Remise en cause des capacités de formation IFSI
Fabrice RousselSOC
Député — Loire-Atlantique (5)
La question
M. Fabrice Roussel attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la remise en cause des capacités de formation des infirmiers et infirmières diplômés d'État en région Pays de la Loire. Entre 2020 et 2025, l'État et la région s'étaient engagés dans une trajectoire d'augmentation des capacités de formation, avec l'ouverture de 350 places supplémentaires en IFSI. Or dans le cadre des discussions liées au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, la région serait revenue sur ces augmentations, suscitant une vive inquiétude parmi les acteurs de santé. Cette décision intervient dans un contexte de fort déficit de démographie infirmière dans la région, de croissance démographique soutenue et de vieillissement de la population. Elle fait craindre une aggravation des tensions en ressources humaines, des difficultés accrues pour les établissements de santé et une dégradation de l'accès aux soins. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour sécuriser durablement les capacités de formation des IDE en Pays de la Loire et garantir la continuité des engagements pris en la matière.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/08/2026Le Gouvernement est fortement engagé en faveur du renforcement de l'offre de formation dans les métiers du soin, enjeu majeur pour la qualité du service public de santé et pour la cohésion des territoires. Depuis 2020, l'État et la région Pays de la Loire ont conjointement investi dans une montée en charge ambitieuse des formations sanitaires, permettant notamment l'ouverture de 350 places supplémentaires en Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) dans la région, en application du protocole issu du Ségur de la santé. Cet effort a commencé à porter ses fruits, même si les besoins démographiques et l'évolution du rapport au travail des professionnels imposent de poursuivre cet investissement dans la durée. Les débats en marge du projet de loi de finances pour 2026 ont pu susciter des inquiétudes légitimes chez les acteurs régionaux, notamment quant à la sécurisation pluriannuelle du financement des places supplémentaires. C'est précisément pour y répondre que le Gouvernement a annoncé, le 29 janvier 2026, une enveloppe nationale de 215 M€, permettant l'ouverture de 5 500 places supplémentaires en IFSI dès la rentrée 2026. Cet engagement vient compléter l'effort des régions, responsables du financement des formations sanitaires, dans un esprit de responsabilité partagée et de continuité des politiques publiques. Cette clarification met fin aux inquiétudes exprimées localement et confirme la volonté commune de garantir aux jeunes Ligériens un accès élargi aux formations paramédicales. L'État tient ses engagements. En effet, un schéma de financement est désormais sécurisé, permettant un premier versement dès le mois de mai 2026 à hauteur de 50 % des 215 M€ prévus, puis un second versement de 25 % au mois de juin 2026. Il s'agit d'un signal fort et sans ambiguïté, destiné à accompagner les ouvertures de places sur Parcoursup. Par ailleurs, l'État s'engage à poursuivre le financement en 2027 pour les places en formation effectivement ouvertes à la rentrée 2026. Il devra se traduire dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027.Cette approche est conforme aux principes posés dans le courrier du Premier ministre. Malgré ces engagements respectés de l'État, il manque 3000 places d'IFSI par rapport au protocole d'accord signé en 2022 entre l'État et les régions. Par ailleurs, l'État s'engage à poursuivre le financement en 2027 pour les places en formation effectivement ouvertes à la rentrée 2026. Il devra se traduire dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027. Le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour renforcer l'attractivité des parcours de formation, améliorer la réussite des étudiants, réduire les abandons et accompagner la montée en compétences qu'appelle la réforme du diplôme infirmier. La modernisation des formations, leur universitarisation, le pilotage renforcé des parcours et la valorisation du métier d'infirmier constituent autant de leviers pour sécuriser, dans la durée, les effectifs indispensables au bon fonctionnement de notre système de santé. Ainsi, le Gouvernement poursuit, en adéquation avec les compétences des régions et de l'ensemble des acteurs du secteur, une stratégie claire : sécuriser les capacités existantes, soutenir leur développement et répondre à l'urgence démographique, afin que chaque territoire, et en particulier les Pays de la Loire, puisse disposer des professionnels dont il a besoin pour garantir l'accès aux soins de ses habitants.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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