- Le Sénat compte 348 sièges. Il est renouvelé par moitié tous les trois ans : le 27 septembre 2026, 178 sièges étaient en jeu ; les 170 autres, élus en septembre 2023, ne le seront qu'en 2029.
- Les sénateurs sont élus au suffrage indirect, par des grands électeurs qui sont pour l'essentiel des conseillers municipaux : la carte du Sénat suit celle des mairies, pas celle de la présidentielle.
- La majorité absolue est à 175 sièges. Depuis 2014, elle repose sur l'alliance des Républicains et des centristes, présidée par Gérard Larcher, réélu le 1er octobre.
- Un groupe politique exige au moins 10 membres. Il donne un temps de parole, des places en commission et des moyens. Un sénateur peut en être membre, « apparenté » ou « rattaché » : les trois comptent dans l'effectif.
- Les candidats se présentent sous une nuance, pas sous un groupe. Les groupes ont été fixés le lundi 5 octobre 2026, quand leurs présidents ont remis la liste de leurs membres à la présidence du Sénat.
Le Sénat a publié la composition officielle de ses groupes après le dépôt des listes du 5 octobre. Dix groupes se partagent les 348 sièges, contre huit avant le renouvellement du 27 septembre. Les Républicains restent le premier groupe avec 124 sénateurs, sept de moins qu'avant le scrutin. Leurs alliés centristes, désormais appelés Union centriste et Indépendants, montent à 63 : à eux deux, ils gardent la majorité absolue avec 187 sièges. Le Rassemblement national et l'UDR forment leur premier groupe, Union nationale pour les territoires, avec 15 membres. Deux sénateurs, dont l'insoumis Gabriel Amard, ne siègent dans aucun groupe.
Liste des groupes politiques du Sénat et nombre de sénateurs
Les effectifs ci-dessous sont ceux publiés par le Sénat le 6 octobre 2026. Le total de chaque groupe additionne ses membres, ses apparentés et ses rattachés. La colonne « avant » donne l'effectif du groupe à la veille du scrutin du 27 septembre.
| Groupe | Sénateurs | Avant | Écart | Président |
|---|---|---|---|---|
| LR Les Républicains | 124 88 + 21 app. + 15 ratt. | 131 | −7 | Mathieu Darnaud |
| UCI Union centriste et Indépendants | 63 56 + 2 app. + 5 ratt. | 59 | +4 | Hervé Marseille |
| SER Socialiste, Écologiste et Républicain | 62 60 + 2 app. | 64 | −2 | Patrick Kanner |
| CRCE-K Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky | 18 18 | 18 | = | Cécile Cukierman |
| RDSE Rassemblement Démocratique et Social Européen | 18 18 | 17 | +1 | Maryse Carrère |
| RDPI Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants | 16 13 + 3 app. | 19 | −3 | Xavier Iacovelli |
| GEST Écologiste - Solidarité et Territoires | 15 13 + 2 app. | 16 | −1 | Mélanie Vogel |
| LIRT Les Indépendants - République et Territoires | 15 15 | 20 | −5 | Claude Malhuret |
| UNT Union nationale pour les territoires (RN-UDR) | 15 15 | 4 | +11 | Edwige Diaz |
| NI Sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe | 2 2 | 0 | +2 | — |
Cinquante sénateurs ne sont pas membres de plein exercice de leur groupe mais apparentés ou rattachés, dont 36 chez Les Républicains. Le groupe LR ne compte ainsi que 88 membres au sens strict. Trois présidents de groupe sont nouveaux : Mathieu Darnaud conduit Les Républicains, Xavier Iacovelli a pris la tête du groupe macroniste RDPI après la mort de François Patriat en août, et Mélanie Vogel succède à Guillaume Gontard chez les écologistes. Chaque groupe est décrit par la liste des 348 sénateurs, et le classement par département donne les élus de chaque circonscription.
De qui chaque groupe est fait : élus de 2023, réélus, nouveaux venus
Un carré par sénateur. La couleur pleine désigne les 170 sénateurs élus en 2023, qui n'étaient pas soumis au vote ; la teinte intermédiaire les 111 sortants réélus le 27 septembre ; la teinte claire les 67 nouveaux sénateurs.
Le groupe RN-UDR est le plus renouvelé : 11 de ses 15 membres n'avaient jamais siégé au Sénat. Le groupe macroniste RDPI, que l'on annonçait au bord du seuil de dix avec deux sortants réélus seulement, a recruté sept nouveaux élus, dont les deux sénateurs de Guyane Rodolphe Alexandre et Ryan Persaud, et termine à 16. Les Républicains ont intégré 25 nouveaux venus, les socialistes 10. Le groupe communiste est le seul sans aucune recrue : ses quatre sortants ont tous été réélus.
Qui gagne, qui perd
Les écarts entre l'effectif d'avant le scrutin et l'effectif officiel tiennent à trois choses : les sortants battus ou non candidats, les nouveaux élus que chaque groupe a su attirer, et les changements de groupe de sénateurs déjà en place. Ces derniers sont peu nombreux mais ils redessinent le centre.
Les Républicains perdent sept sièges (131 à 124). Douze de leurs sortants ont été battus, le plus lourd tribut de tous les groupes, et Sylvie Goy-Chavent, réélue dans l'Ain, a rejoint le groupe RN-UDR. Georges Naturel, sénateur de Nouvelle-Calédonie élu en 2023, a quitté LR pour les centristes.
Les centristes gagnent quatre sièges (59 à 63) et un nom : le groupe Union centriste devient Union centriste et Indépendants. Outre Georges Naturel, deux sénateurs du groupe Les Indépendants élus en 2023, Jean-Luc Brault et Louis Vogel, l'ont rejoint. Parmi ses quatre recrues du 27 septembre figurent Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et Françoise Gatel, ancienne ministre.
Les Indépendants (LIRT), le groupe de Claude Malhuret, reculent de 20 à 15. Quatre de ses sénateurs de 2023 sont partis : deux vers les centristes, et deux sénateurs du Nord, Marie-Claude Lermytte et Dany Wattebled, vers le RDSE. Le groupe compense en partie avec cinq nouveaux élus, dont le député Horizons Loïc Kervran dans le Cher.
Le RDSE progresse de 17 à 18 et accueille aussi Dominique Théophile, sénateur de Guadeloupe venu du groupe macroniste. Le RDPI passe de 19 à 16 : trois de ses cinq sortants candidats ont été battus et il n'avait que deux réélus, mais ses sept recrues lui évitent la disparition. Les socialistes perdent deux sièges (64 à 62). Bernard Jomier, sénateur de Paris élu en 2023, a quitté leur groupe pour les écologistes, qui reculent tout de même de 16 à 15 après la défaite de Jacques Fernique dans le Bas-Rhin. Le groupe communiste CRCE-K conserve ses 18 sièges.
Deux sénateurs sans groupe
La « réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe » ne compte plus que deux membres, contre quatre avant le scrutin, quand les trois sénateurs RN élus en 2023 et Stéphane Ravier y siégeaient. Gabriel Amard, élu dans le Rhône, est le premier sénateur de La France insoumise ; aucun groupe de gauche ne l'a accueilli. Paul Mougenot, agriculteur de 37 ans élu dans l'Aisne sous l'étiquette divers droite après avoir été écarté par la majorité départementale, n'a rejoint ni Les Républicains ni le groupe RN-UDR.
Les 348 sièges par bloc politique
Une fois les groupes connus, le décompte par bloc se compare directement à celui d'avant le scrutin, avec la même convention : le RDSE, les Indépendants et le groupe macroniste sont comptés avec la droite et le centre.
| Sièges par bloc (sur 348) | Avant | Après | Écart |
|---|---|---|---|
| Droite et centre (LR, UCI, LIRT, RDPI, RDSE) | 246 | 236 | −10 |
| Gauche (SER, CRCE-K, GEST) | 98 | 95 | −3 |
| Extrême droite (UNT) | 4 | 15 | +11 |
| Non-inscrits | 0 | 2 | +2 |
La droite et le centre perdent dix sièges mais conservent 236 des 348, très au-dessus de la majorité absolue. La gauche recule de trois sièges. Le gain de l'extrême droite, de 4 à 15, est le mouvement le plus net du renouvellement : il correspond aux 11 élus RN et UDR du 27 septembre, aux trois sénateurs RN de 2023 et au ralliement de Sylvie Goy-Chavent.
111 sortants réélus, 23 battus : les LR paient le plus lourd tribut
Sur les 178 sénateurs sortants, 134 se représentaient et 44 avaient renoncé. Parmi les candidats, 82,8 % ont été réélus. Le groupe Les Républicains, le plus nombreux, concentre à lui seul 12 des 23 défaites. Le groupe macroniste RDPI n'a fait réélire que 2 de ses 5 sortants candidats.
| Groupe du sortant | Réélus / candidats | Battus | Taux |
|---|---|---|---|
| Les Républicains | 47 sur 59 | 12 | 80 % |
| Union centriste | 24 sur 27 | 3 | 89 % |
| Socialiste (SER) | 20 sur 21 | 1 | 95 % |
| Les Indépendants | 6 sur 7 | 1 | 86 % |
| RDSE | 4 sur 5 | 1 | 80 % |
| Écologiste (GEST) | 4 sur 5 | 1 | 80 % |
| RDPI (Renaissance) | 2 sur 5 | 3 | 40 % |
| Communiste (CRCE-K) | 4 sur 4 | 0 | 100 % |
| Non-inscrits | 0 sur 1 | 1 | 0 % |
Les 23 sortants battus : Patrick Chaize (LR, Ain), Pascale Gruny (LR, Aisne), Henri Leroy et Patricia Demas (LR, Alpes-Maritimes), Évelyne Perrot (UC, Aube), Jacques Fernique (GEST, Bas-Rhin), Mireille Jouve (RDSE, Bouches-du-Rhône), Stéphane Ravier (non-inscrit, Bouches-du-Rhône), Didier Maingault (RDPI, Côte-d'Or), Annick Jacquemet (UC, Doubs), Chantal Deseyne et Daniel Gueret (LR, Eure-et-Loir), Philippe Paul (LR, Finistère), Jean-Pierre Grand (Les Indépendants, Hérault), Anne-Sophie Patru (UC, Ille-et-Vilaine), Frédérique Gerbaud (LR, Indre), Teva Rohfritsch (RDPI, Polynésie française), Paul Vidal et Étienne Blanc (LR, Rhône), Annick Petrus (LR, Saint-Martin), Michel Bonnus (LR, Var), Lucien Stanzione (SER, Vaucluse), Mikaele Kulimoetoke (RDPI, Wallis-et-Futuna).
Parité : 134 sénatrices sur 348
Les élus du 27 septembre comptent 68 femmes (38,2 %), contre 69 parmi les sortants. L'écart tient au mode de scrutin : la proportionnelle impose des listes alternant femmes et hommes et donne 51 élues sur 119 (42,9 %) ; le scrutin majoritaire, sans contrainte de parité, n'en donne que 17 sur 59 (28,8 %). Deux groupes sur dix sont présidés par une femme avant le scrutin, quatre après : Cécile Cukierman, Maryse Carrère, Mélanie Vogel et Edwige Diaz. Dans cinq circonscriptions, aucun des élus n'est un sortant : Cher, Corrèze, Guyane, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna.
Le calendrier du nouveau Sénat
Chaque sénateur a sa fiche sur NosParlementaires, avec ses votes, sa présence et ses questions : retrouvez les 348 sénateurs, l'hémicycle siège par siège sur notre page des sénatoriales 2026, et le détail des 15 membres du groupe RN-UDR.