Santé économique des entreprises
Posée le 21/05/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Emmanuel Capus Les Indépendants
Sénateur — Maine-et-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.
M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Monsieur le sénateur, le coût du travail est évidemment une préoccupation majeure pour le Gouvernement. Nous savons qu'il est directement lié à la compétitivité de nos entreprises, laquelle est elle-même facteur d'emploi, de cotisations et de financement de la sécurité sociale.
L'inflation supplémentaire importée dans notre pays en raison du contexte international a déclenché, comme vous l'avez indiqué, une revalorisation automatique du Smic de 2,41 %, qui prendra effet le 1er juin prochain.
Une telle revalorisation a un effet mécanique d'augmentation des allègements généraux de cotisations patronales : à salaire inchangé, la réduction des cotisations augmente.
La somme de ces hausses mécaniques induit un coût important pour les finances publiques d'environ 2 milliards d'euros pour une hausse du Smic de 2 %. Le coût sera donc un peu plus élevé, puisque le Smic augmentera finalement de 2,4 %, alors que les salaires n'ont pas encore évolué et qu'ils mettront du temps à le faire.
Parallèlement, dans un objectif de maîtrise de la dépense publique, le Premier ministre a indiqué qu'un effort de 6 milliards d'euros devait être fait en gestion, dont 2 milliards d'euros pour la sécurité sociale.
Le Gouvernement instruit donc les différentes pistes possibles pour concilier compétitivité et sérieux budgétaire. Un ajustement paramétrique des allègements généraux pour compenser cette exonération supplémentaire automatique ne constitue qu'une des pistes envisagées. Dans cette option, il s'agirait non pas de réduire le montant des allègements généraux, mais simplement de ne pas les augmenter.
Nous restons très attentifs au maintien de l'incitation à l'emploi, y compris pour les moins qualifiés, et à la préservation de notre compétitivité à des niveaux de rémunération et de qualification plus importants que le Smic.
Le coût du travail est l'une de nos préoccupations principales et je me félicite qu'une mission conduite par le Sénat permette d'éclairer ce sujet majeur pour notre économie et pour le monde du travail. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Emmanuel Capus, pour la réplique.
M. Emmanuel Capus. Je vous remercie, monsieur le ministre, mais vous ne levez pas toutes les inquiétudes.
J'aurais souhaité que cette option ne soit plus une piste et que la compétitivité des entreprises soit la priorité.
Les investissements baissent, la crise arrive et la vie des salariés, comme celle des entreprises, est de plus en plus difficile. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP. - M. Vincent Delahaye applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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