Article mis à jour le 28 septembre 2026 : publié le 18 septembre, avant le scrutin, ce portrait intègre désormais l'élection de Loïc Kervran au Sénat et ses conséquences à l'Assemblée nationale.
- Élu sénateur du Cher le 27 septembre 2026, après neuf ans comme député de la 3e circonscription du Cher (Bourges – Saint-Amand-Montrond), d'abord sous l'étiquette La République en marche, puis au sein du groupe Horizons & Indépendants. Né le 11 février 1984 à Moulins — 42 ans.
- Diplômé de Sciences Po Paris et de la London School of Economics, il était directeur adjoint de l'audit interne chez HSBC France avant son élection.
- Vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, il a signé en mars 2025 un rapport d'information sur le recrutement et la fidélisation dans les armées.
- Conseiller municipal d'Orcenais (250 habitants) depuis 2020, chef de file Horizons pour les municipales de 2026 à Bourges, référent Ruralité du parti d'Édouard Philippe.
- Auteur d'une seule proposition de loi en 17e législature, « faire exécuter les peines d'emprisonnement ferme » : adoptée par l'Assemblée puis par le Sénat, elle attend toujours sa deuxième lecture.
- Élu au second tour avec 366 voix (42 %), deuxième derrière Samir Rhimini (LR, 507 voix). Son siège de député revient à son suppléant, Emmanuel Riotte, maire de Saint-Amand-Montrond.
Il n'avait pas pris de gants pour expliquer son départ. Interrogé par ICI Berry le 14 septembre, Loïc Kervran jugeait l'Assemblée nationale « intravaillable » et estimait que c'est au Sénat que se font les lois. Les grands électeurs du Cher l'ont suivi : le 27 septembre, le député Horizons a été élu sénateur au second tour, avec 366 voix, pour succéder à Marie-Pierre Richer et Rémy Pointereau, qui ne se représentaient pas. Il fait partie des huit députés élus sénateurs ce jour-là et quitte le Palais Bourbon, où son suppléant Emmanuel Riotte prend sa place. Que laisse-t-il à l'Assemblée ? Voici son bilan de député, tiré de notre base, et le détail de son élection.
Élu au second tour, derrière Samir Rhimini
Dix candidats se disputaient les deux sièges du département. Au premier tour, aucun n'a atteint la majorité absolue : Samir Rhimini, collaborateur parlementaire du sortant Rémy Pointereau et candidat Les Républicains, arrive en tête avec 420 voix (49 %), Loïc Kervran deuxième avec 285 voix (33 %). Au second tour, l'écart se creuse avec le reste du peloton : Samir Rhimini l'emporte avec 507 voix (59 %), Loïc Kervran obtient 366 voix (42 %), loin devant le socialiste Philippe Fournié (237 voix, 27 %) et Laurence Renier (LR, 232 voix, 27 %).
| Candidat | 1er tour | 2d tour |
|---|---|---|
| Samir Rhimini LR — élu | 420 (49 %) | 507 (59 %) |
| Loïc Kervran Horizons — élu | 285 (33 %) | 366 (42 %) |
| Philippe Fournié PS | 199 (23 %) | 237 (27 %) |
| Laurence Renier LR | 174 (20 %) | 232 (27 %) |
| Marie-Christine Baudouin PCF | 147 (17 %) | 104 (12 %) |
| Ugo Iannuzzi RN | 86 (10 %) | 47 (5 %) |
| Thibault Lhonneur LFI | 36 (4 %) | 19 (2 %) |
| Pierre Grosjean divers droite | 172 (20 %) | — |
| Luc Colombier divers droite | 32 (3 %) | — |
| Olivier Beatrix Parti radical | 29 (3 %) | — |
Scrutin plurinominal à deux tours : chaque grand électeur peut désigner deux candidats, les pourcentages ne s'additionnent donc pas à 100 %. Source : résultats publiés par le Sénat, notre page consacrée au Cher.
Après le scrutin, il a répété qu'il serait « plus utile au palais du Luxembourg qu'au Palais Bourbon », selon ICI Berry, et dit vouloir rejoindre la commission chargée de la défense, dans le prolongement de son travail à l'Assemblée, ainsi que les dossiers ruraux, santé et agriculture en tête. Son mandat de sénateur, d'une durée de six ans, commence le 1er octobre.
Ce qu'il laisse à l'Assemblée
Un député élu sénateur ne choisit pas : l'article LO 137 du code électoral prévoit qu'il « cesse, de ce fait même, d'appartenir » à l'Assemblée. Son siège n'est pas remis au vote : en vertu de l'article LO 176, il revient à la personne élue avec lui en 2024 pour le remplacer, Emmanuel Riotte, maire de Saint-Amand-Montrond. Celui-ci devra toutefois choisir entre son mandat de maire et celui de député, qui ne se cumulent pas. Interrogé par LCP, il affirme avoir tranché sans vouloir l'annoncer tout de suite. S'il renonçait au siège, une élection législative partielle serait organisée dans la circonscription (article LO 178).
Loïc Kervran laisse aussi un dossier en suspens : sa proposition de loi sur l'exécution des peines, adoptée par les deux chambres, attend toujours sa deuxième lecture au Palais Bourbon, qu'il ne pourra plus défendre comme rapporteur (voir plus bas). Et ses votes ont compté : sur les 8 434 scrutins de la législature, 93 auraient donné le résultat inverse sans les voix des huit députés partis au Sénat. Le plus serré, le 30 octobre 2025 : la résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens de 1968, adoptée par 185 voix contre 184. Loïc Kervran a voté pour.
Son bilan de député : une loi sur les peines, et une navette qui s'éternise
Son fait d'armes législatif tient en un texte. Déposée le 15 octobre 2024, sa proposition de loi visant à faire exécuter les peines d'emprisonnement ferme supprime le caractère quasi automatique de l'aménagement des courtes peines et rend au juge la faculté d'envoyer en détention pour des peines inférieures à un an. Rapporteur de son propre texte (rapport du 26 mars 2025), il le fait adopter en séance le 2 avril 2025 par 60 voix contre 42, puis le Sénat le vote à son tour, modifié, le 30 juin 2025 par 205 voix contre 100.
Le texte est né, a-t-il raconté dans l'hémicycle, d'un entretien avec la mère d'une victime de délit routier tuée par un multirécidiviste qui n'avait jamais été incarcéré. Face aux amendements de suppression de la gauche, Loïc Kervran défend une ligne qu'il résume en une phrase.
« La philosophie de ce texte est de n’imposer ni un principe d’aménagement ni un principe d’incarcération ; le seul principe de mon texte, c’est la liberté du juge. »
Séance du 3 avril 2025, examen de sa proposition de loi — compte rendu intégral.
Le Cher, ligne directrice de son travail
Ses 45 questions écrites — deux fois la médiane de l'Assemblée, qui est de 22 — dessinent un député de terrain plus qu'un législateur national : classification du quinoa dans l'écorégime de la PAC, prolifération du frelon asiatique, difficultés des entreprises de transport de grumes, retards de paiement des fournisseurs par les hôpitaux publics, situation des militaires ayant servi dans l'opération Althéa. La taxonomie thématique calculée sur l'ensemble de son activité place le travail et le social en tête, devant le logement, l'économie et la santé.
Sur les 8 434 scrutins de la législature, ses interventions en séance les plus marquantes sont locales : la défense des quatre maternités du Cher en mai 2025, les courses hippiques de ruralité en novembre 2025, et surtout sa question au gouvernement du 5 mai 2026 sur la rave-party de 20 000 personnes installée sur un site militaire du département.
« Dans les circonscriptions rurales comme la mienne, qui compte 161 communes, nous nous demandons parfois si nous conserverons demain le droit d’aller à l’école à la campagne, le droit de naître à la campagne, le droit d’y vivre, tout simplement. »
Séance du 15 mai 2025, débat sur le moratoire des fermetures de maternités — compte rendu intégral.
Défense et souveraineté, l'autre versant
Vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, il a co-signé en mars 2025 un rapport d'information sur le recrutement et la fidélisation des ressources humaines du ministère des Armées, dont il a défendu les conclusions un an plus tard lors de l'examen de l'actualisation de la loi de programmation militaire. Le renseignement et la souveraineté économique reviennent régulièrement dans ses prises de parole : en avril 2025, il s'oppose ainsi au transfert à un groupe nord-américain de la gestion de la plateforme d'appels d'offres publics PLACE, en dénonçant un cadeau aux services étrangers.
« Imagine-t-on un instant les États-Unis confier à une entreprise française la gestion de la plateforme qui reçoit les réponses, les offres financières et les offres techniques, à leurs appels d’offres publics ? »
Séance du 29 avril 2025, examen de l'article 4 du projet de loi de simplification de la vie économique — compte rendu intégral.
Discipline et présence : un député dans la moyenne
Sur les 2 195 scrutins où il a exprimé un vote, Loïc Kervran a voté 92,1 % du temps comme la majorité de son groupe Horizons. C'est très exactement le comportement médian de ses collègues du groupe (93,2 %) : ni frondeur, ni plus discipliné que la moyenne des siens.
Côté présence, il a pris part à 26,0 % des 8 434 scrutins publics de la législature, au-dessus de la médiane des députés (23,4 %) et de celle de son groupe (20,5 %) : 250 de ses 606 collègues font mieux. Le chiffre est plus sévère sur l'écriture législative. Avec 61 amendements déposés comme auteur, il se classe 422e sur 589 députés, loin de la médiane de l'Assemblée (128) ; 16 de ces 61 amendements ont été adoptés. Il compense en cosignant massivement : 555 amendements cosignés, pour un total de 616 signatures et 110 adoptions. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Sa fiche de candidat aux sénatoriales détaille son résultat, ses prises de position et nos notes d'enquête sourcées ; l'intégralité de ses votes, amendements et questions de député reste consultable sur sa fiche de député. Les résultats du département sont sur notre page consacrée au Cher et ceux de tout le renouvellement sur notre page sénatoriales 2026 ; vous pouvez comparer son activité à celle de ses anciens collègues dans nos classements.