- Sénateur Les Républicains de la Haute-Loire depuis le 24 septembre 2017, réélu en 2023. Né le 24 octobre 1971 — 54 ans. Secrétaire de la commission des affaires économiques.
- Éleveur laitier à Saint-Paulien (Haute-Loire), où il est aussi conseiller municipal. Grandi dans une famille ouvrière en HLM à Saint-Paul-en-Jarez (Loire), BTS productions animales au lycée agricole de Bonnefont.
- Syndicaliste agricole FNSEA, ancien président de la chambre d'agriculture de la Haute-Loire — la presse le décrit comme le porte-voix du syndicat majoritaire au Palais du Luxembourg.
- Auteur de la « loi Duplomb » promulguée le 12 août 2025 : sa disposition phare, la réintroduction de l'acétamipride, a été censurée par le Conseil constitutionnel après une pétition record de 2,1 millions de signatures.
- Co-rapporteur de la loi d'urgence agricole : il vient d'y faire revoter au Sénat l'acétamipride censuré, un an presque jour pour jour après sa première tentative.
- Préside le groupe d'études « agriculture, élevage et alimentation » du Sénat. 283 amendements déposés en son nom depuis 2017, dont 211 adoptés.
Il y a des défaites qui ne closent rien. Le 7 août 2025, le Conseil constitutionnel censurait la mesure emblématique de la loi Duplomb — la réintroduction dérogatoire de l'acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018 — au terme de l'été le plus contesté de la législature : plus de 2,1 millions de signatures contre le texte, un record absolu pour une pétition sur le site de l'Assemblée nationale. Onze mois plus tard, dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, le Sénat a adopté par 219 voix contre 111 la loi d'urgence agricole — dans laquelle Laurent Duplomb, cette fois co-rapporteur du texte, a fait réintroduire par amendement l'acétamipride et la flupyradifurone, adoptés par 183 voix contre 129 malgré l'avis du gouvernement. Une commission mixte paritaire tranchera le 16 juillet. Qui est ce sénateur-éleveur qui ne renonce jamais ? Les données racontent un parlementaire d'une constance rare.
La loi qui porte son nom
Peu de parlementaires donnent leur nom à une loi. Laurent Duplomb, lui, a donné le sien à un conflit national. Sa proposition de loi « visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur », déposée fin 2024 dans le sillage de la colère agricole, est adoptée définitivement par l'Assemblée nationale le 8 juillet 2025. Elle facilite les projets de stockage d'eau et d'élevage intensif, et surtout réautorise à titre dérogatoire l'acétamipride, réclamé par les filières betterave et noisette. La suite est connue : pétition record lancée le 10 juillet — 100 000 signatures en 24 heures, un million en moins de dix jours —, saisine du Conseil constitutionnel, censure de l'article acétamipride le 7 août au nom de la Charte de l'environnement, et promulgation du reste du texte le 12 août 2025.
Un an plus tard, le revoilà. Co-rapporteur désigné par LR sur la loi d'urgence agricole du gouvernement, Duplomb a réintroduit en séance ce que le juge constitutionnel avait retranché — en resserrant le dispositif : dérogations d'un an renouvelables, cultures limitativement énumérées, usage curatif encadré. L'Assemblée nationale avait pourtant écarté ces mesures en première lecture, les jugeant sans lien suffisant avec le texte. Le bras de fer se jouera en commission mixte paritaire le 16 juillet, puis, très probablement, de nouveau rue de Montpensier.
« Ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils ne comprennent plus ce que la France et son gouvernement veulent : nourrir sans produire, cultiver sans cultures, élever sans élevage. […] Ils n'acceptent plus le poids de cette folie administrative et de cette technocratie abrutissante qui empêchent tout, qui interdisent tout, qui tuent peu à peu les paysans. »
Question au gouvernement, Sénat, 25 janvier 2024 — au plus fort de la mobilisation des agriculteurs. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Un homme d'un seul sujet
La répartition de ses 283 amendements déposés en son nom depuis 2017 dessine un parlementaire monothématique comme il en existe peu : 115 sur la seule loi d'orientation agricole, 58 sur la loi d'urgence agricole en cours, 69 sur les budgets successifs — pour l'essentiel leurs volets agricoles. L'agriculture n'est pas un de ses sujets : c'est le sujet.
L'élu de la ferme France
Son autorité sur ces dossiers, Duplomb ne la tire pas d'un cabinet ministériel mais d'une salle de traite. Fils d'ouvrier devenu éleveur laitier sur le plateau de Saint-Paulien, passé par la présidence de la chambre d'agriculture de la Haute-Loire et le syndicalisme FNSEA, il parle au Sénat la langue des cours de ferme — quitte à faire de l'hémicycle une tribune syndicale, lui reprochent ses adversaires écologistes et socialistes. Ses rares questions au gouvernement — six depuis 2023 — sont presque toutes agricoles : mobilisation des agriculteurs, accord avec le Mercosur, application de sa propre loi, nominations à l'Office français de la biodiversité. En octobre 2024, il s'était offert une première dans l'histoire de la Haute assemblée en adressant sa question non pas au gouvernement, mais directement à Emmanuel Macron.
« C'est sans doute une première dans l'histoire du Sénat, mais l'actualité et la menace sans précédent qui pèse sur les agriculteurs français la justifient : cette question s'adresse non pas au Gouvernement, mais au Président de la République. […] La France détient encore à ce jour un droit de veto pour faire tomber cet accord. »
Question au gouvernement, Sénat, 31 octobre 2024 — sur l'accord commercial avec le Mercosur. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Les chiffres de vote décrivent un pilier de la majorité sénatoriale. Sur 892 votes communs avec son groupe, Laurent Duplomb s'est aligné 876 fois sur la position majoritaire des Républicains — un taux de loyauté de 98,2 %, seize divergences en neuf ans.
Sa présence est du même métal : 892 votes sur 896 scrutins enregistrés, soit 99,6 % de participation — 3,2 points au-dessus de la médiane sénatoriale (96,4 %), au 97e rang sur 372 sénateurs. Son taux d'adoption d'amendements (75 %) doit toutefois se lire à l'aune de sa position : rapporteur ou co-rapporteur de textes agricoles portés par une majorité sénatoriale acquise à ses thèses, il amende rarement à contre-courant. Sur les sanctions, le Sénat ne publie pas de données individuelles dans notre base.
« Quand une militante hostile au monde agricole est propulsée aux commandes d'un organisme public censé travailler avec ceux qu'elle incrimine, comment en garantir l'impartialité ? »
Question au gouvernement, Sénat, 29 janvier 2026 — sur une nomination à l'Office français de la biodiversité. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, scrutins : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Laurent Duplomb sur sa fiche NosParlementaires, comparez-le à ses collègues dans nos classements — et relisez le portrait de son exact opposé dans l'hémicycle d'en face, le député paysan bio Benoît Biteau.