- Sénateur du Rhône depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « La voix des territoires - Rhône et Métropole unis », avec 612 voix de grands électeurs.
- Né le 18 juin 1958, il a 68 ans : 84 sénateurs en fonction sur 348 sont plus âgés que lui.
- Député de la 10e circonscription du Rhône de 2003 à 2017, élu en 2003 pour succéder à Jean Besson, dont il était l'assistant parlementaire, puis réélu en 2007 et 2012.
- Président du département du Rhône depuis le 2 avril 2015, réélu à l'unanimité en juillet 2021. Il doit quitter cette fonction, incompatible avec un mandat de parlementaire.
- Apparenté au groupe Les Républicains au Sénat, après une campagne menée contre la liste LR de Sébastien Michel.
- Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
D'ici au 27 octobre, Christophe Guilloteau doit abandonner le fauteuil qu'il occupe depuis onze ans : la présidence du département du Rhône. Élu sénateur le 27 septembre, il ne peut pas cumuler son mandat de parlementaire avec une fonction exécutive locale. Sa succession est prévue le 12 novembre. Il a préparé le terrain en demandant à Patrice Verchère, vice-président du département et ancien député, de se tenir prêt, rapporte Lyon Décideurs, qui évoque aussi une possible candidature rivale, celle du maire de Genas Daniel Valéro. La règle qui le contraint, il la connaît bien : député, il a voté trois fois contre la loi qui l'a créée. Portrait en données d'un élu qui revient au Parlement après neuf ans d'absence.
Trois votes contre le non-cumul
En 2013, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault fait voter l'interdiction, pour un député ou un sénateur, d'être aussi maire, président de département ou de région. Christophe Guilloteau, député UMP, vote contre à chaque lecture : le 9 juillet 2013 en première lecture (texte adopté par 300 voix contre 228), le 20 novembre 2013 en nouvelle lecture, puis le 22 janvier 2014 en lecture définitive (313 voix contre 225). Il vote comme la quasi-totalité des députés UMP : en juillet 2013, les 189 membres du groupe qui prennent part au vote votent contre. Validée par le Conseil constitutionnel, la loi organique du 14 février 2014 s'applique à partir de 2017.
Elle le rattrape aussitôt. Élu président du département en 2015, il doit choisir avant les législatives de 2017. Investi par Les Républicains pour un quatrième mandat de député, il renonce et garde le département, rapporte Lyonmag en mai 2017.
« mener le combat politique de l'intérieur sur son territoire, qui doit faire face à la Métropole et à la Région dans le domaine économique »
Propos de Christophe Guilloteau rapportés par Lyonmag le 16 mai 2017, quand il renonce à se représenter aux législatives pour rester président du département.
Neuf ans plus tard, la même loi produit l'effet inverse : pour revenir au Parlement, il quitte l'exécutif du département. Le texte n'interdit que la fonction exécutive : un sénateur peut rester simple conseiller départemental.
Une droite en quatre listes
Dans le Rhône, 3 817 grands électeurs du département et de la Métropole de Lyon élisaient sept sénateurs à la proportionnelle. Christophe Guilloteau s'est lancé en juin en indiquant ne pas vouloir faire équipe avec les sénateurs LR sortants, selon Lyon Décideurs. Sa liste, classée divers droite, était soutenue par LR, Horizons et l'UDI, selon Lyon Décideurs et Tribune de Lyon. Face à elle : la liste LR de Sébastien Michel, celle du sortant Paul Vidal et celle de Serge Bérard, soutenue par Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.
« Trois sièges n'est pas un gros mot »
Christophe Guilloteau à la présentation de sa liste, le 4 septembre 2026, cité par Le Progrès.
3 817 grands électeurs ; 3 708 voix se sont portées sur les listes. Pourcentages calculés sur ce total. Source : Sénat, résultats officiels de la circonscription du Rhône.
Le pari des trois sièges n'est pas tenu. Avec 612 voix, sa liste arrive troisième, derrière celle de Sébastien Michel (641 voix, deux élus avec Catherine Di Folco) et celle de l'écologiste Thomas Dossus (625). Il est seul élu. Selon notre calcul, il manquait à sa liste trente voix, à résultats des autres listes inchangés, pour faire élire sa numéro deux, Laurence Fautra, maire de Décines-Charpieu. Ce siège aurait été pris à la liste LR. Patrice Verchère, son successeur pressenti au département, figurait en neuvième position sur sa liste.
Onze ans à la tête du Rhône
Christophe Guilloteau préside le département dans son périmètre actuel depuis sa création en 2015, quand la Métropole de Lyon en a été détachée. L'assemblée compte 26 conseillers départementaux. En avril 2025, un épisode a montré sa façon de diriger : le 4 avril, le département supprime 81 803 euros de subventions à trois associations environnementales, France Nature Environnement, la LPO et Arthropologia, qui avaient signé un courrier contestant le projet de port fluvial d'Anse, menaçant selon elles une zone humide de 30 hectares. Les associations ont dénoncé une « sanction politique ».
« On ne peut pas critiquer un projet d'une collectivité et continuer à travailler avec elle »
Christophe Guilloteau, président du département, au conseil départemental du 4 avril 2025, cité par Lyon Capitale.
Discipline et présence : un député fidèle à son groupe
Notre base conserve les votes nominatifs de la XIVe législature (2012-2017). Sur ses 140 votes exprimés, Christophe Guilloteau a suivi la position majoritaire de son groupe, l'UMP puis Les Républicains, dans 130 cas, soit 92,9 %. Ses écarts portent surtout sur l'Europe et la Constitution : il vote contre le traité budgétaire européen en octobre 2012, que son groupe approuve, contre l'accord européen sur la Grèce en juillet 2015, et s'abstient sur la révision constitutionnelle de février 2016, celle de la déchéance de nationalité, que son groupe soutient.
Sa participation était plus faible que celle de la plupart de ses collègues. Nos données comptent 140 votes de sa part sur les 1 354 scrutins publics de la législature, quand le député médian en compte 169 ; 488 des 642 députés de la législature ont voté plus souvent que lui. Il présidait le département à partir d'avril 2015, mais votait déjà peu avant : 98 votes sur 1 091 scrutins entre 2012 et 2015.
Au Sénat, il a rejoint le groupe Les Républicains comme apparenté, l'un des 21 du groupe, qui compte 124 sénateurs. Ce groupe vote d'un bloc : ses 98 sénateurs ayant déjà siégé ont suivi la position majoritaire du groupe dans 98,5 % des scrutins en moyenne depuis octobre 2023. Son premier vote suit la règle : le 13 octobre, sur un amendement du socialiste Bernard Jomier à la proposition de loi sur les stocks de médicaments, il vote contre avec 122 sénateurs LR, selon la feuille de scrutin officielle. Ce scrutin n'est pas encore intégré à notre base, qui lui compte zéro vote, zéro amendement et zéro question.
Son agenda officiel compte trois jours et six heures depuis son élection : la séance d'ouverture du 1er octobre, deux séances de renouvellement des instances les 6 et 7 octobre, et la constitution du bureau de sa commission le 7. Le sénateur médian en compte quatre ; 93 sur 347 en sont à trois ou moins. Son nom n'apparaît ni aux questions au gouvernement du 14 octobre, où 315 sénateurs sont inscrits, ni à la réunion de la commission des affaires étrangères du même jour, où 44 de ses membres le sont. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Ses chantiers
Parcours express
Ses votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Christophe Guilloteau à mesure que le Sénat les publiera ; ses votes de député restent consultables sur sa fiche de député. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans le Rhône, sa fiche de candidat, la composition du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.