Situation au Liban
Posée le 26/03/2026 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Khalifé Khalifé Les Républicains
Sénateur — Moselle
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/03/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur, je salue votre engagement au service de ce pays qui vous est cher. Il l'est également aux Français. Le général de Gaulle affirmait que le Liban est le seul peuple au monde dont « le coeur n'a cessé de battre au rythme du coeur de la France ».
Pour cette raison, nous sommes mobilisés aux côtés de la population et de l'État libanais. Ce dernier se trouve - vous l'avez parfaitement décrit - entraîné dans une guerre qu'il n'a pas choisie, à la suite de la décision prise par le Hezbollah de se joindre aux attaques de l'Iran contre Israël. Les représailles israéliennes ont déjà provoqué plus de 1 000 morts et le déplacement de plus de 1 million de personnes. Celles-ci se retrouvent, à peine un an et demi après la dernière escalade militaire au Liban, à devoir trouver une nouvelle fois refuge dans des abris de fortune, ceux-là même où je me suis rendu pour saluer l'action des organisations non gouvernementales. Je pense en particulier à l'Ordre de Malte, qui, dans la banlieue sud de Beyrouth, porte secours à ces familles déplacées.
Que fait le Gouvernement ?
En premier lieu, nous confortons les autorités libanaises et soutenons leur initiative courageuse d'adopter, l'été dernier, un plan de désarmement du Hezbollah. Celui-ci commençait seulement à être mis en oeuvre. Nous apportons également notre soutien aux décisions plus récentes et très courageuses - elles témoignent d'un changement d'époque et d'esprit au Liban - de déclarer illégales les activités militaires du Hezbollah et de renvoyer, hier, l'ambassadeur d'Iran. Ce geste diplomatique est fort.
En second lieu, nous travaillons avec les autorités libanaises à renforcer les forces armées du pays de manière à leur permettre de prendre en charge le processus - indispensable pour libérer le Liban de cette emprise - de désarmement du Hezbollah.
Quant aux autorités israéliennes, nous les exhortons d'abord à s'abstenir de toute forme d'incursion terrestre au Liban et de frappes visant les infrastructures civiles, les zones densément peuplées, la banlieue sud de Beyrouth, mais également le centre de la ville. Celui-ci a été frappé depuis quelques semaines, ce qui est presque une première.
Nous appelons également Israël à saisir la main tendue par le président libanais et les autorités du pays, qui invitent à un dialogue de haut niveau. Ce serait le premier dans l'histoire de ces deux pays, qui restent depuis 1949 régis par une trêve, donc dans un état de guerre.
M. le président. Il faut conclure.
M. Jean-Noël Barrot, ministre. Si ces discussions pouvaient se tenir, elles permettraient un cessez-le-feu, un processus ordonné de désarmement du Hezbollah et, à terme, une normalisation entre les deux États.
M. le président. La parole est à M. Khalifé Khalifé, pour la réplique.
M. Khalifé Khalifé. Je vous remercie, monsieur le ministre, de cette réponse. Le peuple libanais est plus résilient que jamais. Toutefois, les scenarii qui se répètent depuis 1970 et la situation actuelle font craindre de plus en plus une dislocation totale du pays et son annexion par ses deux voisins du sud et de l'est. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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