- Sénateur du Cher depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre au second tour avec 507 voix (59,2 %) sur 856 suffrages exprimés. Membre du groupe Les Républicains depuis le 5 octobre.
- Né le 13 juin 1987, il a 39 ans. Treize des 348 sénateurs sont plus jeunes que lui, et un seul parmi les 124 membres du groupe Les Républicains : Alexis Robin, 35 ans, élu en Eure-et-Loir. L'âge médian du Sénat est de 61 ans.
- Conseiller parlementaire de Rémy Pointereau, sénateur du Cher de 2005 à 2026, pendant treize ans. Il se présente comme ancien élève de Sciences Po Paris. Le fichier des candidatures le classe parmi les « cadres administratifs et commerciaux d'entreprise ».
- Conseiller municipal d'opposition à Bourges et conseiller communautaire de Bourges Plus depuis le 22 mars 2026, troisième de la liste de Philippe Mercier (34,25 %, 8 sièges), soutenue par Les Républicains, Horizons et Renaissance, face au maire sortant Yann Galut, réélu.
- Première candidature au Sénat. Sa suppléante est Jacqueline Champion, adjointe au maire de Saint-Amand-Montrond et conseillère régionale d'opposition.
- Il n'a jamais siégé au Parlement : au 6 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Il souhaite rejoindre la commission des lois, constituée ce mercredi 7 octobre, et la délégation aux collectivités territoriales.
Mardi 6 octobre, le Sénat désigne ses vice-présidents et ses questeurs, puis publie à 18 h 30 les listes des membres de ses sept commissions permanentes. Mercredi matin, à 9 h 30, la commission des lois se réunit pour la première fois. C'est celle que Samir Rhimini a dit vouloir rejoindre au soir de son élection. À 39 ans, le nouveau sénateur Les Républicains du Cher découvre les bancs d'un hémicycle dont il connaît les coulisses depuis treize ans : il y était le conseiller parlementaire de Rémy Pointereau, à qui il succède. Il est aussi l'un des noms les plus recherchés de cette rentrée sénatoriale. Son bilan parlementaire tient en un chiffre, zéro. Son élection et le siège qu'il reprend, eux, se mesurent. En données.
Élu à huit voix près dès le premier tour
Le Cher élit ses deux sénateurs au scrutin majoritaire, et le 27 septembre, dix candidats se présentaient devant 882 grands électeurs réunis salle du Duc-Jean, à Bourges. Au premier tour, Samir Rhimini recueille 420 voix sur 854 suffrages exprimés, soit 49,2 %. La majorité absolue était à 428 : huit voix. Le député Horizons Loïc Kervran suit avec 285 voix, le socialiste Philippe Fournié avec 199, et Laurence Renier, maire d'Aubigny-sur-Nère et seconde candidate investie par Les Républicains, avec 174.
Au second tour, l'écart se creuse : 507 voix, 59,2 %, soit 87 de plus qu'au premier. Loïc Kervran prend le second siège avec 366 voix, 129 de plus que Philippe Fournié. Laurence Renier termine quatrième, à cinq voix du socialiste. Le Cher envoie donc au Sénat un élu LR et un élu Horizons là où siégeaient deux membres du groupe Les Républicains, Rémy Pointereau et Marie-Pierre Richer, qui ne se représentaient pas. « LR perd un siège dans le Cher », résumait Public Sénat le soir même. Loïc Kervran a rejoint le 5 octobre le groupe Les Indépendants.
Pierre Grosjean (divers droite, 172 voix au premier tour), Luc Colombier (divers droite, 32) et Olivier Béatrix (Parti radical, 29) ne figurent plus au second tour. Source : ministère de l'Intérieur.
Cette victoire est d'abord celle d'une transmission. Le 22 juillet 2026, Rémy Pointereau, sénateur depuis 2005, annonce aux maires du Cher qu'il ne briguera pas un cinquième mandat et, selon Le Berry républicain, demande aux grands électeurs d'accorder à son conseiller parlementaire « la confiance » qu'ils lui ont eux-mêmes témoignée. Candidat investi par Les Républicains, aux côtés de Laurence Renier, Samir Rhimini dit le 10 septembre mener campagne selon la devise du Cadre noir de Saumur, « calme, en avant et droit ». De l'adoubement de son employeur, il dit ceci.
« Cela m'honore et cela m'oblige. »
Sur le soutien de Rémy Pointereau. Déclaration au Berry républicain, 10 septembre 2026.
Treize ans dans l'ombre d'un siège très actif
Un conseiller parlementaire ne vote pas, ne signe pas, ne pose pas de question : il les prépare. Les données du siège qu'il reprend donnent la mesure du travail dont il a été l'ombre. Depuis octobre 2017, début de nos données pour le Sénat, Rémy Pointereau a posé 97 questions au gouvernement, déposé 129 amendements en premier signataire et en a cosigné 2 960 autres. Depuis octobre 2023, il a pris part à 906 des 909 scrutins publics, quand la médiane des 313 sénateurs ayant siégé sur toute la période est à 98,5 %. Questeur du Sénat de 2017 à 2020, premier vice-président de la délégation aux collectivités territoriales, il signe 37 rapports dans notre base depuis 2007, presque tous sur le même terrain : les normes imposées aux communes, les centres-villes, les zones de revitalisation rurale, l'eau.
Un texte résume ce sillon. Le 14 juin 2018, le Sénat adopte la proposition de loi portant Pacte national de revitalisation des centres-villes et centres-bourgs, que Rémy Pointereau a écrite avec le socialiste Martial Bourquin : 288 voix pour, aucune contre, 55 abstentions. Huit ans plus tard, le dossier est toujours « en cours de discussion » sur le site du Sénat. L'Assemblée nationale ne l'a jamais inscrit à son ordre du jour. En septembre 2022, un rapport de suivi cosigné par le sénateur du Cher parle d'« enthousiasme et frustrations ».
Le second chantier est celui de la « simplification des normes ». En janvier 2023, un rapport de la délégation cosigné par Rémy Pointereau propose, « face à l'addiction », une « thérapie de choc » ; en février 2025, un autre, sur le pouvoir préfectoral de dérogation, veut « adapter les normes aux territoires » ; en juin 2026, le bilan 2023-2026 de la délégation est son dernier texte signé. Le projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales, examiné en séance en juin 2026, est encore en navette. C'est dans ce vocabulaire que le candidat Rhimini a parlé pendant la campagne.
« Il faut donner corps au principe de différenciation territoriale. »
Sur l'application des lois « selon la réalité des territoires ». Déclaration à ICI Berry, 14 septembre 2026.
Ce que le nouveau sénateur a lui-même écrit, amendé ou défendu pendant ces treize années, les données ne le disent pas : au Sénat, un collaborateur n'apparaît ni dans les scrutins, ni sur les amendements, ni dans les comptes rendus. Il hérite d'un sillon, pas d'un bilan. Au soir de son élection, il a dit à ICI Berry espérer entrer dans la délégation aux collectivités territoriales, « dans laquelle il a travaillé comme attaché parlementaire », et dans la commission des lois. La seconde est constituée ce mercredi 7 octobre à 9 h 30 ; les délégations seront désignées après le 13 octobre.
Bourges, six mois avant le Sénat
Son ancrage électoral est récent. Le 22 mars 2026, Samir Rhimini entre au conseil municipal de Bourges en troisième position sur la liste « Unis changeons de cap » de Philippe Mercier, soutenue par Les Républicains, Horizons et Renaissance. La liste obtient 34,25 % et huit sièges, face au maire sortant Yann Galut, réélu avec 53,4 %, et à la liste du Rassemblement national d'Ugo Iannuzzi, 12,35 %. Six mois plus tard, le conseiller d'opposition et le conseiller RN se retrouvaient tous deux candidats au Sénat : 507 voix pour l'un, 47 pour l'autre.
Le reste tient à la lettre du 22 juillet. Rémy Pointereau, 73 ans, élu au Sénat le 18 septembre 2005, a choisi la fin de la session pour prévenir les maires, qui sont les grands électeurs du scrutin.
« Il est temps pour moi de passer la main à une nouvelle génération, pour l'avenir du Cher. Je vous demande d'accorder la confiance que vous m'avez vous-mêmes témoignée pendant toutes ces années. »
Courrier aux maires du Cher, cité par Le Berry républicain, 22 juillet 2026.
Discipline et présence : tout reste à mesurer
Le chapitre habituel de nos portraits est ici vide, et c'est une information. Depuis le 1er octobre, le Sénat n'a tenu qu'un scrutin, l'élection de son président, à bulletin secret à la tribune, qui n'apparaît pas dans les scrutins publics nominatifs. Aucun taux de participation, aucun taux d'alignement sur son groupe ne peut donc être calculé pour Samir Rhimini. Son agenda officiel ne compte qu'un rendez-vous, la séance d'ouverture du 1er octobre, au cours de laquelle Gérard Larcher a été réélu. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Les points de comparaison existent déjà. Selon notre base, 63 sénateurs entrent au Palais du Luxembourg avec lui ; sept sont plus jeunes. Dans son groupe, les 99 sénateurs Les Républicains qui ont siégé sur toute la période depuis octobre 2023 ont voté, en médiane, dans 98,5 % des scrutins comme la majorité du groupe. C'est à cette aune que ses premiers votes seront lus, sur sa fiche, au fil de la session.
Ses chantiers annoncés
Parcours express
Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Samir Rhimini à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales dans le Cher, le portrait de Loïc Kervran, l'autre nouveau sénateur du département, la liste des 348 sénateurs par département et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.