le consommateur ne paie pas à l'instant t, c'est le contribuable qui le paiera plus tard. L'objectif est de franchir ce cap ensemble, en portant une attention particulière à nos concitoyens les plus modestes.

M. François Bonhomme. Rien de concret !

M. le président. La parole est à M. Hervé Maurey, pour la réplique.

M. Hervé Maurey. Madame la ministre, je regrette que vous n'apportiez finalement aucune réponse concrète en faveur des ménages.

Mme Kristina Pluchet. Rien !

M. Hervé Maurey. Un certain nombre d'entre eux n'arrivent même plus à boucler leurs fins de mois, mais vous ne proposez rien, alors que d'autres pays, notamment le Portugal et l'Italie, ont réduit leurs taxes sur les carburants.

Les budgets des collectivités locales sont déjà extrêmement contraints, en particulier pour celles qui sont autorités organisatrices de la mobilité. Et là encore, vous ne proposez rien. Pour les commerçants, les artisans, les agriculteurs, vous ne proposez rien non plus.

Les seules mesures concrètes que vous avez avancées concernent les entreprises, auxquelles vous proposez uniquement de différer leurs charges sociales et fiscales. Les secteurs concernés, notamment les transports et la pêche, ont qualifié ces propositions de « mesurettes ». Je regrette donc que les réponses apportées ne soient pas à la hauteur de la situation.

Nous sommes conscients, au Sénat, de l'état de nos finances publiques. Nous avons été les premiers à alerter sur leur situation très préoccupante et les gouvernements précédents ont refusé les mesures d'économie que nous avions votées. Il ne faut pas pour autant que les Français, qui ne sont pas responsables de la situation, paient une seconde fois la facture. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)

Source : senat.fr ↗

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