- Député LFI-NFP de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône (quartiers nord de Marseille) depuis juin 2022, réélu dès le premier tour en 2024. Né le 8 juin 1987 à Marseille — 39 ans.
- Chauffeur de taxi de nuit pendant neuf ans à la station du Vieux-Port, porte-parole de la grève des taxis contre Uber en 2016, passé par le PCF avant de rejoindre La France insoumise en 2017.
- Le 28 mai 2024, il brandit un drapeau palestinien dans l'hémicycle : censure avec exclusion temporaire de quinze jours, la sanction la plus lourde du règlement de l'Assemblée.
- Candidat LFI à la mairie de Marseille en mars 2026 : 4e du premier tour (11,9 %), il retire sa liste au second tour en appelant à faire barrage au RN.
- Convoqué le 9 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Marseille pour recel de vol et divulgation d'informations privées (affaire Laser Propreté) ; l'audience a été renvoyée au 21 octobre.
- Membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire.
Sébastien Delogu devait comparaître mardi 9 juin devant la 12e chambre correctionnelle de Marseille, le lendemain de ses 39 ans. Le député insoumis des quartiers nord est poursuivi pour avoir diffusé sur Instagram, le 24 septembre 2024, des documents dérobés cinq jours plus tôt dans les bureaux du dirigeant de Laser Propreté, entreprise de nettoyage de la gare Saint-Charles alors en plein conflit social. Il encourt jusqu'à cinq ans de prison, 750 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité ; lui se présente en lanceur d'alerte et rappelle avoir effectué un signalement au procureur au titre de l'article 40. Absent à l'audience — la juridiction a jugé « légitime » sa demande de renvoi, les convocations n'étant parties qu'en mai —, il sera finalement jugé le 21 octobre, et reste présumé innocent d'ici là.
Entre le prétoire et les urnes — il visait la mairie de Marseille en mars dernier —, que fait Sébastien Delogu à l'Assemblée ? Portrait en données d'un député-tribun au profil singulier : hyper-loyal à son groupe, hyper-marseillais dans ses textes, et nettement moins présent que la moyenne dans les scrutins publics.
Un agenda législatif 100 % marseillais
Ses neuf textes en premier signataire racontent une obsession : Marseille, et d'abord le logement. Le député propose d'étendre aux maires le pouvoir de réquisition des logements vacants, d'instaurer un moratoire sur les démolitions prévues par l'ANRU, d'appliquer la loi SRU secteur par secteur, et demande des commissions d'enquête sur le système de l'habitat indigne à Marseille et sur le plan « Marseille en grand ». Il va jusqu'à proposer de supprimer la métropole Aix-Marseille-Provence, thème porté pendant sa campagne municipale, sans oublier l'accessibilité des transports collectifs et l'encadrement de la pause méridienne à l'école.
« Au lieu de stigmatiser encore plus les personnes sans emploi, vous pourriez proposer, par exemple, la réquisition des logements vides. Vous pourriez plafonner les loyers, rendre obligatoire la construction de nouveaux logements et faire entretenir ceux qui s’écroulent, comme à Marseille. »
Séance du 6 février 2025, débat sur la proposition de loi Droite Républicaine « Prioriser les travailleurs dans l'attribution de logements sociaux ».
Taxis, hôpital, drogue : les questions d'un élu de terrain
Ses 17 questions au gouvernement et questions écrites dessinent la 7e circonscription en creux : tarifs imposés par l'Assurance maladie aux taxis conventionnés — son ancien métier —, fermeture d'une unité psychiatrique de l'hôpital Édouard-Toulouse, fermeture du site d'Orange à Saint-Mauront, haltes soins addictions menacées de fermeture, protection de l'enfance et mineurs non accompagnés.
En janvier 2026, c'est pourtant sur un dossier national qu'il marque les esprits : l'affaire Trident, du nom de cette opération antidrogue de l'Ofast qui a tourné au scandale d'État. À la tribune, il interpelle le gouvernement sur les 387 kilos de cocaïne évaporés et les policiers placés en détention provisoire.
« Y a-t-il eu, oui ou non, 387 kilos de cocaïne achetés par l’État puis revendus à l’insu des magistrats suite à l’échec d’une opération ? »
Question au gouvernement du 21 janvier 2026 sur l'affaire Trident (opération antidrogue de l'Ofast).
Loyauté record, présence en retrait
Sur les 1 066 scrutins où il a exprimé un vote, Sébastien Delogu a voté 99,2 % du temps comme la majorité de son groupe LFI-NFP : 9 votes divergents seulement en quatre ans, l'un des profils les plus disciplinés de l'Assemblée.
Le revers de la médaille : la présence. Avec un vote exprimé dans 14,5 % des 7 351 scrutins publics de la législature, il se situe sous la médiane des députés (24,2 %) — 457 de ses 601 collègues font mieux. Côté discipline interne, aucun rappel à l'ordre ni blâme ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de la 17e législature recensés dans notre base. Son passif est ailleurs : l'exclusion temporaire de quinze jours après l'épisode du drapeau palestinien date de la précédente législature, et il a été condamné en février 2025 à 5 000 euros d'amende pour violences lors du blocus d'un lycée marseillais en 2023 — jugement dont il a fait appel.
« Je suis du mauvais côté du règlement, mais du bon côté de l’histoire, monsieur le ministre. »
Séance du 28 mai 2025, un an jour pour jour après avoir brandi le drapeau palestinien dans l'hémicycle.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Sébastien Delogu sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.