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Question écrite ✓ Répondue #30#1#

Conditions de mise en oeuvre du regroupement des services des visas français en Chine et conséquences pour les agents de droit local

Posée le 25/06/2026 · Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Sophie Briante Guillemont Sophie Briante GuillemontRDSE Sénatrice — Français établis hors de France (Série 2)

La question

Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conditions de mise en oeuvre du regroupement des services des visas français en Chine et sur ses conséquences pour les agents de droit local concernés. Dans sa réponse à la question écrite n°08217, le Gouvernement indique que cette réorganisation faisait l'objet d'un dialogue avec les représentants du personnel et que plusieurs solutions étaient proposées aux agents concernés. Or, à l'approche de la fermeture des services des visas de Wuhan et de Chengdu, plusieurs difficultés suscitent de fortes inquiétudes parmi les personnels concernés et leurs représentants. Des agents appelés à poursuivre leur activité dans d'autres postes du réseau indiquent se voir proposer de nouveaux contrats comportant des conditions moins favorables que celles dont ils bénéficiaient jusqu'alors. Il est notamment fait état d'une réduction du nombre de jours de congés annuels, d'incertitudes relatives à la conservation de l'ancienneté acquise ainsi que d'une absence de prise en compte de l'augmentation substantielle du coût de la vie dans les villes de réaffectation. Certains agents soulignent ainsi qu'un maintien nominal de leur rémunération se traduirait, en pratique, par une diminution sensible de leur pouvoir d'achat. Plusieurs éléments du dispositif proposé aux agents réemployés soulèvent également des interrogations quant à leur conformité au droit local, notamment concernant le maintien des avantages acquis, la prise en compte des conséquences d'une mobilité géographique imposée par une restructuration administrative ainsi que la préservation des droits liés à l'ancienneté. Les personnels concernés relèvent par ailleurs que les changements d'affectation envisagés impliquent, dans certains cas, un éloignement important du lieu de résidence familiale et des coûts supplémentaires significatifs liés au logement, aux déplacements et à l'organisation de la vie familiale. Par ailleurs, plusieurs agents font état d'un accompagnement insuffisant des mobilités induites par cette restructuration. Alors que l'administration avait indiqué que les personnels concernés seraient accompagnés dans leurs démarches de reclassement et de réinsertion au sein du réseau, certains indiquent avoir dû identifier eux-mêmes les postes susceptibles de leur être proposés et ne pas avoir bénéficié d'un accompagnement effectif dans leurs recherches. Des interrogations subsistent également quant à la prise en charge des frais directement liés à la mobilité : déménagement, transport, installation, ainsi que, le cas échéant, les dépenses rendues nécessaires par l'obtention de nouveaux visas ou permis de travail. Les personnels concernés estiment ainsi que les conditions proposées ne permettent pas de compenser de manière satisfaisante les contraintes résultant de leur changement d'affectation et considèrent, pour certains, être moins favorablement traités que les agents ayant quitté leurs fonctions dans le cadre des mesures de départ mises en oeuvre. Dans ce contexte, elle lui demande comment le Gouvernement entend garantir le respect des droits acquis des agents concernés, notamment en matière de congés et d'ancienneté, quelles mesures sont envisagées afin de tenir compte des écarts de coût de la vie entre les villes d'origine et les villes de réaffectation, quelles aides sont prévues pour accompagner les agents contraints de changer de ville à la suite de cette réorganisation, quelles actions concrètes ont été mises en oeuvre afin de favoriser leur reclassement et leur maintien dans le réseau, et si le ministère considère que les conditions actuellement proposées aux personnels concernés sont conformes tant au droit local qu'au devoir d'exemplarité sociale qui doit s'imposer à l'État employeur lorsqu'il procède à une restructuration de ses services à l'étranger.

✓ Réponse du gouvernement

Les agents de droit local (ADL) concernés par la restructuration des services des visas du réseau diplomatique et consulaire français en Chine font l'objet d'un suivi attentif et individualisé de la part de l'ambassade, des consulats généraux et de l'administration centrale.

Pour mémoire, les ADL chinois travaillant à l'ambassade et dans les consulats généraux sont employés par des organismes chinois relevant de chaque province dénommés « bureaux des services ». Pour procéder à la restructuration il a fallu passer par ces structures pour solliciter le licenciement des agents concernés à Wuhan, Chengdu et Shenyang puis leur recrutement à Shanghai, Pékin et Canton.

Tout au long de la procédure, l'administration ne s'est pas contentée de se conformer aux normes locales applicables. En plusieurs occasions, dans l'intérêt des agents, elle a en effet choisi d'aller au-delà de ce qu'imposait la législation locale. Il a ainsi été décidé de doubler l'indemnité prévue par la réglementation pour les agents qui ne souhaitaient ou ne pouvaient pas déménager et qu'il n'était pas possible de réembaucher dans les services des visas regroupés.

Les ADL chinois réembauchés ont perçu une indemnité d'un mois par année d'ancienneté et n'ont subi aucune perte de salaire dans leur nouveau contrat. La reprise directe en contrat à durée indéterminée pour les ADL de nationalité chinoise n'était pas autorisée, mais le réseau français en Chine entend prolonger les contrats à durée déterminée de ces agents par des contrats à durée indéterminée.

Le choix suivant a été présenté aux ADL de nationalité française (qui ne relèvent pas des bureaux des services chinois) :  soit le transfert dans le cadre de leur contrat actuel avec maintien de toutes les dispositions de celui-ci (et de l'ancienneté) ainsi que la prise en charge du déménagement ; soit le licenciement avec versement d'une indemnité fondée sur l'ancienneté en raison du licenciement, puis la réembauche sur la base d'un nouveau contrat dans leur nouveau service, avec maintien du salaire actuel comme proposé aux ADL chinois.

L'ambassade a spécifiquement indiqué aux agents français que le choix d'être licencié avec indemnité puis réembauché impliquerait d'être soumis au régime de congés actuellement en vigueur, lequel s'applique à l'ensemble des ADL recrutés depuis 2021.

L'administration a, en outre, fait en sorte d'accompagner au mieux les agents qui ont souhaité répondre favorablement à la proposition de transfert. Elle a proposé à chaque agent de faire un déplacement dans leur nouveau consulat d'accueil pour préparer leur arrivée. Elle a financé ces missions ainsi que les frais de déménagement par un transporteur local pour les agents chinois et les agents français ayant fait le choix du transfert. De surcroît, quinze jours de congés ouvrés ont été octroyés aux agents pour qu'ils puissent déménager.

Les consulats généraux et l'ambassade ont répondu à chacune des interrogations formulées durant le processus de restructuration des services des visas de notre réseau diplomatique et consulaire en Chine. Ils restent à l'écoute des agents concernés afin de limiter les conséquences que ce regroupement peut avoir pour eux.

Source : senat.fr ↗

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