Narcotrafic et fusillade à Nantes
Posée le 21/05/2026 • Ministère interrogé : Premier ministre
Karine Daniel SER
Sénatrice — Loire-Atlantique
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice, comme vous le savez, je me suis rendu à Nantes à la suite du drame qui a vu un jeune de 15 ans être abattu sur un point de deal au pied d'un immeuble et deux autres, âgés de 13 ans et 14 ans, être blessés.
Je ne reviendrai pas sur tout ce que nous faisons en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants. Nous entendons trop souvent dire que l'État est dépassé, qu'il n'est pas efficace.
Les chiffres attestent au contraire que nous démantelons sans cesse plus de réseaux et que nous déstabilisons les trafics. C'est le cas à Nice notamment, où le discours inverse se fait entendre.
Pourtant, alors qu'il y avait encore récemment douze points de deal dans cette ville, il n'y en a plus que deux. Nous continuons de pilonner les trafiquants.
J'irai droit au but : oui, l'augmentation du nombre de jeunes qui sont impliqués dans les trafics est inquiétante. Elle concerne d'ailleurs tous les échelons de cette sinistre hiérarchie, jusqu'à celui de l'exécutant : nous voyons parfois des jeunes âgés de 13 ans à 16 ans participer à des règlements de comptes. C'est intolérable.
Vous avez raison de poser le problème comme vous l'avez fait. Les interventions régaliennes, l'action du ministère de l'intérieur ou l'action judiciaire du garde des sceaux ne suffisent pas. Nous devons comprendre comment des jeunes peuvent basculer à ce point dans le narcotrafic et dans la délinquance.
C'est bien la raison pour laquelle le Premier ministre réunira dans les jours qui viennent l'état-major interministériel de lutte contre la criminalité organisée, qui associe l'ensemble des ministres concernés.
Je veux aussi rappeler que la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne vient de lancer la stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030, qui prévoit de très nombreuses actions visant également à faire en sorte que les mineurs ne basculent pas dans l'action violente.
Madame la sénatrice, je vous rejoins tout à fait. Nous continuerons d'apporter une réponse répressive, mais il faut aussi que nous poussions tous les feux, en particulier en matière d'éducation et de prévention. Bien d'autres acteurs doivent être impliqués. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Karine Daniel, pour la réplique.
Mme Karine Daniel. Monsieur le ministre, lors d'un débat qui s'est tenu en décembre dernier ici même au Sénat, vous étiez nombreux, au banc des ministres, pour traiter l'enjeu du narcotrafic. En la matière, des analyses et des actions interministérielles sont nécessaires.
Cela a été dit et répété, la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic doit être complétée et s'appuyer sur un pilier de santé publique et de prévention, notamment des addictions. Il faut aussi un volet de protection des mineurs. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
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