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Question écrite ✓ Répondue le 29/10/2026 #10#

Intégration incomplète des spécificités de la fiscalité des non-résidents dans les applications informatiques de gestion de la direction générale des finances publiques

Posée le 23/07/2026 · Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Évelyne Renaud-Garabedian Évelyne Renaud-GarabedianLes Républicains Sénatrice — Français établis hors de France (Série 1)

La question

Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l'intégration incomplète des spécificités de la fiscalité des non-résidents dans les applications informatiques de gestion de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Dans son rapport d'activité pour l'année 2025, la direction des impôts des non-résidents (DINR) indique que 25 % des déclarations déposées par les contribuables non-résidents ont nécessité un retraitement en 2025 - contre 30 % en 2024 -, soit un taux qui demeure très supérieur à celui constaté dans les directions départementales et régionales des finances publiques du réseau. Cette situation s'explique par le fait que les applications de gestion de la DGFiP, conçues pour les contribuables résidents, ne prennent pas pleinement en charge les règles propres à la fiscalité des non-résidents, en particulier l'articulation entre la législation nationale et les conventions fiscales internationales. Les dossiers concernés doivent dès lors être repris manuellement par les agents. Ce défaut d'automatisation emporte plusieurs conséquences dommageables. Il mobilise une part importante des quelque cent agents du service des impôts des particuliers non-résidents sur des tâches de correction manuelle, au détriment de l'accueil et de l'accompagnement des usagers. Il constitue également une source de risque d'erreur et d'allongement des délais de traitement. Enfin, il fait peser sur la qualité du service rendu aux Français établis hors de France une fragilité structurelle que le seul engagement des équipes ne saurait durablement compenser. Elle lui demande en conséquence de bien vouloir lui indiquer quel calendrier et quels investissements informatiques la DGFiP entend consacrer à l'intégration complète des règles de la fiscalité des non-résidents - notamment l'application des conventions fiscales internationales, le taux minimum et l'option pour le taux moyen - dans ses applications de gestion, et quel objectif de réduction du taux de retraitement l'administration se fixe à moyen terme afin de rapprocher le traitement des déclarations des non-résidents des standards applicables aux contribuables résidents.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 29/10/2026
Le taux important de retraitement des déclarations de revenus des non-résidents provient essentiellement de la complexité de la fiscalité qui leur est applicable, qui conjugue l'application d'une retenue à la source spécifique, partiellement libératoire, qui se distingue du prélèvement à la source de droit commun, l'existence d'un taux minimum d'imposition, propre aux non-résidents, avec la possibilité d'opter pour l'application du barème de droit commun (dispositif dit du taux moyen), à la condition de déclarer ses revenus mondiaux et enfin de l'articulation entre la législation nationale et les conventions internationales. Il en résulte, d'une part, de l'impossibilité d'automatiser, autant que pour les résidents, la prise en compte des déclarations dématérialisées des usagers dans le système d'information de la direction générale des finances publiques (DGFiP) et d'autre part, des très nombreuses erreurs déclaratives de la part des usagers, qui donnent lieu à des réclamations et demandes contentieuses de leur part et qui se traduisent, pour l'administration, par de nombreux retraitements manuels. Néanmoins, chaque année, la DGFiP fait évoluer ses applications informatiques afin de faciliter le parcours déclaratif des usagers et d'assurer de la clarté dans les éléments portés à la connaissance de ces derniers. Ainsi, au cours des 4 dernières années, ont été mis en place : un accès à la déclaration en ligne pour les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) seul, sans obligation déclarative à l'impôt sur le revenu (IR), la prise en compte du taux moyen de manière automatisée, la prise en compte de la situation des couples mixtes (un déclarant résident et un déclarant non-résident) dans le parcours en ligne, la création, dans la déclaration 2041 E dématérialisée (retenue à la source des non-résidents) d'un bouton d'accès au tableau récapitulatif d'imposition des pensions, en application des conventions fiscales, la mise à disposition de l'avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu (ASDIR), à l'issue de la déclaration en ligne, avec affichage sur ce document du taux d'imposition, l'ouverture aux non-résidents de la procédure déclarative dématérialisée de masse (procédure EDI) dédiée aux intermédiaires professionnels du chiffre (avocats, experts-comptables…) de déposer l'ensemble des déclarations de leurs clients. En termes de perspectives, la principale nouveauté concerne la préparation d'un nouveau simulateur dédié aux non-résidents, qui répond à une demande ancienne et réitérée des usagers non-résidents et de leurs représentants. Ce simulateur leur permettra de pouvoir projeter leur situation fiscale en amont de leur déclaration de revenus et de pouvoir comparer les résultats du taux minimum avec ceux du taux moyen. L'intégration des conventions fiscales internationales, trop complexe à prendre en compte, n'est pas prévue dans ce simulateur. En complément de ce simulateur, la direction des impôts des non-résidents (DINR) a sensiblement renforcé cette année ses actions de communication auprès des usagers, afin de mieux les sensibiliser aux enjeux de leur fiscalité et de limiter les erreurs déclaratives de leur part. À cette fin, elle a refondu l'ergonomie de la rubrique « international » du site impots.gouv.fr dédiée aux non-résidents, pour la rendre plus accessible et plus simple d'utilisation. Elle a également sensiblement enrichi les ressources disponibles sur ce site, en mettant, par exemple, à la disposition des usagers des tutoriels vidéo dédiés aux spécificités fiscales et déclaratives des non-résidents, ainsi qu'un dossier spécial consacré à la déclaration des revenus 2025. Elle assure également une présence renforcée sur les réseaux sociaux, en alimentant de contenus spécifiques ses 3 comptes institutionnels sur LinkedIn, Facebook et Instagram, afin d'informer en temps réels ses usagers abonnés de l'actualité et de ses conseils concernant la fiscalité des non-résidents. L'ensemble de ces actions concourt à limiter les retraitements manuels des déclarations des usagers non-résidents.

Source : senat.fr ↗

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