Question écrite ✓ Répondue #12#2#

Impact de la hausse des prix du carburant sur la filière conchylicole

Posée le 09/04/2026 • Ministère interrogé : Premier ministre

Daniel Laurent

Daniel Laurent Les Républicains

Sénateur — Charente-Maritime

La question

M. Daniel Laurent attire l'attention de M. le Premier ministre sur l'impact de la hausse des prix du carburant sur la filière conchylicole. Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, le prix du gasoil maritime a connu une hausse brutale, passant en quelques semaines d'environ 0,62 euros à plus de 0,82 euros, voire jusqu'à 1 euro le litre dans certains ports, soit une augmentation pouvant dépasser 40 %. Cette évolution impacte directement les entreprises conchylicoles, dont l'activité repose fortement sur l'usage du carburant, tant pour les opérations en mer que pour le transport. Elle intervient dans un contexte déjà fragilisé par les fermetures sanitaires, la baisse de la consommation et la dégradation des débouchés commerciaux, ainsi que par la hausse des coûts de transport. Dans de nombreux territoires littoraux, et tout particulièrement la Charente-Maritime, la conchyliculture constitue un pilier économique essentiel. La poursuite de cette hausse fait peser un risque sérieux sur la pérennité des exploitations, l'emploi et l'équilibre des bassins de production. Face à cette situation, les professionnels demandent la mise en place de mesures d'urgence, notamment une aide directe sur le carburant, la mobilisation du fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture (FEAMPA) et des dispositifs de soutien conjoncturel adaptés. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte mettre en oeuvre, à court terme, pour accompagner les entreprises conchylicoles et préserver l'activité économique des territoires littoraux.

✓ Réponse du gouvernement

La guerre en Iran et la déstabilisation qu'elle entraîne au Proche et Moyen-Orient ont provoqué une forte augmentation des prix du carburant. Conscient de l'impact économique de cette crise, le Gouvernement a mis en place une réponse à deux niveaux.

D'une part, le Gouvernement a très rapidement mobilisé l'ensemble des dispositifs transversaux comme le report des cotisations et contributions sociales et l'étalement des échéances sociales et fiscales.

D'autre part, le Gouvernement a annoncé des dispositifs ciblés sur les filières les plus impactées, et notamment les transports, l'agriculture, la pêche et l'aquaculture. Le prêt « Boost carburant » porté par Bpifrance doit permettre de soulager les trésoreries des entreprises les plus touchées. Les aquaculteurs, et donc les conchyliculteurs, sont également éligibles à l'aide au gazole non routier (GNR), qui consiste en la prise en charge du droit d'accise pour le GNR à hauteur de 0,0386 euro par litre (euros/l) pour le mois d'avril et 0,15 euros/l pour le mois de mai. Le Gouvernement a fait le choix de mobiliser des crédits nationaux et non des crédits issus des fonds européens, considérant que les fonds européens, comme le FEAMPA (fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture), d'une part doivent être dédiés à des politiques structurelles qui préparent l'avenir et accompagnent les filières dans leurs transitions et d'autre part ne s'inscrivent intrinsèquement pas dans la temporalité de la crise, avec des versements d'aide qui ne seraient pas intervenus suffisamment rapidement. La priorité du Gouvernement est d'apporter une réponse rapide et à la hauteur des besoins des filières, d'où son choix de retenir des dispositifs ciblés, sur crédits nationaux, adossés à l'encadrement temporaire publié par la Commission européenne le 29 avril 2026.

En dehors des dépenses directes de carburant, les entreprises conchylicoles font également face à la hausse du coût du transport routier. Le Gouvernement a d'ores et déjà mis en oeuvre une aide au transport routier (décret du 17 avril 2026) qui doit permettre d'accompagner les transporteurs routiers face à la hausse du prix du carburant et d'éviter que le coût de cette hausse ne soit entièrement supporté par leurs clients.

Le Gouvernement assure un suivi quotidien de l'impact économique de la crise sur les filières et entend adapter les outils mis en place en fonction de l'évolution de la crise.

Source : senat.fr ↗

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