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Question écrite ✓ Répondue le 08/09/2026 santé

Exposition des fleuristes et des consommateurs aux résidus de pesticides

Posée le 02/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Denis Fégné Denis FégnéSOC Député — Hautes-Pyrénées (2)

La question

M. Denis Fégné attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur l'exposition des fleuristes et des consommateurs aux résidus de pesticides présents dans les fleurs coupées importées. Selon un rapport publié en février 2026 par l'association Agir pour l'environnement intitulé « Fleurs de la Saint-Valentin : pesticides, mon amour », 27 bottes et bouquets de fleurs achetés à l'occasion de la Saint-Valentin et de la Fête des mères ont été analysés. Cette enquête révèle la présence de 99 pesticides différents, dont 46 substances interdites ou non autorisées actuellement en France, parmi lesquelles 6 néonicotinoïdes. Le rapport souligne également que les concentrations totales de résidus mesurées atteignent jusqu'à 62,22 mg/kg dans certaines bottes de roses importées d'Équateur, lesquelles contenaient jusqu'à 35 molécules différentes. Parmi les substances identifiées figurent 13 substances cancérogènes, 22 reprotoxiques, 2 mutagènes ainsi que 14 substances toxiques ou mortelles par inhalation. L'étude indique par ailleurs que les fleurs importées contiennent en moyenne 19 résidus différents contre 5,5 seulement pour les fleurs françaises et de saison, avec des concentrations résiduelles près de dix fois inférieures pour ces dernières. Deux bouquets de fleurs françaises et de saison ne présentaient même aucun résidu détectable. Ces résultats sont particulièrement préoccupants pour les 22 938 fleuristes recensés en France, travaillant souvent dans des espaces clos et peu ventilés et exposés quotidiennement à ces cocktails chimiques. Le rapport rappelle notamment que plusieurs pathologies professionnelles liées à cette exposition indirecte aux pesticides sont désormais reconnues et évoque la reconnaissance, en octobre 2024, du décès d'une enfant exposée in utero aux pesticides manipulés par sa mère fleuriste. Or il n'existe actuellement ni limites maximales réglementaires de résidus pour les fleurs coupées, ni obligation d'étiquetage de l'origine des fleurs, ni contrôle systématique des pesticides présents sur les fleurs importées. Face à cette situation sanitaire et environnementale préoccupante, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin d'instaurer un étiquetage obligatoire et contrôlé de l'origine des fleurs coupées vendues en France ; de mettre en place des contrôles systématiques sur les fleurs importées afin d'interdire la commercialisation de fleurs contenant des pesticides interdits sur le territoire national ; et de définir des limites maximales de résidus applicables aux fleurs coupées. Enfin il lui demande si elle va soutenir durablement les filières françaises de fleurs locales et de saison, dont les analyses montrent qu'elles sont nettement moins contaminées par les pesticides.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 08/09/2026
La question de l'exposition aux résidus de pesticides dans les fleurs coupées importées fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'État, notamment en raison des risques pour les professionnels, et en premier lieu pour les fleuristes. Dans la mesure où ces produits, majoritairement importés, ne sont pas destinés à la consommation humaine ou animale, il n'existe pas actuellement de législation relative aux résidus de pesticides présents sur les fleurs coupées. Ainsi, aucune disposition législative ou réglementaire ne vient fixer des limites maximales en résidus (LMR) sur ces produits. Les seuls contrôles pouvant être diligentés par la direction générale de l'alimentation lors de l'importation portent sur l'éventuelle présence de nuisibles sur les végétaux.  Face aux risques pour les professionnels, la France a donc alerté à plusieurs reprises la commission européenne sur ce sujet. Dès mars 2017, elle a demandé l'instauration d'une réglementation à l'échelle européenne pour encadrer les importations de fleurs coupées. En 2018, des études ont révélé la présence de résidus de produits phytopharmaceutiques, dont certains non approuvés dans l'union européenne (UE), à des niveaux parfois élevés. En mars 2022, la commission a consulté les États membres sur des mesures visant à réduire l'exposition des professionnels, comme le port d'équipements de protection individuelle. Bien que la France ait répondu à cette consultation, aucune action concrète n'a encore été engagée au niveau européen. La France a donc agi à son niveau pour faire face aux risques pour les professionnels. Tout d'abord, une saisine a été transmise à l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) le 10 décembre 2024 afin d'évaluer les risques spécifiques liés à l'exposition des professionnels aux produits phytopharmaceutiques et à leurs résidus. Cette étude doit aboutir à des propositions de mesures de gestion adaptées, voire à des évolutions réglementaires, et son avis est attendu pour le 30 juin 2027. Par ailleurs, compte tenu des risques relatives aux fleurs importés, l'Etat encourage l'utilisation de fleurs produites dans l'UE. Celles-ci font en effet l'objet de contrôles sérieux, portant sur l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, conformément aux conditions d'autorisation de mise sur le marché. Cela inclut le respect des doses, des fréquences, des stades culturaux, ainsi que des distances de sécurité par rapport aux zones d'habitation. En parallèle, l'État encourage la promotion des fleurs locales et durables via le label Fleurs de France, porté par l'interprofession Valhor. Ce label garantit l'origine nationale des fleurs et valorise les producteurs engagés dans des démarches respectueuses de l'environnement, contribuant ainsi à réduire l'exposition des professionnels aux pesticides.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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