Revalorisation des forfaits taxi depuis et vers les aéroports parisiens
Jacqueline Eustache-BrinioLes Républicains
Sénatrice — Val-d'Oise
La question
Mme Jacqueline Eustache-Brinio attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l'inadéquation croissante entre les tarifs forfaitaires réglementés applicables aux courses de taxi vers et depuis les aéroports parisiens et le niveau actuel des prix des carburants en France.
En application du décret n° 2015-1252 du 7 octobre 2015 et des arrêtés annuels du ministre de l'économie, les tarifs des courses de taxi entre Paris intramuros et les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG) et d'Orly sont fixés de manière forfaitaire.
En 2026, ces montants s'établissent à 56 euros pour un trajet Paris rive droite - Roissy-CDG, 65 euros pour Paris rive gauche - Roissy-CDG, 45 euros pour Paris rive droite - Orly, et 36 euros pour Paris rive gauche - Orly (arrêté du 24 décembre 2025, publié au Journal officiel du 31 décembre 2025).
Or, depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février 2026, les prix des carburants ont connu une hausse brutale et durable. Au 13 octobre 2026, le litre de gazole atteignait en moyenne nationale 2,346 euros, le SP95-E10 2,148 euros et le SP98 2,235 euros, plaçant la France au cinquième rang des pays de l'Union européenne affichant les prix les plus élevés selon la Commission européenne.
Dans ce contexte, les organisations professionnelles de taxis pointent un manque d'attractivité des courses vers et depuis les aéroports parisiens, conduisant à un report des chauffeurs vers des trajets intra-muros. Cette tendance s'explique notamment par l'évolution insuffisante des forfaits taxis aéroportuaires au regard de la hausse des charges pesant sur la profession.
Au-delà du coût du carburant, il convient de noter une hausse significative du coût des véhicules, une tendance haussière du prix des licences de taxi parisien, mais également des conditions de circulation dégradées dans Paris et sur le périphérique (généralisation du 30 km/h à Paris depuis 2021, abaissement à 50 km/h sur le périphérique en 2024), allongeant les temps de course.
Cette situation fragilise l'économie des exploitants de taxi, qui assurent pourtant un service de transport essentiel, notamment pour les liaisons vers les aéroports, et face à la concurrence des voitures de transport avec chauffeur (VTC).
Dans ce contexte, une évolution significative des forfaits apparaît aujourd'hui indispensable.
Ainsi, elle lui demande si le Gouvernement envisage, dans les meilleurs délais, une revalorisation exceptionnelle des forfaits aéroports par voie d'arrêté ministériel modificatif, pour tenir compte de la conjoncture énergétique actuelle et préserver la viabilité économique de la profession, mais également assurer la meilleure qualité de service rendue aux voyageurs à l'arrivée à Paris et en Île-de-France, premier point d'entrée dans la destination France.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : senat.fr ↗
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