Question écrite ✓ Répondue le 25/06/2026 #1#

Conditions d'organisation des élections des conseillers des Français de l'étranger dans certaines circonscriptions du Moyen-Orient et d'Asie centrale

Posée le 16/04/2026 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Sophie Briante Guillemont

Sophie Briante Guillemont RDSE

Sénatrice — Français établis hors de France (Série 2)

La question

Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conditions d'organisation des élections des conseillers des Français de l'étranger, prévues en mai 2026, dans certaines circonscriptions du Moyen-Orient et d'Asie centrale, au regard du contexte sécuritaire et des contraintes techniques actuelles. S'agissant, en premier lieu, de la circonscription regroupant l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Kirghizstan, il apparaît qu'une grande partie des électeurs sont inscrits en Iran. Téhéran constituait de facto le chef-lieu de cette circonscription, mais, compte tenu du contexte sécuritaire, l'administration a décidé de le transférer à Islamabad. Toutefois, indépendamment du caractère évolutif de la situation régionale, les difficultés d'accès au vote pour les Français résidant en Iran apparaissent particulièrement préoccupantes. D'une part, il est hautement improbable qu'un bureau de vote physique puisse être maintenu. D'autre part, le recours au vote électronique semble également compromis : les ressortissants présents en Iran sont confrontés à des restrictions d'accès à Internet, les empêchant de recevoir les codes nécessaires par voie électronique, tandis que ceux ayant quitté le territoire ne peuvent pas recevoir les codes d'authentification par SMS sur leurs lignes téléphoniques iraniennes. Cette situation est de nature à empêcher un nombre significatif d'électeurs de participer au scrutin. En second lieu, au Liban, se rendre au bureau de vote physiquement pourrait s'avérer fortement périlleux. Le vote électronique serait donc à privilégier. Néanmoins, là encore, et notamment dans certains quartiers de Beyrouth, les bombardements affectent les infrastructures, en particulier les réseaux de communication, rendant difficile, voire impossible, l'accès au vote électronique pour une partie de nos compatriotes. De plus, les déplacés - parmi lesquels des centaines de Français vivant dans le sud du Liban - ont dû quitter leur maison dans la précipitation, sans pouvoir prendre avec eux quoi que ce soit, et en particulier sans se munir d'un ordinateur portable permettant de voter. Par ailleurs, les conditions sécuritaires dégradées ne permettent pas aux candidats de mener campagne dans des conditions normales et équitables. Dans un tel contexte, les préoccupations immédiates des Français établis sur place relèvent avant tout de leur sécurité, ce qui affectera sans nul doute leur participation au scrutin. Des difficultés comparables pourraient également être observées dans d'autres pays de la région, tels que Bahreïn ou Israël. Dans ces conditions, elle lui demande si le Gouvernement envisage de reporter les élections dans les circonscriptions concernées afin de garantir l'effectivité du droit de vote des Français établis hors de France et la sincérité du scrutin. Elle souhaite également savoir si les postes consulaires et les ambassades ont été consultés sur la possibilité matérielle de tenir ces élections. Enfin, elle souhaite connaître le calendrier dans lequel le Gouvernement entend se prononcer sur un éventuel report.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 25/06/2026

Les élections consulaires ont eu lieu par internet du 22 au 27 mai et à l'urne les 30 et 31 mai. Elles ont permis d'élire 433 conseillers des Français de l'étranger et 77 délégués consulaires. Pour ces élections, pas moins de 328 bureaux de vote ont été ouverts dans le monde sur 293 sites au bénéfice des 1,7 millions électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires. Les Français de l'étranger ont aussi pu voter par internet, avec la mise en oeuvre d'une nouvelle solution sur laquelle le ministère a travaillé avec le prestataire Voxaly-Docaposte, ainsi qu'avec l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Homologuée début avril, cette nouvelle solution permet notamment aux électeurs de voter grâce à l'identité numérique certifiée, via l'application France Identité. Il s'agit d'une facilitation importante du parcours de vote, par rapport à la double-authentification à travers un identifiant reçu par courriel et un mot de passe reçu par SMS, qui est restée cependant disponible. La participation totale à ce scrutin, en comptant le vote par internet et le vote à l'urne, a été de 14 %, soit un point de moins qu'en 2021, mais a marqué, avec près de 235 000 votants, une augmentation du nombre de votants de près de 30 000 par rapport à 2021 (+14 %). S'agissant du déroulement des opérations électorales dans les pays en situation de crise, et notamment au sein de la circonscription regroupant l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Kirghizstan, le ministère a privilégié le maintien du dispositif des bureaux de vote à l'urne avec une coordination renforcée avec les autorités locales en matière de sécurité autour des bureaux de vote la veille et le jour du scrutin. Des consignes avaient également été données aux présidents des bureaux de vote pour une suspension temporaire ou définitive du vote, en cas d'alerte sécuritaire et de menace sur la sécurité des électeurs et des membres des bureaux de vote. Concernant les modalités d'authentification pour le vote électronique, les opérateurs locaux de téléphonie n'ont pas été en mesure d'assurer l'acheminement des SMS internationaux contenant les codes d'authentification dans certains pays. Dans ce contexte spécifique, l'authentification via l'application France Identité a constitué la seule modalité fiable et sécurisée disponible pour les électeurs concernés. De manière générale, le ministère s'est employé, en lien avec le prestataire et le poste diplomatique concerné, à identifier les pays concernés par ces difficultés de réception des SMS. Dans ces pays, des tests ont été conduits et le cas échéant, des renvois de masse. Par ailleurs, une cellule d'assistance aux électeurs a été mise en place tout au long de la période d'ouverture du portail de vote par internet afin de leur permettre de solliciter, au besoin, de nouveaux mots de passe pour pouvoir voter. S'agissant de l'Iran, en raison des difficultés d'accès à internet dans tout le pays, les électeurs ont rencontré des difficultés d'accès à la modalité de vote par internet. Le bureau de vote à l'urne à Téhéran a pu se tenir, à l'ambassade, dimanche 31 mai, de 8h à 18h.

Source : senat.fr ↗

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