- Députée Ensemble pour la République (EPR) de la 1re circonscription de l'Aveyron depuis le 27 avril 2026 — la première femme députée du Nord-Aveyron, après Boscary-Monsservin, Briane, Censi et Mazars.
- Née le 24 mars 1977 à Rodez — 49 ans. Ingénieure diplômée de l'école d'agronomie de Purpan (Toulouse), agricultrice à Saint-Amans-des-Cots, sur le plateau de la Viadène.
- Suppléante de Stéphane Mazars depuis 2017, élue à ses côtés à trois reprises (2017, 2022, 2024). Elle lui succède quand il choisit la mairie de Rodez, conquise aux municipales de mars 2026.
- Maire de Montézic (Aveyron) de mai 2020 à 2026, réélue en mars — un fauteuil que la loi sur le non-cumul l'oblige à quitter en devenant députée.
- Membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Le 27 avril 2026, Pauline Cestrières entre à l'Assemblée nationale sans élection partielle : suppléante de Stéphane Mazars depuis neuf ans, elle devient députée de plein droit lorsque celui-ci, élu maire de Rodez aux municipales de mars, choisit son mandat local. Agricultrice sur le plateau de la Viadène et maire d'un village de 250 habitants, elle est la première femme à représenter le Nord-Aveyron au Palais-Bourbon. Dix semaines plus tard, son bilan chiffré surprend pour une entrante : 675 votes exprimés — deux fois plus que le député médian sur la même période —, 151 amendements signés dont deux adoptés en son nom sur la protection de l'enfance, et 15 questions au gouvernement et aux ministres. Portrait en données.
Neuf ans dans l'ombre de Stéphane Mazars
Pauline Cestrières n'est pas arrivée à l'Assemblée par hasard, mais par patience. Suppléante de Stéphane Mazars depuis 2017, réélue à ses côtés en 2022 puis en 2024, elle a attendu trois législatures dans l'angle mort de la vie parlementaire. C'est le non-cumul des mandats qui a fini par la faire entrer dans l'hémicycle : élu maire de Rodez en mars 2026, Mazars ne pouvait conserver son siège de député, et la loi organique prévoit dans ce cas le remplacement automatique par le suppléant, sans élection partielle. Le mécanisme a joué dans les deux sens : réélue maire de Montézic le même mois, elle a dû à son tour abandonner sa mairie pour siéger à Paris.
Son profil tranche avec celui de son prédécesseur, avocat ruthénois : ingénieure formée à l'école d'agronomie de Purpan, elle exploite une ferme à Saint-Amans-des-Cots, dans le Nord-Aveyron. À l'Assemblée, elle a rejoint la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire — la commission des dossiers qui la concernent au premier chef : transports, ruralité, agriculture.
Deux amendements adoptés sur la protection de l'enfance
C'est le fait d'armes législatif de ses dix premières semaines. Sur le projet de loi relatif à la protection des enfants — le texte qu'elle a le plus travaillé, avec 52 amendements signés —, deux amendements dont elle est l'auteure ont été adoptés : l'un à l'article 3, pour encadrer l'accompagnement des enfants confiés à un tiers digne de confiance ; l'autre à l'article 11, qui étend la réclusion criminelle à perpétuité aux viols en série commis sur des mineurs de quinze ans. Pour une députée entrée en cours de session, sans l'antériorité des rapporteurs ni le poids d'un groupe d'opposition, faire adopter deux amendements en son nom sur un texte pénal n'est pas anodin.
La lecture du graphique dessine deux blocs de même poids : l'enfance (protection des enfants, violences scolaires, mineurs en formation professionnelle — 60 amendements) et le monde agricole (projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine — 61 amendements). Le reste se répartit entre la loi « Philippine » sur l'ordre public, la justice criminelle et la loi-cadre transports.
Le désenclavement, son combat de tribune
Sa première question orale, défendue en séance le 30 juin, résume son agenda : l'avenir de la liaison aérienne Rodez-Paris, ligne d'aménagement du territoire dont l'État finance 55 % du déficit d'exploitation. En mai, la présidente de la région Occitanie a affirmé que cette part tomberait à 35 % ; le gouvernement a depuis confirmé son engagement — mais seulement jusqu'au terme du contrat en cours, en 2028. C'est précisément l'après-2028 que la députée est venue sécuriser à la tribune, en y ajoutant le dossier du train de nuit Rodez-Paris, « bien moins efficace que par le passé ».
« La liaison aérienne Rodez-Paris n'est ni un confort ni un privilège : pour l'Aveyron, elle est une nécessité. Elle constitue un outil majeur de désenclavement. Elle permet à nos entreprises de se développer, à nos étudiants de poursuivre leurs études et, plus largement, à notre territoire de demeurer pleinement connecté au reste du pays. »
Pauline Cestrières, question orale sans débat, séance du 30 juin 2026 — sur l'avenir de la liaison aérienne Rodez-Paris après 2028.
Le même fil relie ses questions écrites : la participation de l'État au financement de la ligne aérienne, le renouvellement des trains de nuit « au nom de l'égalité entre les territoires », l'accès aux soins dans les territoires ruraux enclavés, ou encore le statut des secrétaires généraux de mairie — un sujet qu'une ancienne maire de village de 250 habitants connaît de l'intérieur.
L'agricultrice à l'Assemblée
Sur les textes agricoles, elle parle d'expérience. Ses interventions en séance sur le projet de loi de souveraineté agricole et la proposition de loi montagne défendent l'abreuvement des troupeaux en estive, le pastoralisme, ou les entreprises de travaux agricoles oubliées d'un article sur le vol de matériel. Ses questions écrites prolongent le sillon : protection des exploitations contre les rave-parties et les occupations illicites de terres, CDD multi-remplacements en zone rurale.
« Le pastoralisme est primordial pour le maintien des paysages, et nos prairies sont un formidable puits de carbone. Permettons donc d'anticiper les problèmes d'abreuvement des troupeaux en zone de montagne. »
Pauline Cestrières, séance du 21 mai 2026 — défense d'un amendement sur l'abreuvement des troupeaux, lors de l'examen de la proposition de loi « montagne vivante et souveraine ».
Un second registre, plus social, émerge de ses 14 questions écrites : quatre portent sur le handicap et la santé — rémunération des travailleurs d'ESAT, pair-aidance dans l'autisme, soins bucco-dentaires mobiles, congé de représentation en protection de l'enfance.
Discipline et présence : les chiffres d'une entrante appliquée
Depuis son entrée en fonction, l'Assemblée a organisé 1 721 scrutins publics : Pauline Cestrières a voté dans 675 d'entre eux, quand le député médian n'en a voté que 314 sur la même période. Seuls 50 des 578 députés ayant voté font mieux qu'elle — un début de mandat dans le top 10 % de la présence aux scrutins, là où beaucoup d'entrants mettent des mois à trouver le rythme.
Avec 656 votes sur 675 alignés sur la position majoritaire de son groupe, elle affiche une loyauté de 97,2 % — le profil d'une députée de la majorité qui ne cultive pas la dissidence. Le revers de son bilan est ailleurs : sur les 34 amendements déposés en son nom propre, 2 seulement ont été adoptés, quand 10 ont été déclarés irrecevables avant tout débat et 8 sont tombés. L'essentiel de ses 39 amendements adoptés l'a été en cosignature, portée par le collectif du groupe. Aucune sanction disciplinaire ne figure dans notre base la concernant.
« Le réchauffement climatique provoque une intensification et une multiplication des vagues de chaleur, qui surviennent désormais dès le mois de mai. L'adaptation du bâti scolaire est un enjeu primordial. »
Pauline Cestrières, question au gouvernement, séance du 23 juin 2026 — sur les conséquences de la canicule dans les écoles, adressée au ministre de l'Éducation nationale.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Pauline Cestrières sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à ses collègues dans nos classements.