- Le 27 septembre 2026, 178 sièges du Sénat sont renouvelés dans 64 circonscriptions. Les électeurs ne sont pas les citoyens mais environ 79 000 grands électeurs, dont la très grande majorité sont des délégués des conseils municipaux.
- Cette composition donne une prime mécanique aux partis qui détiennent des mairies et des conseils municipaux : le Sénat est la chambre des élus locaux avant d'être celle des partis nationaux.
- Le Rassemblement National ne compte que trois sénateurs et n'atteint pas le seuil de dix nécessaire pour former un groupe. C'est le principal enjeu du scrutin pour lui.
- Sur les 1 686 candidats enregistrés, 363 sont maires en exercice — nous avons détaillé ce portrait chiffré. Mais ces maires ne se répartissent pas également entre les blocs.
- Un député élu sénateur perd automatiquement son siège de député, et son suppléant ne le remplace pas : il faut une élection législative partielle.
Trente-quatre députés en exercice figurent sur les listes déposées pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Vingt-quatre d'entre eux se présentent sur des listes d'extrême droite, dont vingt-trois siègent au groupe Rassemblement National de l'Assemblée nationale. Les dix autres se répartissent entre le centre, la gauche et la droite. Ces candidatures concernent 22 départements.
Le RN présente autant de candidats que la droite, mais cinq fois moins de maires
Le déséquilibre se lit dans les mandats locaux des candidats. Les listes d'extrême droite alignent 316 candidats, un total comparable aux 385 de la droite. Mais elles ne comptent que 27 maires en exercice, contre 125 à droite et 83 au centre. Rapporté au nombre de candidats, cela donne 8,5 % de maires à l'extrême droite, contre 32,5 % à droite et 32,3 % au centre.
La gauche occupe une position intermédiaire : 629 candidats, le contingent le plus fourni du scrutin, mais 113 maires seulement, soit 18 %. L'écart n'oppose donc pas la gauche à la droite, mais l'extrême droite à tous les autres blocs.
Cette faiblesse n'est pas une surprise pour le RN : elle découle du nombre de communes qu'il dirige. Elle a en revanche une conséquence directe sur la composition de ses listes, car une liste sénatoriale doit compter un nombre de candidats au moins égal au nombre de sièges à pourvoir, et respecter l'alternance entre femmes et hommes dans les départements au scrutin proportionnel.
« La préservation des services publics, dont les territoires ruraux sont privés. Dans ma circonscription, une classe est menacée de fermeture à Berson, tout comme La Poste de Saint-Christoly-de-Blaye. Mais cela les laisse, une fois de plus, indifférents. »
Des listes complétées par des députés nationaux
C'est là que les députés entrent en jeu. Dans le Var, la liste intitulée « Au service des communes pour défendre le Var » compte six candidats, dont quatre députés en exercice : Frank Giletti, Philippe Schreck, Frédéric Boccaletti et Laure Lavalette. Dans les Bouches-du-Rhône, la liste équivalente aligne dix candidats, dont quatre députés. Dans le Gard, trois des cinq candidats sont députés.
Tous ne sont pas en position d'être élus. Plusieurs figurent en fin de liste, à des rangs que le nombre de sièges rend hors d'atteinte : José Gonzalez est dixième dans un département qui en renouvelle huit, Emmanuel Fouquart huitième. Ces places servent à compléter une liste, pas à gagner un siège.
Quinze des trente-quatre députés occupent en revanche la première place de leur liste, ou se présentent au scrutin majoritaire dans un département à un ou deux sièges. Ce sont les candidatures qui peuvent réellement aboutir.
« S’agissant du FCTVA, il ne faut pas changer la base de remboursement, les remboursements doivent se faire à l’euro près. Des dépenses ont été faites, les communes sont dynamiques, l’État doit rembourser la TVA. »
Quinze candidatures en position d'aboutir
Voici les quinze députés placés en tête de liste ou candidats au scrutin majoritaire, avec le département où ils se présentent :
- Olga Givernet (EPR) — Ain
- Valérie Bazin-Malgras (DR) — Aube
- Julien Rancoule (RN) — Aude
- Pascal Markowsky (RN) — Charente-Maritime
- Christophe Plassard (HOR) — Charente-Maritime
- Loïc Kervran (HOR) — Cher
- Géraldine Grangier (RN) — Doubs
- Sylvie Josserand (RN) — Gard
- Edwige Diaz (RN) — Gironde
- Manon Bouquin (RN) — Hérault
- Emmanuel Fernandes (LFI-NFP) — Bas-Rhin
- Gabriel Amard (LFI-NFP) — Rhône
- Julie Delpech (EPR) — Sarthe
- Frank Giletti (RN) — Var
- Philippe Latombe (DEM) — Vendée
La liste traverse les blocs. On y trouve des élus du socle gouvernemental comme Olga Givernet dans l'Ain ou Julie Delpech dans la Sarthe, deux députés Horizons en Charente-Maritime et dans le Cher, deux Insoumis avec Emmanuel Fernandes dans le Bas-Rhin et Gabriel Amard dans le Rhône, et six candidats RN.
« Pourtant, comme cela a été dit, les collectivités locales seront confrontées à un mur d’investissements pour engager la destruction des PFAS. »
Ce que déclencherait chaque élection
L'article LO137 du code électoral est sans ambiguïté : un député élu sénateur « cesse, de ce fait même, d'appartenir » à l'Assemblée nationale. Il n'a pas à choisir, et il ne peut pas cumuler.
La suite est moins connue. Le suppléant d'un député ne le remplace que dans des cas limités — décès, nomination au Conseil constitutionnel, mission gouvernementale prolongée au-delà de six mois, entrée au gouvernement. L'élection au Sénat n'en fait pas partie. Le siège devient donc vacant et une élection législative partielle doit être organisée dans la circonscription.
Le nombre exact de partielles dépendra des résultats. Il ne peut pas dépasser quinze, puisque seuls quinze députés sont en position d'être élus, et sera vraisemblablement inférieur : plusieurs de ces têtes de liste affrontent des sortants solidement installés.
Le détail des candidatures, département par département, est consultable sur notre dossier sénatoriales 2026, avec une fiche par circonscription. Les bilans parlementaires des députés candidats sont accessibles depuis leur fiche : votes, amendements, questions et présence en séance depuis 2024.