Qui est Bastien Coriton ? Le portrait en 6 points
  • Sénateur de la Seine-Maritime depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste d'union de la gauche « Nos communes, notre avenir » (PS, Écologistes, Place publique) : 726 voix, 23,4 % des suffrages exprimés, un siège sur six.
  • Député pendant cinq jours : suppléant du socialiste Christophe Bouillon, il entre à l'Assemblée nationale le 18 juin 2020 et en démissionne le 23 pour rester maire.
  • Né le 12 septembre 1981, il a 45 ans, près de quinze ans de moins que l'âge moyen du Sénat (59,7 ans). Fonctionnaire selon Wikipédia, il se déclare collaborateur parlementaire sur sa fiche du Sénat.
  • Maire de Caudebec-en-Caux, puis de la commune nouvelle de Rives-en-Seine depuis 2016, réélu sans adversaire en mars 2026 ; conseiller départemental depuis 2015 ; deuxième vice-président de Caux Seine Agglo.
  • Il succède au socialiste Didier Marie, sénateur depuis 2014, qui ne se représentait pas.
  • Membre du groupe Socialiste, écologiste et républicain et de la commission des lois. Au 12 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question, au Sénat comme lors de son passage à l'Assemblée.

En juin 2020, Bastien Coriton avait dû choisir entre l'Assemblée nationale et sa mairie. Il avait gardé la mairie : cinq jours après être devenu député, il démissionnait. Six ans plus tard, le maire de Rives-en-Seine entre au Sénat, élu le 27 septembre à la tête de la liste d'union de la gauche en Seine-Maritime. Cette fois, la loi ne lui laisse pas le choix de cumuler : un sénateur ne peut pas être maire. Son bilan parlementaire tient pour l'instant en un chiffre, zéro ; son élection, son parcours et le groupe qu'il rejoint, eux, se mesurent.

726
voix sur 3 098 suffrages exprimés pour sa liste, 23,4 % : un siège, celui que détenait le socialiste Didier Marie
5
jours de mandat de député en juin 2020, du 18 au 23 : il démissionne pour garder sa mairie
0
vote, amendement ou question dans notre base au 12 octobre : son mandat a commencé le 1er octobre

Cinq jours à l'Assemblée, dix ans de mairie

En 2017, Bastien Coriton est le suppléant de Christophe Bouillon, élu député socialiste de la 5e circonscription de la Seine-Maritime. Au printemps 2020, Christophe Bouillon devient maire de Barentin et quitte l'Assemblée pour cause de cumul des mandats. Son suppléant lui succède le 18 juin. Mais Bastien Coriton est lui-même maire, et vient d'être réélu : le 23 juin, l'Assemblée nationale « prend acte de la démission » du nouveau député, selon son compte rendu officiel. Sa fiche de député ne compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Une élection partielle s'ensuit en septembre 2020 ; le socialiste Gérard Leseul l'emporte avec 71,6 % des voix au second tour, mais 17,8 % de participation seulement.

Sa mairie, c'est d'abord Caudebec-en-Caux, dans la boucle de la Seine, puis la commune nouvelle de Rives-en-Seine, née le 1er janvier 2016 de sa fusion avec Saint-Wandrille-Rançon et Villequier, et dont il est maire depuis le 6 janvier 2016. Le 15 mars 2026, sa liste « Agir ensemble pour Rives-en-Seine », seule en lice, obtient 1 734 voix et les 29 sièges du conseil municipal dès le premier tour. Conseiller départemental du canton de Port-Jérôme-sur-Seine depuis 2015, il a été réélu en 2021 avec 72,9 % des voix au second tour. Il est aussi deuxième vice-président de Caux Seine Agglo et préside le syndicat des bassins versants Caux Seine.

C'est ce profil d'élu local que le Parti socialiste met en avant le 30 juin 2026 en le désignant tête de liste aux sénatoriales, pour succéder à Didier Marie. Le Courrier cauchois titre alors sur la conséquence : s'il est élu, Bastien Coriton sera « bientôt contraint de quitter son fauteuil de maire ». La loi organique de 2014 sur le non-cumul interdit à un parlementaire d'exercer une fonction exécutive locale. L'élu dispose de trente jours pour choisir ; faute de choix, c'est le mandat le plus ancien, ici la mairie, qui prend fin. Au 12 octobre, la fiche du Sénat le présente toujours comme maire de Rives-en-Seine. Il peut en revanche rester conseiller municipal et conseiller départemental.

« La défense des communes sera au cœur du projet que nous défendrons. »

Bastien Coriton, lors du dépôt de la liste « Nos communes, notre avenir », cité par Infonormandie, 10 septembre 2026.

Bastien Coriton
Bastien Coriton
Socialiste, écologiste et républicain
Seine-Maritime, élu le 27 septembre

Une liste d'union contre le RN, et un siège RN quand même

La Seine-Maritime élit six sénateurs à la proportionnelle. En 2020, la droite et le centre en avaient pris quatre, avec 1 423 voix, contre un pour le PS de Didier Marie (707 voix) et un pour la communiste Céline Brulin (525). Les écologistes, partis seuls, avaient recueilli 234 voix, sans élu ; le RN, 89. Comme le rappelait notre tour de France des sièges qui pouvaient basculer, le quatrième siège de la droite n'avait tenu qu'à quatre voix face à la liste socialiste.

En 2026, socialistes, Écologistes et Place publique déposent le 10 septembre une liste commune, avec le soutien des Radicaux de gauche, de Génération écologie et de Génération.s. La socialiste initialement annoncée en deuxième position se retire pour laisser la place à l'écologiste Bénédicte Martin, conseillère régionale et conseillère municipale de Fécamp. Objectif affiché, selon Infonormandie : empêcher le Rassemblement national d'obtenir un siège dans le département. Neuf listes se présentent devant 3 207 grands électeurs.

Sénatoriales en Seine-Maritime, 27 septembre 2026 : voix par liste (3 098 suffrages exprimés, six sièges à la proportionnelle)
Agnès Canayer (droite et centre, trois sortants)
1 152 (37,2 %, 3 sièges)
Bastien Coriton (union de la gauche : PS, Écologistes, Place publique)
726 (23,4 %, 1 siège)
Céline Brulin (Parti communiste, sortante)
609 (19,7 %, 1 siège)
Léon Levasseur (Rassemblement national)
406 (13,1 %, 1 siège)
Souad Takhtoukh (La France insoumise)
90 (2,9 %)
Pierre Rivoallan (divers centre)
72 (2,3 %)
Louisa Mameri (divers droite)
17 (0,5 %)
Jody Horcholle (divers centre)
13 (0,4 %)
Anthony Vanhese (Reconquête)
13 (0,4 %)

Têtes de liste. Plus fortes moyennes : 1 152, 726 (Bastien Coriton), 609, 576, 406 (RN), 384. Première moyenne battue : 363, deuxième place de la liste Coriton. Calcul NosParlementaires d'après les résultats officiels.

Le 27 septembre, la liste Coriton obtient 726 voix, 19 de plus que celle de Didier Marie en 2020, mais 215 de moins que les listes socialiste et écologiste réunies de 2020 (941). La droite et le centre reculent de 1 423 à 1 152 voix et perdent leur quatrième siège. Il ne va pas à la gauche : la liste RN de Léon Levasseur, passée de 89 à 406 voix, obtient la cinquième plus forte moyenne et le premier siège RN de l'histoire du département. La deuxième de la liste Coriton, Bénédicte Martin, échoue avec la première moyenne battue, 363.

Le calcul de la répartition montre que l'objectif affiché ne dépendait pas de la gauche seule. À voix des autres listes inchangées, il aurait fallu 769 voix à la liste Coriton, soit 43 de plus, pour obtenir un deuxième siège ; il aurait alors été pris à la droite, et non au RN. Même avec les 941 voix socialistes et écologistes de 2020, le siège RN tenait. Seule une liste RN tombée à 363 voix, soit 43 de moins (l'égalité de moyenne profitant à la liste qui a le plus de voix), aurait libéré ce siège pour Bénédicte Martin.

« Je ne m'y attendais pas trop, j'avais fait une bonne campagne, surtout auprès des maires ruraux, je pensais faire un bon score mais sûrement pas pour être élu. »

Léon Levasseur, premier sénateur RN de la Seine-Maritime, au micro d'ICI Normandie, 28 septembre 2026.

Léon Levasseur
Léon Levasseur
Rassemblement national
Seine-Maritime, élu le 27 septembre

Discipline et présence : la page blanche, et le groupe qu'il rejoint

Au 12 octobre, notre base ne compte aucun scrutin public du Sénat depuis son installation : les élections du président et des membres du Bureau se font à bulletin secret. Aucun taux de participation ni d'alignement ne peut donc être calculé pour Bastien Coriton. Son agenda officiel compte deux rendez-vous : la séance d'ouverture du 1er octobre et la réunion de la commission des lois du 7 octobre, qui constituait son bureau et désignait ses rapporteurs sur des propositions de loi touchant à la maîtrise d'ouvrage, à l'état civil et à la prescription, soit deux jours et quatre heures de présence enregistrée. Les socialistes comptent 9 des 49 membres de cette commission. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.

Il rejoint le groupe Socialiste, écologiste et républicain, premier groupe d'opposition du Sénat avec 62 sénateurs, selon la composition officielle du nouveau Sénat. Ses 52 membres qui avaient déjà siégé ont voté comme la majorité du groupe dans 98,9 % des cas en moyenne depuis octobre 2023 ; 51 sur 52 dépassent 97 %. Ils votent comme les écologistes dans 83 % des cas, comme les sénateurs RN dans 28 %, comme Les Républicains dans 23 %.

909 scrutins publics
98,9 % de votes alignésmoyenne des 52 sénateurs socialistes ayant déjà siégé avec la position majoritaire de leur groupe, depuis octobre 2023
1,1 % de votes divergentsun seul des 52 descend sous 97 % d'alignement
Le groupe qu'il rejoint : part des votes des 52 sénateurs socialistes ayant déjà siégé conformes à la position majoritaire de chaque groupe (jusqu'à 909 scrutins publics depuis octobre 2023)
Socialiste (SER), son groupe
98,9 %
Écologiste (GEST)
82,6 %
Communiste (CRCE-K)
79,7 %
RDSE (radicaux)
65,4 %
RDPI (macronistes)
36,3 %
Rassemblement national (UNT)
28,1 %
Union centriste (UCI)
26,8 %
Les Indépendants
25,7 %
Les Républicains
23,1 %

Moyenne des membres et apparentés du groupe Socialiste, écologiste et républicain en fonction au 12 octobre 2026 ayant au moins un vote en base (les nouveaux élus, dont Bastien Coriton, n'en ont pas encore). Source : base NosParlementaires, d'après data.senat.fr.

Le siège qu'il reprend donne une mesure de ce qui l'attend. Didier Marie, qui siégeait à la commission des affaires étrangères, a voté comme son groupe dans 99,7 % des cas sur 875 votes depuis octobre 2023. Il a participé à 96,3 % des scrutins publics, sous la médiane du Sénat (99,1 %), déposé 27 amendements comme premier signataire, en a cosigné 1 391, et posé 49 questions au gouvernement.

« Bastien sera ce sénateur, dans la lignée de l'action entreprise par Didier Marie. »

Fédération socialiste de la Seine-Maritime, présentant la candidature de Bastien Coriton aux sénatoriales, septembre 2026.

Didier Marie
Didier Marie
Socialiste, écologiste et républicain
Seine-Maritime, sénateur de 2014 à 2026

Ses chantiers

⚖️
La commission des lois
Institutions, collectivités, justice, élections : la commission compétente pour les communes, cœur de sa campagne. Elle s'est réunie pour la première fois le 7 octobre.
🏛️
Quitter la mairie de Rives-en-Seine
Le non-cumul impose de choisir dans les trente jours. En 2020, il avait choisi la mairie ; en 2026, il a fait campagne en sachant devoir la quitter.
💶
Le budget 2027
Premier grand rendez-vous de son mandat : le projet de loi de finances arrive au Sénat cet automne, avec ses votes publics, les premiers qui s'afficheront sur sa fiche.
🗳️
Un département à six voix
Droite et centre, PS, PCF et RN : le nouveau rapport de force en Seine-Maritime, décrit dans notre portrait de Léon Levasseur.
La nuance. Aucun des chiffres d'activité de ce portrait n'est encore le sien : ce sont ceux de son élection, de son parcours et de son groupe. Et l'élection elle-même est un résultat en demi-teinte pour la gauche : l'union a conservé le siège socialiste, mais elle a rassemblé 215 voix de moins que les listes socialiste et écologiste séparées de 2020, et n'a pas atteint l'objectif qu'elle s'était fixé contre le RN. Le mandat de Bastien Coriton court jusqu'en septembre 2032.

Parcours express

12 septembre 1981
Naissance.
2015
Élu conseiller départemental du canton de Port-Jérôme-sur-Seine ; réélu en 2021 avec 72,9 % au second tour.
6 janvier 2016
Maire de Caudebec-en-Caux, il devient maire de la commune nouvelle de Rives-en-Seine.
Juin 2017
Suppléant de Christophe Bouillon, réélu député de la 5e circonscription de la Seine-Maritime.
18-23 juin 2020
Député pendant cinq jours, après le départ de Christophe Bouillon pour la mairie de Barentin ; démissionne pour garder sa mairie.
15 mars 2026
Réélu maire de Rives-en-Seine, liste unique, 29 sièges sur 29.
30 juin 2026
Désigné tête de liste socialiste aux sénatoriales pour succéder à Didier Marie ; liste d'union déposée le 10 septembre.
27 septembre 2026
726 voix, 23,4 %, un siège. Élu sénateur ; le RN obtient son premier siège en Seine-Maritime.
1er-7 octobre 2026
Entre au Sénat, au groupe socialiste, puis à la commission des lois, réunie le 7.

Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Bastien Coriton à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales en Seine-Maritime, sa fiche de candidat, les fiches de ses collègues Agnès Canayer et Céline Brulin, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.