Qui est Amel Gacquerre ? Le portrait en 6 points
  • Sénatrice Union Centriste du Pas-de-Calais depuis le 8 décembre 2021 — elle succède à Catherine Fournier, décédée la veille — puis élue pour un mandat plein le 24 septembre 2023. Née le 20 décembre 1976, 49 ans.
  • Centriste de longue date : adhérente de l'UDF, elle participe à la création de l'UDI en 2012.
  • Un parcours enraciné à Béthune : conseillère municipale dès 2008, adjointe au maire de 2016 à 2022, conseillère régionale des Hauts-de-France depuis 2015 et brièvement vice-présidente de région en 2021, avant de rejoindre le Sénat.
  • Profession : consultante, ancienne gérante d'une société de conseil et de formation.
  • Membre de la commission des affaires économiques et secrétaire de la commission des affaires européennes.
  • Fait d'armes : rapporteure de la loi habitat dégradé promulguée en avril 2024, et six rapports logement déposés sur la seule session 2025-2026, dont celui du projet de loi Jeanbrun.

Mercredi 8 juillet au soir, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi « relance et décentralisation du logement » porté par le ministre Vincent Jeanbrun — un texte remanié par une quarantaine d'amendements en séance, après une réécriture en profondeur en commission. Derrière ce travail, une sénatrice que le grand public connaît peu : Amel Gacquerre, co-rapporteure du texte avec Dominique Estrosi Sassone. C'est sous sa houlette que la commission des affaires économiques a inscrit dans la loi l'adaptation des logements aux fortes chaleurs, en pleine canicule — vote en copropriété facilité pour installer une climatisation, « confort d'été » intégré à la rénovation performante. Et c'est la sixième fois en une session qu'elle rapporte un texte logement. Portrait en données d'une législatrice de l'ombre.

6
rapports logement sur la session 2025-2026
1 091
amendements signés, dont 433 adoptés (40 %)
48
questions posées au gouvernement

« Les canicules que nous vivons nous rappellent toutefois que l'adaptation des logements aux fortes chaleurs n'est pas qu'un sujet de confort : c'est une nécessité vitale. »

Discussion générale du projet de loi relance et décentralisation du logement, Sénat, 7 juillet 2026. Source : compte rendu senat.fr.

Amel Gacquerre
Amel Gacquerre
Union Centriste
Pas-de-Calais

La rapporteure en série des textes logement

Au Sénat, il y a les orateurs et il y a les rédacteurs. Amel Gacquerre appartient à la seconde catégorie. Son fait d'armes date de 2024 : rapporteure du projet de loi sur la rénovation de l'habitat dégradé, elle en a réécrit des pans entiers — 63 amendements déposés en son nom sur les deux lectures, 62 adoptés — jusqu'à l'accord en commission mixte paritaire et la promulgation de la loi le 9 avril 2024. Un texte technique, sans gloire médiatique, mais qui arme les maires face aux copropriétés en déshérence et aux marchands de sommeil.

Depuis, la commission des affaires économiques lui confie systématiquement le dossier : avis budgétaire sur les crédits logement en novembre 2025, proposition de loi pour conforter l'habitat et la construction en janvier 2026, proposition de loi sur le logement des travailleurs des services publicsvotée à l'Assemblée en juin puis conclue en commission mixte paritaire —, résolution européenne sur le plan logements abordables de la Commission européenne, et enfin le projet de loi Jeanbrun, dont le Sénat a durci le volet décentralisation — quitte à élargir contre l'avis du gouvernement la niche fiscale imaginée par le ministre.

« Le projet de loi ne doit pas oublier les petites copropriétés fragilisées des centres anciens dans les villes moyennes. La simplification des procédures et les moyens d'actions supplémentaires que nous donnons aux élus doivent les aider à débloquer les situations et mettre en œuvre les projets. »

Communiqué de la commission des affaires économiques du Sénat sur le projet de loi habitat dégradé, 14 février 2024.

Amel Gacquerre
Amel Gacquerre
Union Centriste
Pas-de-Calais

Ses textes les plus amendés : le logement, et le reste

Les chiffres disent la spécialisation. Sur ses 261 amendements déposés en première auteure, les textes logement écrasent tout — avec un taux d'adoption proche de 100 %, l'avantage classique de la casquette de rapporteure, dont les amendements sont rarement rejetés. Hors logement, sur les budgets successifs où elle amende en simple sénatrice, son taux d'adoption retombe entre 14 et 36 %.

Amendements déposés en auteure, par texte — Amel Gacquerre
Rénovation de l'habitat dégradé (2 lectures)
63 · 62 adoptés
Budget de l'État 2024
28 · 4 adoptés
Budget de l'État 2025
25 · 7 adoptés
Budget de l'État 2026
22 · 8 adoptés
Conforter l'habitat et la construction
17 · 17 adoptés
Logement des travailleurs des services publics
16 · 16 adoptés
Relance et décentralisation du logement
15 · 13 adoptés
Plan européen pour des logements abordables
11 · 11 adoptés

Le Pas-de-Calais en bandoulière

Ses 48 questions au gouvernement dessinent l'autre versant du mandat : la défense de l'économie de son département. Cinq questions successives — écrites et orales — sur la généralisation de la facturation électronique, dont elle redoute le coût pour les artisans et petites entreprises à compter de septembre 2026. Des interventions sur la verrerie d'Arques, sur la concurrence internationale subie par l'industriel Blackstar, sur le mécanisme de compensation carbone du secteur verrier, ou encore sur l'application de la loi « Le Gac » contre le dumping social sur les liaisons transmanche — un enjeu très concret vu de la Côte d'Opale.

En janvier 2026, quand Arc France — 3 500 salariés, l'un des premiers employeurs privés du Pas-de-Calais — est placé en redressement judiciaire, c'est elle qui monte au créneau en séance publique.

« Mercredi dernier, un véritable coup de tonnerre a frappé l'Audomarois : Arc France a été placé en redressement judiciaire à la demande de sa direction. Derrière cette décision, des milliers de salariés et de familles s'inquiètent légitimement pour leur avenir. »

Question d'actualité au gouvernement sur la verrerie Arc France, Sénat, 15 janvier 2026. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.

Amel Gacquerre
Amel Gacquerre
Union Centriste
Pas-de-Calais

Discipline et présence

Sur 868 votes où sa voix peut être comparée à celle de son groupe, Amel Gacquerre s'est alignée 845 fois sur la position majoritaire de l'Union Centriste — un taux de loyauté de 97,4 %, et 23 votes divergents qui ne dessinent pas de ligne de fracture identifiable.

868 votes exprimés
845 votes alignés97,4 % avec la majorité du groupe Union Centriste
23 divergences2,6 % en désaccord avec le groupe

Côté présence, elle a pris part à 868 des 902 scrutins enregistrés depuis son arrivée, soit 96,2 % de participation. Un taux élevé dans l'absolu, mais légèrement inférieur à la médiane des sénateurs en exercice (96,7 %) : elle se classe 226e sur 348. Sur les trente derniers jours — ceux de « son » texte —, la participation remonte à 100 %. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.

Ses chantiers législatifs

Rapporteure · 62 amendements adoptés · CMP conclusive
Promulguée le 9 avril 2024
Rapporteure Sénat + CMP · 16 amendements adoptés
Adoptée définitivement
Sa seule initiative en première auteure · résolution européenne
Adoptée en mars 2026
Co-rapporteure avec Dominique Estrosi Sassone · volet « confort d'été »
Adopté au Sénat le 8 juillet · navette vers l'Assemblée
La nuance. Le projet de loi Jeanbrun n'est qu'à mi-parcours : adopté en première lecture au Sénat, il doit encore passer l'épreuve de l'Assemblée nationale, qui peut détricoter les apports sénatoriaux — le « confort d'été » comme l'élargissement de la niche fiscale voté contre l'avis du gouvernement. Et le profil de Gacquerre a son revers : une seule initiative législative déposée en première auteure depuis 2021. Son influence passe par la casquette de rapporteure — celle qu'on lui confie —, pas par ses propres textes.

Parcours express

20 décembre 1976
Naissance. Elle fera carrière comme consultante en formation.
2008
Élue au conseil municipal de Béthune (Pas-de-Calais).
2012
Venue de l'UDF, elle participe à la création de l'UDI.
2015
Élue conseillère régionale des Hauts-de-France. Adjointe au maire de Béthune l'année suivante.
2021
Vice-présidente du conseil régional en juillet ; le 8 décembre, elle devient sénatrice du Pas-de-Calais en remplacement de Catherine Fournier, décédée la veille.
24 septembre 2023
Élue sénatrice pour un mandat plein.
9 avril 2024
Promulgation de la loi sur la rénovation de l'habitat dégradé, dont elle était rapporteure.
Session 2025-2026
Six rapports logement : budget, habitat et construction, logement des agents publics (jusqu'en CMP), plan européen, projet de loi Jeanbrun.
8 juillet 2026
Le Sénat adopte en première lecture le projet de loi relance et décentralisation du logement, qu'elle a co-rapporté — enrichi du volet adaptation aux fortes chaleurs défendu en pleine canicule.

Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire d'Amel Gacquerre sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.