Incidence des cancers en France
Jean-Luc WarsmannLIOT
Député — Ardennes (3)
La question
M. Jean-Luc Warsmann appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur le nombre de cancers en France. Il y a quelques jours le journal Le Monde a analysé une étude publiée le 25 septembre 2025 par The Lancet et faisant état d'une incidence particulièrement importante de cancers en France, par rapport à d'autres pays du monde comparables. Si la France fait partie des pays européens ayant le taux de mortalité associé au cancer le moins élevé, elle se classe parmi les dix pays à haut revenu ayant le plus grand nombre de cas diagnostiqués. Dépistages insuffisants, hausse des cancers chez les femmes, facteurs environnementaux, etc., sont autant de pistes évoquées comme des causes d'augmentation des cancers dans la population, mais sont aussi des éléments connus et prouvés depuis plusieurs années. Il souhaiterait donc connaître la réaction du Gouvernement suite à cette étude et ce qu'il entend mettre en place pour lutter contre cette augmentation des incidences de cancers en France.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/09/2026Selon les dernières données consolidées de Santé publique France, le nombre de nouveaux cas de cancer en 2023 était estimé à environ 433 000, dont 57 % chez l'homme. L'âge médian au diagnostic en 2023 est de 70 ans et de 68 ans respectivement chez l'homme et la femme. Chez l'homme, les cancers de la prostate (59 885 cas), du poumon (33 438 cas) et du côlon-rectum (26 212 cas) sont les plus fréquents. Chez la femme, ce sont les cancers du sein (61 214 cas), du côlon-rectum (21 370 cas) et du poumon (19 339 cas). Entre 1990 et 2023, le nombre de nouveaux cas de cancers a doublé, avec une augmentation de 98 % des cancers chez l'homme et de 104 % chez la femme, toutes localisations confondues. Il convient de repréciser que cette augmentation est principalement liée à des évolutions démographiques (en taille et en structure) et secondairement à une augmentation du risque de cancer (respectivement 78 % et 20 % chez l'homme, 57 % et 47 % chez la femme). Cette tendance pour l'ensemble « tous cancers » masque des évolutions variables selon la localisation. La diminution globale du taux de mortalité s'observe pour de nombreuses localisations, à l'exception du système nerveux central, du pancréas et du poumon spécifiquement chez les femmes. Pour lutter contre l'augmentation de l'incidence des cancers, les stratégies préventives doivent être renforcées parmi les populations et classes d'âge notamment à risque élevé. Des causes évitables doivent être ciblées, telles que l'obésité et la sédentarité, facteurs de risque de plusieurs cancers et autres maladies chroniques, mais aussi, plus spécifiquement, le tabagisme, notamment pour le cancer du poumon, l'infection à papillomavirus humain pour le cancer du col de l'utérus, ou encore les expositions aux ultraviolets (naturels ou artificiels) pour le mélanome cutané. Des études étiologiques doivent également être mises en œuvre, afin de comprendre et identifier les causes encore inexpliquées des tendances à la hausse. Ainsi, la feuille de route 2026-2030 de la stratégie décennale de lutte contre les cancers prévoit d'améliorer la connaissance des risques environnementaux liés aux cancers. Les connaissances sur les expositions environnementales et l'exposome seront renforcées, notamment en croisant des données environnementales, sanitaires et sociodémographiques disponibles dans le cadre du Green Data for Health (GD4H) avec celles du registre national des cancers. L'évaluation de la part des cancers attribuables aux facteurs environnementaux, dont les perturbateurs endocriniens et les pesticides, sera actualisée. La feuille de route prévoit également de nombreuses actions pour lutter contre les facteurs de risque des cancers et renforcer les dépistages. Elle prévoit notamment d'investir dans la prévention dès le plus jeune âge, d'intensifier la lutte contre le tabac et de réduire les usages nocifs de l'alcool, de mener une stratégie intégrée d'élimination du cancer du col de l'utérus, de mieux protéger les enfants du risque ultraviolet, d'augmenter le nombre de personnes dépistées dans le cadre des programmes de dépistages organisés, de généraliser un programme de dépistage organisé des cancers du poumon à l'horizon 2030 ou d'accompagner la personnalisation des dépistages et de cibler les personnes à risque aggravé. Bâtir une génération prévention et proposer un dépistage pour chacun constituent ainsi deux priorités majeures de la nouvelle feuille de route 2026-2030 de la stratégie décennale de lutte contre les cancers ; leur articulation avec les travaux de recherche permettra de doter la France d'une politique ambitieuse de lutte contre les cancers pour les prochaines années.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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