- La moitié du Sénat est renouvelée : 178 sièges répartis dans 64 circonscriptions (63 départements, collectivités d'outre-mer et Français établis hors de France), ce que la Constitution appelle la « série 2 ».
- Les citoyens ne votent pas. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par les grands électeurs : 93 469 pour cette série selon le site officiel du scrutin, dont 88 937 délégués des conseils municipaux (95,2 %), auxquels s'ajoutent les conseillers départementaux, régionaux et les députés. Ces délégués ont été désignés après les municipales de mars 2026. Le collège complet du Sénat, toutes séries confondues, compte environ 172 600 grands électeurs.
- Deux modes de scrutin coexistent. Dans les 30 circonscriptions qui élisent trois sénateurs ou plus, on vote pour des listes bloquées à la proportionnelle (119 sièges). Dans les 34 autres, une ou deux places seulement, au scrutin majoritaire à deux tours, nom par nom (59 sièges).
- La parité ne s'applique donc pas partout de la même manière : elle est stricte sur les listes proportionnelles, inexistante dans les circonscriptions au majoritaire.
- Sur les 177 sénateurs sortants de cette série, 134 se représentent et 43 s'arrêtent.
- Le vote est obligatoire pour les grands électeurs : une abstention sans motif valable est passible d'une amende de 100 euros.
Les candidatures sont closes. À neuf jours du scrutin, 1 686 personnes briguent les 178 sièges remis en jeu le 27 septembre 2026, réparties en 484 listes ou candidatures dans 64 circonscriptions. Soit 9,5 candidats par siège — un rapport qui masque des situations radicalement différentes d'un département à l'autre. Nous avons croisé la liste officielle des candidatures avec le Répertoire national des élus et notre base parlementaire pour établir qui sont ces 1 686 personnes. Le résultat tient en une phrase : ce sont, pour l'essentiel, des élus locaux en exercice qui demandent à d'autres élus locaux de les envoyer au Palais du Luxembourg.
Le détail candidat par candidat, filtrable par département, par mandat et par nuance, est dans notre base des candidats aux sénatoriales 2026, mise à jour à partir des dépôts en préfecture. La carte des sièges renouvelés et le rappel des règles sont sur la page d'ensemble du scrutin.
Deux candidats sur trois exercent déjà un mandat local — et souvent plusieurs
Sur les 1 686 candidats, 1 145 ont pu être rapprochés avec certitude du Répertoire national des élus, soit 67,9 %. Les 541 autres ne figurent dans aucun fichier d'élu : ce sont, pour l'essentiel, des candidats sans mandat, nombreux aux rangs inférieurs des listes. Tous les indicateurs de profil qui suivent portent donc sur ce sous-ensemble de 1 145, et le disent.
Parmi eux, 1 086 exercent au moins un mandat local — 94,8 % des candidats identifiés, 64,4 % de l'ensemble des 1 686. Le Répertoire leur attribue au total 2 391 mandats, dont 2 227 mandats locaux : la plupart en cumulent deux ou trois, un maire étant presque toujours aussi conseiller municipal et conseiller communautaire. La distribution dit tout de la nature du scrutin.
363 candidats sont maires d'une commune. C'est la fonction la plus représentée après le simple mandat de conseiller municipal, et ce n'est pas un hasard : le collège électoral sénatorial est composé à plus de 95 % de délégués des conseils municipaux. Un maire connaît personnellement une partie de ceux qui vont voter pour lui. Dans le Gers, quatre des treize candidats sont maires de leur commune — Lamothe-Goas, Ladevèze-Ville, Eauze —, des communes de quelques centaines d'habitants qui pèsent chacune une ou plusieurs voix le jour du scrutin.
56 ans d'âge médian, de 24 à 84 ans
L'âge médian des 1 145 candidats identifiés est de 56 ans, la moyenne de 55,4 ans. L'écart va de 24 ans — Clément BELLIÈRE, conseiller municipal des Andelys, et Laure THIEBAUT, conseillère municipale de Canet — à 84 ans, pour Éliane LAMBERT, conseillère municipale de Dieppe. 131 candidats ont moins de 40 ans (11,4 %) et 133 en ont 70 ou plus (11,6 %) : les deux extrêmes se compensent presque exactement autour d'une médiane élevée.
Pour mémoire, l'âge minimum pour être sénateur est de 24 ans depuis 2011 — les deux benjamins de cette campagne l'atteignent tout juste.
44 % de femmes, mais 33 % seulement au majoritaire
Sur les 1 145 candidats identifiés, 501 sont des femmes, soit 43,8 %. Ce total national recouvre deux réalités que le mode de scrutin sépare nettement.
Dans les 30 circonscriptions à la proportionnelle, la loi impose une alternance stricte femme-homme sur les listes : la part de femmes y atteint 45,8 %, à un cheveu de la parité arithmétique. Dans les 34 circonscriptions au majoritaire, où chacun dépose sa candidature seul, aucune règle ne s'applique : elles ne sont plus que 32,8 %. Treize points d'écart, produits par le seul mode de scrutin.
La contrainte s'arrête d'ailleurs à l'ordre des noms, pas à la tête de liste. Parmi les 484 têtes de liste et candidats uniques, 352 ont pu être identifiés au Répertoire : 117 sont des femmes, soit 33,2 %. La parité organise le corps des listes ; elle ne décide pas qui les conduit.
484 candidatures, une offre politique qui ne se répartit pas également
Les 484 listes et candidatures se distribuent ainsi par bloc politique, en prenant la nuance déclarée de chaque liste.
La gauche présente à elle seule 191 des 484 candidatures. Ce n'est pas un rapport de force, c'est une division : le détail des nuances montre 56 candidatures La France insoumise, 37 divers gauche, 27 Parti socialiste, 25 Parti communiste français, 24 écologistes et 17 listes d'union à gauche. Dans plusieurs départements au majoritaire, quatre ou cinq candidats de gauche se présentent devant le même corps électoral. L'accord PS-Écologistes conclu cet été ne portait que sur les 119 sièges pourvus à la proportionnelle.
À l'inverse, la mesure la plus parlante de l'extrême droite n'est pas son nombre de listes mais sa couverture géographique. Une liste ou une candidature d'extrême droite est présente dans 62 des 64 circonscriptions — davantage que la gauche (61), la droite (57) ou le centre (50). Vingt-cinq de ces listes portent d'ailleurs exactement le même intitulé, « Au service des communes », signe d'une campagne pilotée nationalement.
Un candidat pour 55 grands électeurs — mais un pour quatre à Saint-Martin
Le corps qui va trancher est minuscule au regard du corps électoral ordinaire. Le site officiel du scrutin annonce 93 469 grands électeurs pour la série 2, dont 88 937 délégués des conseils municipaux, soit 95,2 %. Nous avons repris, circonscription par circonscription, le nombre d'« électeurs sénatoriaux » publié par le Sénat sur chacune de ses 64 pages départementales : leur somme donne 92 257, soit 1 212 de moins (1,3 %) que le total affiché sur la page d'accueil du même site. Les deux chiffres viennent du Sénat, et la source n'explique pas l'écart. Nous publions les deux, et calculons les ratios ci-dessous sur la somme réelle des 64 collèges, la seule qui se vérifie ligne à ligne.
Sur cette base, chaque siège est arbitré par 518 grands électeurs en moyenne, et l'on compte un candidat pour 55 grands électeurs. Mais la moyenne n'existe nulle part. Les trois plus gros collèges sont ceux du Rhône (3 817), de la Gironde (3 743) et des Bouches-du-Rhône (3 695). Les trois plus petits tiennent dans une salle de classe : Saint-Barthélemy (21), Wallis-et-Futuna (22), Saint-Martin (25). Chacune de ces trois collectivités élit pourtant un sénateur de plein exercice, au même titre que le Rhône en élit sept.
Le rapport entre l'offre et le corps électoral en devient vertigineux. À Saint-Martin, six candidats se disputent les voix de 25 grands électeurs — un candidat pour quatre votants. À Wallis-et-Futuna, quatre candidats pour 22 électeurs. Dans le Calvados, à l'autre extrémité, cinq listes se partagent 2 125 grands électeurs, soit 425 chacune. Un sénateur de Saint-Barthélemy peut connaître personnellement la totalité de son électorat ; un sénateur du Rhône ne le peut pas.
Huit candidats pour un siège en Ariège, neuf listes pour huit sièges dans les Bouches-du-Rhône
C'est l'écart le plus spectaculaire de ce scrutin, à condition de comparer ce qui est comparable : dans les 34 circonscriptions au scrutin majoritaire, on compte les candidatures individuelles ; dans les 30 circonscriptions à la proportionnelle, on compte les listes, qui portent chacune autant de noms que de sièges à pourvoir, plus deux. Rapporté au nombre de sièges, le rapport de force va de 8,0 candidatures par siège en Ariège à 1,1 liste par siège dans les Bouches-du-Rhône. Les deux classements qui suivent sont triés sur ce même rapport, et les barres sont à la même échelle.
En Ariège, huit candidats se disputent l'unique siège du département et les voix de 628 grands électeurs : le sortant socialiste Jean-Jacques MICHAU, un candidat du Rassemblement national, un de La France insoumise, un du Parti communiste français, une écologiste, un second socialiste, un centriste et un divers. Cinq des huit relèvent du bloc de gauche. Dans le Gers, treize candidatures pour deux sièges et 792 grands électeurs, dont sept à gauche. En Tarn-et-Garonne, douze candidatures pour deux sièges, avec les deux sortants — Pierre-Antoine LEVI et François BONHOMME, tous deux divers droite — en concurrence l'un avec l'autre.
Ces trois départements votent au scrutin majoritaire : chaque candidature est une personne, pas une liste. À l'autre bout, les grands départements à la proportionnelle offrent le choix le plus restreint par siège : neuf listes pour huit sièges dans les Bouches-du-Rhône, sept pour cinq dans les Alpes-Maritimes et le Bas-Rhin. Plus il y a de sièges, moins il y a de concurrents par siège.
34 députés candidats, dont 24 sur des listes d'extrême droite
Trente-quatre députés en exercice figurent parmi les 1 686 candidats. La répartition est très déséquilibrée : 24 se présentent sous une étiquette d'extrême droite, 6 au centre, 3 à gauche, 1 à droite. Sept d'entre eux occupent un rang supérieur au nombre de sièges de leur département — quatre députés du Var sur la même liste dans un département qui compte quatre sièges, quatre autres en Bouches-du-Rhône pour huit sièges, dont un en dixième position. Un député placé au-delà du nombre de sièges à pourvoir complète la liste plus qu'il ne brigue un mandat.
Parmi les têtes d'affiche, Gabriel AMARD conduit la liste de La France insoumise dans le Rhône, Edwige DIAZ celle du Rassemblement national en Gironde, et Julie DELPECH une liste centriste en Sarthe. Un député élu sénateur devrait abandonner son siège à l'Assemblée, ce qui déclencherait une élection législative partielle dans sa circonscription.
Huit anciens sénateurs tentent par ailleurs un retour, parmi lesquels Françoise GATEL en Ille-et-Vilaine et François REBSAMEN en Côte-d'Or.
43 sortants s'arrêtent, dont Alain JOYANDET après trente ans
Sur les 177 sénateurs sortants de la série 2, 134 se représentent et 43 ne redéposent aucune candidature. Ils ne sont pas répartis également : la droite fournit le plus gros contingent de candidats sortants (69), devant la gauche (32) et le centre (30).
Les départs les plus lourds en ancienneté : Alain JOYANDET (LR, Haute-Saône), sénateur depuis 1995, soit trente ans ; Alain MILON (LR, Vaucluse) et Patricia SCHILLINGER (RDPI, Haut-Rhin), entrés en 2004 ; Rémy POINTEREAU (LR, Cher), en 2005. La commission des finances perd également Claude RAYNAL (SER, Haute-Garonne), élu en 2014 et qui ne redépose pas de candidature.
La Gironde en perd quatre d'un coup — Alain CAZABONNE, Florence LASSARADE, Laurence HARRIBEY et Monique DE MARCO —, la Haute-Garonne trois. Nous avions détaillé ces renoncements dans un précédent article, et recensé les sièges sans sortant.
Ce que la carte des candidatures dit du scrutin
Tous les candidats sont recensés un par un, avec leurs mandats, leur âge, leur liste et leur département, dans notre base des candidats aux sénatoriales 2026. Pour savoir qui se présente chez vous et qui remet son siège en jeu, passez par la carte des circonscriptions renouvelées.