Qui est Florent Boudié ? Le portrait en 6 points
  • Député Ensemble pour la République (EPR) de la 10e circonscription de la Gironde (Libournais-Pays Foyen) depuis juin 2012. Né le 22 septembre 1973 à Sainte-Foy-la-Grande — 52 ans.
  • Diplômé de l'IEP de Bordeaux (1994) et d'un DEA de droit européen et international à Paris 2 (1996). Ancien enseignant en droit public (Paris 2, Bordeaux 4, 1997-2002).
  • Fils politique du Parti socialiste — élu PS en 2012, il rallie Emmanuel Macron en avril 2016 et crée « La gauche avec Macron » pour entraîner l'aile gauche vers En Marche.
  • Élu président de la commission des lois dès l'ouverture de la 17e législature (juillet 2024), la plus puissante des commissions permanentes de l'Assemblée nationale.
  • Rapporteur du projet de loi constitutionnel pour une Corse autonome au sein de la République, examiné en séance publique à partir du 16 juin 2026.
  • Membre de la commission des lois depuis 2012 ; aucune sanction disciplinaire dans notre base.

Ce lundi 16 juin 2026, Florent Boudié monte au perchoir de l'Assemblée nationale avec un texte historique sous le bras : le projet de loi constitutionnel visant à inscrire l'autonomie de la Corse dans la Constitution. Président de la commission des lois et rapporteur du texte, le député du Libournais a passé plusieurs semaines à auditionner élus corses, constitutionnalistes et acteurs institutionnels pour mettre au point un rapport adopté le 2 juin par sa commission — 20 voix pour, 6 contre, 6 abstentions. Sa formule, prononcée en mai lors d'une ultime rencontre avec les élus insulaires, résume l'enjeu : pas de démagogie, pas d'improvisation. C'est l'occasion de dresser le portrait, en données, de ce juriste devenu l'architecte de l'une des plus grandes réformes constitutionnelles de la Ve République.

3
Propositions de loi (1er signataire)
635
Amendements signés (188 adoptés)
15
Questions écrites au gouvernement

L'architecte de la Corse autonome

Boudié s'est désigné lui-même rapporteur du projet constitutionnel corse dès sa saisine — un geste fort pour un président de commission qui préside habituellement les débats plutôt que de les mener. Le texte, déposé par le gouvernement le 27 avril 2026, vise à doter la collectivité de Corse d'un pouvoir normatif : la capacité d'adapter dans certaines limites les lois nationales à la réalité de l'île. Un premier acte depuis Édouard Balladur tentait quelque chose de comparable en 1999 (censuré par le Conseil constitutionnel) et depuis les accords de Matignon (2001-2003).

Pour préparer son rapport, Boudié a mené plus de quarante auditions, reçu les présidents de l'Assemblée de Corse, des représentants des partis nationalistes, des constitutionnalistes et des élus locaux. En commission, il a lui-même déposé dix amendements — plus que sur tout autre texte de la législature. Avant l'ouverture de la séance publique, il a tenu à rencontrer une dernière fois les élus corses.

« Je ne veux pas de désinformation, de fantasmes et de mensonges. »

Florent Boudié, rencontre avec les élus de l'Assemblée de Corse, juin 2026 (France 3 Corse).

Florent Boudié
Florent Boudié
EPR
Gironde (10)
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La commission des lois comme atelier législatif

Le contraste est saisissant : 15 questions écrites au gouvernement en toute la législature, contre 635 amendements signés. Boudié n'est pas un député de micro. Il est un député de couloirs et de commission. Ses rares questions écrites couvrent des sujets dispersés — retraites des fonctionnaires, aide à domicile, recrutement dans l'aéronautique — sans thème dominant, comme si elles venaient en complément d'un travail dont l'essentiel se passe ailleurs.

Ses thèmes de prédilection — questions écrites (17e législature)
Professions de santé
3 questions
Fonction publique territoriale
2 questions
Personnes handicapées
2 questions
Défense
2 questions
Logement
1 question
Commerce et artisanat
1 question

C'est dans l'enceinte de la commission des lois que se joue son rôle réel. En avril 2026, il pilote les débats houleux sur la proposition de loi sur la rétention administrative, face à une obstruction LFI qui dure plusieurs séances. Son positionnement : tenir le cap du droit, refuser la démagogie de part et d'autre. Ses deux PPL sur la publication des avis du Conseil d'État et leur transmission au Parlement, adoptées toutes deux en commission, illustrent cette même obsession pour la transparence procédurale.

« Mon rôle de président de la commission des lois est très modeste ; il consiste à s'assurer que, sur ce type de questions, la vigilance constitutionnelle et conventionnelle est systématiquement de mise. »

Séance du 14 avril 2026, débat sur la proposition de loi « rétention administrative » (PPL dite Yadan).

Florent Boudié
Florent Boudié
EPR
Gironde (10)
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Discipline de groupe, présence en retrait

Sur les 932 scrutins où il a exprimé un vote, Florent Boudié s'est aligné 96,6 % du temps sur la position majoritaire du groupe EPR — une des loyautés les plus élevées de la législature, cohérente avec son rôle de bras armé législatif de la majorité. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.

Loyauté de vote envers le groupe EPR — 932 votes exprimés
932 votes exprimés
900 votes alignés96,6 % avec la majorité du groupe
32 votes divergents3,4 % en désaccord avec le groupe

Le revers de la médaille est sa participation aux scrutins publics. Avec 12,6 % de présence aux votes sur l'ensemble de la législature — contre une médiane de 24,1 % pour l'ensemble des députés —, Boudié se situe dans le quart inférieur du classement (482 de ses collègues font mieux). La présidence de la commission des lois explique en partie ce chiffre : les séances de commission se tiennent souvent en parallèle des séances publiques. Mais le contraste avec les 635 amendements déposés dit quelque chose de sa méthode : il façonne les textes en amont, plutôt qu'il ne vote en aval.

« L'avenir de la Nouvelle-Calédonie exige d'être traité avec sérieux. Sur ce sujet, rien ne se fera sans le dialogue. »

Séance du 2 avril 2026, débat sur le projet de loi constitutionnel relatif à la Nouvelle-Calédonie — une formule que Boudié apply, six semaines plus tard, à la Corse.

Florent Boudié
Florent Boudié
EPR
Gironde (10)
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Ses chantiers législatifs

⚖️
Projet de loi constitutionnel donnant à la collectivité de Corse un pouvoir normatif d'adaptation. Adopté en commission le 2 juin, examiné en séance à partir du 16 juin 2026.
🔒
PPL visant à allonger la rétention des étrangers jugés dangereux. Pilotée par Boudié en commission des lois, adoptée en commission, adoptée au Sénat le 15 juin 2026.
📄
Deux PPL pour rendre publics les avis du Conseil d'État sur les projets et propositions de loi — et les transmettre au Parlement. Adoptées en commission.
🏛️
PPL pour instaurer un mécanisme de coordination entre administration pénitentiaire et autorité judiciaire face à la surpopulation carcérale.
Le verrou des trois cinquièmes. Pour qu'une révision constitutionnelle aboutisse, le texte corse devra être adopté en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat, puis soumis au Congrès réuni à Versailles — où une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés est requise. Un obstacle considérable dans le contexte politique actuel, où les groupes de droite sénatoriale et les oppositions des deux bords ont exprimé des réserves. L'issue reste très incertaine.

Parcours express

22 septembre 1973
Naissance à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), enfance à Pineuilh.
1994 – 1996
IEP de Bordeaux, puis DEA de droit européen et international à l'Université Paris 2.
1997 – 2002
Enseignant en droit public (Paris 2, Bordeaux 4).
2003 – 2011
Conseiller du président de région Aquitaine, puis directeur de cabinet de Gilbert Mitterrand à la ville de Libourne.
Juin 2012
Élu député PS dans la 10e circonscription de la Gironde (Libournais-Pays Foyen), battant le sortant Jean-Paul Garraud (LR).
Avril 2016
Rallie Emmanuel Macron et crée « La gauche avec Macron » pour embarquer l'aile gauche vers En Marche.
Juin 2017
Réélu avec près de 68 % des voix sous l'étiquette La République En Marche.
Juillet 2024
Élu président de la commission des lois à l'ouverture de la 17e législature.
Avril 2026
Pilote en commission les débats sur la rétention administrative face à l'obstruction de LFI.
2 juin 2026
La commission des lois adopte son rapport sur le texte corse : 20 pour, 6 contre, 6 abstentions.
16 juin 2026
Ouverture de l'examen en séance publique du projet de loi constitutionnel pour une Corse autonome au sein de la République.

Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Florent Boudié sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.