- Sénatrice RDSE de Saint-Pierre-et-Miquelon — élue le 24 septembre 2023, élection annulée un an plus tard, réélue le 14 septembre 2025. Née le 3 août 1964 à Saint-Malo, 61 ans.
- Animatrice socioculturelle de formation, devenue cadre de la fonction publique, elle a fait toute sa carrière politique dans l'archipel de 6 000 habitants.
- Députée de Saint-Pierre-et-Miquelon de 2007 à 2014, seule circonscription de ce territoire de l'Atlantique Nord.
- Quatre portefeuilles gouvernementaux en huit ans (2014-2022) : secrétaire d'État au développement et à la francophonie, ministre de la fonction publique, ministre des outre-mer, ministre de la mer.
- Membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, vice-présidente de la délégation sénatoriale aux outre-mer.
- Le 8 juillet 2026, la majorité sénatoriale rejette son rapport sur la souffrance psychique au travail — cinq mois d'auditions dont la publication est bloquée, un fait rarissime au Sénat.
« Plus les jours passent et plus je suis en colère. » Le 8 juillet, la mission d'information sénatoriale sur la souffrance psychique au travail devait adopter son rapport, « Quand le travail consume : l'urgence de lutter contre l'épuisement professionnel ». Cinq mois d'auditions, plusieurs déplacements, 39 recommandations. Les sénateurs de droite et du centre, majoritaires, ont voté contre : sans vote favorable, le rapport ne peut pas être publié — une issue presque sans précédent pour une mission d'information de la chambre haute. Sa rapporteure, Annick Girardin, n'a pas décoléré depuis, et son groupe RDSE a riposté vendredi 10 juillet en diffusant les recommandations par communiqué. L'occasion de dresser le portrait en données de cette ex-ministre, élue du plus petit territoire de la République.
« C'est un travail hyper sérieux, ce n'est pas un travail idéologique »
Réaction au rejet de son rapport sur la souffrance psychique au travail, Public Sénat, 10 juillet 2026.
Le rapport que le Sénat ne publiera pas
La mission d'information avait été créée en février 2026 à la demande du groupe RDSE, au titre de son « droit de tirage » annuel. Présidée par la socialiste Monique Lubin, rapportée par Annick Girardin, elle a auditionné pendant cinq mois médecins du travail, syndicats, employeurs et chercheurs sur l'épuisement professionnel. Ses 39 recommandations proposaient notamment d'harmoniser la définition du burn-out, d'inscrire un dixième principe d'écoute des travailleurs dans le code du travail et de renforcer l'accompagnement des PME en matière de prévention.
C'est une autre recommandation qui a tout fait basculer, selon la presse spécialisée : l'ouverture de négociations interprofessionnelles sur la création d'un tableau de maladies professionnelles propre aux pathologies psychiques liées au travail. Les sénateurs LR et centristes ont voté contre l'adoption du rapport — « Ce n'était pas un mauvais rapport, c'était un rapport orienté », a justifié Pascale Gruny (LR), qui lui reproche de mélanger burn-out, dépression et harcèlement et de manquer de soutien aux employeurs. « J'ai été un peu sidérée, franchement », a répondu la présidente de la mission Monique Lubin. Faute de vote favorable, les cinq mois de travaux ne seront jamais publiés comme rapport du Sénat : le RDSE a dû diffuser les recommandations par simple communiqué, en rappelant que « la santé mentale est une grande cause nationale ».
Son profil thématique raconte une élue de terrain plus qu'une idéologue : les collectivités territoriales dominent, devant les questions de société et le bloc social-santé — celui de son rapport enterré. L'outre-mer n'apparaît pas comme catégorie dominante pour une raison simple : chez elle, il est partout, dans chaque amendement budgétaire, chaque question au gouvernement, chaque texte sur les élus locaux.
L'élue des 6 000 : l'archipel comme boussole
Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est 6 000 habitants, 38 grands électeurs sénatoriaux, et un statut douanier qui fait de l'archipel un « pays tiers » pour les colis envoyés vers l'Hexagone. Annick Girardin en avait fait une question écrite dès juin 2024 ; dix-huit mois plus tard, elle a réglé le problème elle-même, par un amendement au projet de loi de finances pour 2026 exonérant ces envois de la nouvelle taxe sur les petits colis — adopté, comme trois autres de ses amendements au même texte (cotisations de formation professionnelle de l'archipel, fiscalité maritime verdie, suramortissement des flottes décarbonées).
Même méthode sur la justice : son amendement créant une « visioaudience » pour les magistrats affectés dans l'archipel — où les liaisons aériennes ne permettent pas toujours de siéger dans les délais — est devenu l'article 2 bis de la loi sur la justice criminelle, définitivement adoptée le 10 juillet. Élargi un temps à tous les outre-mer et à la Corse, le dispositif a été recentré sur Saint-Pierre-et-Miquelon par les députés, avec le soutien de tous les élus de l'archipel. Sur le statut de l'élu local, encore, trois de ses amendements d'adaptation au droit de l'archipel ont été adoptés.
« Souvent vécue comme une discrimination dès lors qu'aucune taxation n'est appliquée aux envois postaux entre les autres parties du territoire national, même éloignés de la France hexagonale comme dans le cas de la Corse, cette pratique est source de surcoûts souvent imprévisibles »
Question écrite du 6 juin 2024 sur le régime douanier des colis postaux envoyés depuis les outre-mer. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Sur 540 votes où sa voix peut être comparée à celle de son groupe, Annick Girardin s'est alignée 491 fois sur la position majoritaire du RDSE, soit 90,9 % de loyauté. Un chiffre à lire avec la culture du groupe : le RDSE, héritier des radicaux, ne pratique pas la discipline de vote, et ses 100 abstentions sur 540 votes exprimés disent une élue qui garde sa liberté.
Côté présence, le chiffre brut est trompeur : 59,7 % de participation depuis octobre 2023, très loin de la médiane des sénateurs (96,5 %). Mais ce taux inclut l'année entière — de septembre 2024 à septembre 2025 — où elle n'était plus sénatrice, son élection ayant été annulée. Pendant ses mandats effectifs, elle a une position enregistrée sur la totalité des 545 scrutins publics (213 sur 213 lors de son premier mandat, 332 sur 332 depuis son retour), dont 540 votes exprimés — soit 99 % de participation réelle, et 100 % sur les trente derniers jours. Sur les sanctions, enfin : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
« Le président américain, s'estimant seul chef de la zone subarctique et arctique, décrète vouloir instaurer son propre ordre mondial. Que de menaces, que de provocations ! [...] Chacun s'attend à ce que la France agisse et réaffirme avec calme et fermeté la légitimité que lui confère sa position dans cette partie du monde. »
Question au gouvernement du 22 janvier 2026 sur l'espace aérien de Saint-Pierre-et-Miquelon et la souveraineté française face aux ambitions américaines sur le Groenland. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire d'Annick Girardin sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.