- Sénateur de la Sarthe depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « Ensemble pour nos communes, pour la Sarthe et pour la France », avec 256 voix de grands électeurs.
- Né le 12 novembre 1958, il a 67 ans : 86 sénateurs en fonction sur 348 sont plus âgés que lui. Juriste de formation.
- Député de la 5e circonscription de la Sarthe de 2002 à 2017 (UMP puis Les Républicains), réélu en 2007 et 2012.
- Président du département de la Sarthe de 2015 à octobre 2026, réélu en 2021. Frédéric Beauchef lui a succédé le 13 octobre ; il reste conseiller départemental du canton de Saint-Calais.
- Apparenté au groupe Les Républicains au Sénat, l'un des 21 apparentés d'un groupe de 124 membres.
- Membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable.
Le 13 octobre, la majorité de droite du département de la Sarthe a élu son nouveau président : Frédéric Beauchef, maire de Mamers, avec 28 voix. Il remplace Dominique Le Mèner, qui occupait le fauteuil depuis 2015 et a dû le quitter après son élection au Sénat, la loi interdisant de cumuler un mandat de parlementaire avec une fonction exécutive locale. Le successeur sort d'une campagne menée contre lui : Frédéric Beauchef était troisième sur la liste du sénateur sortant Jean Pierre Vogel, concurrente de la sienne. Dominique Le Mèner, lui, ne quitte pas l'assemblée départementale : il y garde son siège de conseiller. Portrait en données d'un élu qui revient au Parlement après neuf ans d'absence.
Un pied au Sénat, un pied au département
Dominique Le Mèner a annoncé sa candidature le 30 juin, sans attendre la décision de Jean Pierre Vogel, sénateur LR sortant, qui s'est finalement représenté à la tête d'une autre liste. Il présentait alors son entrée au Sénat comme une « continuité logique » pour défendre les communes et les départements, et critiquait la loi NOTRe de 2015, qui a retiré aux départements des compétences comme les transports scolaires, selon ICI Maine. La loi organique de 2014 lui interdit de présider le département ; elle ne l'empêche pas d'y siéger.
« Un pied dans chaque assemblée »
Dominique Le Mèner à l'annonce de sa candidature, le 30 juin 2026, cité par ICI Maine. Le site du département le présente aujourd'hui comme conseiller du canton de Saint-Calais et vice-président de la commission des infrastructures routières.
Ce choix n'est pas neutre. Député, il a voté contre la loi organique interdisant ce cumul, à chacune de ses trois lectures : le 9 juillet 2013, le 20 novembre 2013 et le 22 janvier 2014, comme la quasi-totalité de son groupe. Il partage cette trajectoire avec Christophe Guilloteau, autre ancien député UMP élu sénateur le même jour, qui doit lui aussi quitter la présidence de son département, le Rhône.
Le troisième siège, à vingt voix près
Dans la Sarthe, 1 578 grands électeurs élisaient trois sénateurs à la proportionnelle. La droite s'y présentait divisée en quatre listes, qui ont réuni ensemble 689 voix, contre 473 pour la liste de gauche du sortant socialiste Thierry Cozic. Le RN avait investi Marie-Caroline Le Pen, sœur de Marine Le Pen.
1 578 grands électeurs inscrits, 1 538 suffrages exprimés. Pourcentages calculés sur les exprimés. Sources : ministère de l'Intérieur et Sénat, résultats de la circonscription de la Sarthe.
Thierry Cozic arrive en tête et Jean Pierre Vogel deuxième. Le troisième siège se joue entre la liste de Dominique Le Mèner et la deuxième place de la liste Cozic. Selon notre calcul à la plus forte moyenne, il aurait suffi que la liste de Dominique Le Mèner obtienne vingt voix de moins, à résultats des autres listes inchangés, pour que la gauche emporte deux des trois sièges. La liste RN, avec 193 voix, reste sans élu.
« La proximité, ça ne se remplace pas »
Dominique Le Mèner le 30 juin 2026, à l'annonce de sa candidature, cité par ICI Maine.
Discipline et présence : des écarts sur les libertés publiques
Notre base conserve les votes nominatifs de la XIVe législature (2012-2017), la dernière de ses trois législatures. Sur ses 144 votes exprimés, Dominique Le Mèner a suivi la position majoritaire de son groupe dans 133 cas, soit 92,4 %. Fin 2012, au plus fort de la guerre entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l'UMP, il rejoint le groupe dissident R-UMP formé par les partisans de François Fillon, avant de revenir au groupe UMP en janvier 2013.
Ses écarts dessinent un profil. Il s'abstient sur le traité budgétaire européen en octobre 2012, que 167 députés UMP approuvent. Il vote contre la loi sur le renseignement en mai 2015, soutenue par 143 députés de son groupe. Il vote contre la révision constitutionnelle de février 2016, celle de la déchéance de nationalité, que 111 députés LR approuvent, et contre la prorogation de l'état d'urgence la semaine suivante.
Sa participation était plus faible que celle de la plupart de ses collègues. Nos données comptent 144 votes de sa part sur les 1 354 scrutins publics de la législature, quand le député médian en compte 169 ; 467 des 642 députés de la législature ont voté plus souvent que lui. La présidence du département n'explique pas tout : entre 2012 et mars 2015, avant d'en prendre la tête, il comptait 104 votes sur 1 091 scrutins. Notre base ne lui attribue, pour cette législature, ni question écrite ni amendement.
Au Sénat, son groupe vote d'un bloc : les 98 sénateurs LR ayant déjà siégé ont suivi la position majoritaire du groupe dans 98,5 % des scrutins en moyenne depuis octobre 2023. Son premier vote suit la règle : le 13 octobre, sur un amendement du socialiste Bernard Jomier à la proposition de loi sur les stocks de médicaments, il est compté contre avec 122 sénateurs LR, selon la feuille de scrutin officielle. Ce scrutin n'est pas encore intégré à sa fiche, qui lui compte zéro vote, zéro amendement et zéro question.
Son agenda officiel compte deux jours et quatre heures depuis son élection : la séance d'ouverture du 1er octobre et les questions au gouvernement du 14 octobre. Le sénateur médian en compte quatre ; 20 sénateurs sur 348 en sont à deux ou moins. Son nom n'apparaît à aucune des trois réunions de sa commission de l'aménagement du territoire, qui compte 49 membres : celle du 7 octobre, où 43 d'entre eux sont inscrits, celles du 13 et du 14 octobre (28 et 34). Le 13 octobre était aussi le jour de l'élection de son successeur au département. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
« Je n'y vais pas pour cocher une case »
Dominique Le Mèner à son départ de la présidence du département, après onze ans, cité par actu.fr (repris par Titres Presse).
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Dominique Le Mèner à mesure que le Sénat les publiera ; ses votes de député restent consultables sur sa fiche de député. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans la Sarthe, sa fiche de candidat, la composition du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.