Aller au contenu
nosparlementaires.

Les votes. Les textes.
Les visages du pouvoir.

Question orale sans débat ✓ Répondue le 17/06/2026 transports ferroviaires

Avenir de la ligne ferroviaire Agen-Périgueux

Posée le 09/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère des transports

Emeline Rey-Rinchet Emeline Rey-RinchetDR Députée — Lot-et-Garonne (3)

La question

Mme Emeline Rey-Rinchet interroge M. le ministre des transports sur la situation et l'avenir de la ligne ferroviaire Agen-Périgueux. En effet, cette ligne est depuis de nombreuses années menacée de fermeture en raison de l'incessant vieillissement de ses infrastructures. Ce vieillissement est le résultat de vingt ans de sous-investissement de SNCF Réseau sur cette ligne. Et les conséquences de ce sous-investissement sont concrètes pour les usagers puisque les pannes de signalisation, d'aiguillage, les trains supprimés ou remplacés par des bus sont quotidiens. Tous ces incidents conduisent les usagers à choisir la route ou à renoncer de se déplacer. Voilà pourquoi à l'heure où les prix des carburants dépassent les deux euros le litre, ces trains sont la dernière solution de mobilité abordable en zone rurale pour accéder aux emplois, à une offre de soins complète et aux services publics. Depuis 2020, les seuls investissements sur cette ligne sont faits par la région Nouvelle-Aquitaine qui intervient hors compétence pour financer les travaux les plus urgents pour plus de cinq millions d'euros, afin de maintenir cette ligne en activité. Mais, avec la baisse des dotations de l'État aux collectivités, ces financements cesseront en 2027 et la question de l'avenir de cette ligne se posera de nouveau. Pourtant, cette ligne est aujourd'hui sous-utilisée en raison de son manque de fiabilité. Sa régénération et sa fiabilisation permettraient donc de voir sa fréquentation augmenter. Cette ligne est par ailleurs nécessaire aux déplacements entre Agen et Périgueux sans rupture de charge à Bordeaux. Enfin, à la suite des annonces de M. le Premier ministre le 7 mai 2026 à Toulouse, la ligne Agen - Périgueux constituerait un levier de rabattement de voyageurs du nord du département de Lot-et-Garonne vers la nouvelle gare d'Agen. Par conséquent, elle l'interroge quant aux perspectives de financement et de mise en œuvre des travaux de régénération définitive de la ligne ferroviaire Agen-Périgueux dans des délais raisonnables et réalistes.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 17/06/2026

LIGNE FERROVIAIRE AGEN-PÉRIGUEUX


Mme la présidente. La parole est à Mme Emeline Rey-Rinchet, pour exposer sa question, no 764, relative à la ligne ferroviaire Agen-Périgueux.

Mme Emeline Rey-Rinchet. La ligne ferroviaire Agen-Périgueux est à bout de souffle. Depuis de nombreuses années, cette ligne, qui traverse du nord au sud ma circonscription et offre une desserte fine du territoire, avec des arrêts dans plusieurs villes et villages, est confrontée à des difficultés liées au vieillissement de son infrastructure. Pas une semaine ne se passe sans une panne de signalisation ou un passage à niveaux défectueux. L'année dernière, c'est une panne d'aiguillage qui a obligé pendant plusieurs semaines les voyageurs à changer de train en gare de Montsempron-Libos.

Les annulations et remplacements des trains par des cars sont, quant à eux, quotidiens. Ce manque de fiabilité détourne légitimement les usagers du rail au profit de la route. La région Nouvelle-Aquitaine, qui gère les trains express régionaux (TER), voit la fréquentation de ses trains diminuer, et réduit logiquement son offre. Ainsi, il ne reste plus que deux trains directs par jour pour relier Agen à Périgueux. Or cette ligne est indispensable au dynamisme de nos territoires ruraux – je pense à Sauveterre-la-Lémance, village de 600 habitants, qui voit s'arrêter plus d'une quinzaine de trains par jour. Je pense aussi à ces jeunes couples vivant à Penne-d'Agenais et à Laroque-Timbault, qui m'expliquent travailler à Agen et faire quotidiennement le trajet en train.

Par ailleurs, après le déplacement du premier ministre à Toulouse, la ligne à grande vitesse (LGV) depuis Bordeaux a désormais un caractère irréversible. Les habitants de ma circonscription vont donc financer le projet via la taxe spéciale d'équipement (TSE), aussi appelée taxe LGV. J'estime qu'ayant déjà une voie ferrée à proximité, ils doivent bénéficier d'un axe de rabattement vers la nouvelle gare d'Agen.

Depuis 2020, la région finance, hors compétence, les travaux les plus urgents sur cette ligne. Ces financements permettent de maintenir son exploitation, mais ils s'arrêteront dans six mois ; le pire est alors à craindre. Monsieur le ministre, sous quel délai les habitants de ma circonscription peuvent-ils espérer une régénération définitive de cette ligne ? Sans ces travaux, celle-ci va dépérir et sa fréquentation continuera à chuter jusqu'à sa fermeture.

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.

M. Philippe Tabarot, ministre des transports. Je comprends tout à fait votre question. Même si celle-ci s'adresse plus au président de la région qu'au ministre que je suis, je ne vais pas me défausser s'agissant des responsabilités qui peuvent être celles de l'État, en l'occurrence du gouvernement. Nous sommes mobilisés pour préserver la pérennité de cette ligne et en assurer la régénération. Lors de mon récent déplacement en Corrèze, nous avons beaucoup évoqué ce sujet, notamment avec le maire de Périgueux, qui était présent à la réunion que nous avons organisée sur les questions ferroviaires et la desserte fine du territoire – je dirai un mot dans un instant du rapport que j'ai demandé au préfet Philizot sur ces lignes. Vous le savez, ce n'est pas un secret, nous rencontrons aujourd'hui des difficultés avec certaines régions qui ne veulent plus assumer la responsabilité que la loi leur confère. Nous essayons d'être dans le dialogue – j'espère que nous y arriverons.

Depuis 2020, le gouvernement a contribué au financement des travaux d'urgence ainsi qu'aux études préliminaires de régénération devant s'achever fin 2026. Nous sommes prêts à poursuivre le programme de travaux d'urgence jusqu'en 2028 avec la région, si celle-ci confirme son engagement en faveur de la ligne. Lors de la réunion que j'ai évoquée, la région n'était pas représentée politiquement, mais au niveau administratif, par le directeur général adjoint des services en charge des mobilités. Celui-ci a dit que si nous trouvions de nouveau un accord sur les lignes de desserte fine par région, ce dossier semblait particulièrement prioritaire pour la sienne.

Dans le prolongement, l'État et la région ont inscrit au volet ferroviaire du contrat de plan État-région 2023-2027 (CPER) la fin des études de régénération de la ligne pour 7 millions d'euros. La conférence Ambition France Transports a réaffirmé que la priorité devait être donnée à l'investissement dans la régénération et la modernisation du réseau. Les travaux, dont le coût est estimé à ce jour à un montant situé entre 180 millions et 240 millions, devront s'inscrire dans la poursuite des engagements entre la région et l'État dans le cadre du CPER.

Dans ce contexte, j'ai confié au préfet François Philizot, afin de mettre à jour le diagnostic et les conclusions de ses précédents rapports, une mission relative aux lignes de desserte fine du territoire, dont les conclusions sont attendues dans le courant de l'été. Ainsi, l'État demeure pleinement mobilisé, je le souhaite, avec les régions – en particulier la vôtre –, et SNCF Réseau, pour le maintien des performances et de la qualité de service des lignes de desserte fine du territoire, notamment pour la ligne Agen-Périgueux, qui aujourd'hui n'est pas à la hauteur des attentes légitimes.

De mon point de vue, la ligne de desserte fine Agen-Périgueux doit être complémentaire du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) qui a été annoncé – je crois qu'une question me sera posée tout à l'heure au sujet de la ligne nouvelle du Sud-Ouest. Un maillage du territoire est indispensable, que ce soit par des lignes à grande vitesse ou par des lignes de desserte fine. Toutes ces lignes ont leur place dans notre réseau, notamment pour desservir les habitants de votre circonscription et des circonscriptions voisines.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

Autres questions de Emeline Rey-Rinchet

Situation économique des taxis en Lot-et-Garonne

Question écrite · 14/07/2026

En attente

Supplément familial de traitement pour les médecins hospitaliers

Question écrite · 14/07/2026

En attente

Règles du salut des porte-drapeaux lors des cérémonies patriotiques

Question écrite · 02/06/2026

En attente

Campus connecté de Villeneuve-sur-Lot

Question au Gouvernement

Répondue
← Retour à la fiche de Emeline Rey-Rinchet