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Question orale sans débat ✓ Répondue le 01/07/2026 transports aériens

Évolution du financement de la liaison aérienne Rodez-Paris

Posée le 23/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère des transports

Pauline Cestrières Pauline CestrièresEPR Députée — Aveyron (1)

La question

Mme Pauline Cestrières appelle l'attention de M. le ministre des transports sur l'évolution du financement de la liaison aérienne Rodez-Paris. Cette desserte, assurée dans le cadre d'une délégation de service public au titre de l'aménagement du territoire, constitue un outil essentiel de désenclavement pour l'Aveyron et participe directement à son attractivité économique, touristique et institutionnelle. Or les collectivités territoriales concernées ont été informées d'une augmentation significative du coût de cette délégation de service public et s'inquiètent d'une évolution à la baisse de la participation financière de l'État à son financement, susceptible d'entraîner un report croissant de la charge sur les budgets locaux. Dans un contexte de fortes tensions pesant sur les finances des collectivités territoriales, cette évolution soulève la question de la place que l'État entend continuer d'assumer dans le financement des liaisons aériennes qu'il reconnaît lui-même comme nécessaires à l'aménagement et à la cohésion des territoires. Elle lui demande en conséquence de confirmer l'évolution de la participation financière de l'État au financement de la liaison Rodez-Paris, d'en préciser les motifs et d'indiquer les engagements qu'il entend prendre afin de garantir durablement le maintien de cette desserte stratégique pour le désenclavement, l'attractivité et le développement de l'Aveyron.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 01/07/2026

LIAISON AÉRIENNE RODEZ-PARIS


Mme la présidente. La parole est à Mme Pauline Cestrières, pour exposer sa question, no 803, relative à la liaison aérienne Rodez-Paris.

Mme Pauline Cestrières. La liaison aérienne Rodez-Paris n'est ni un confort ni un privilège : pour l'Aveyron, elle est une nécessité. Elle constitue un outil majeur de désenclavement. Elle permet à nos entreprises de se développer, à nos étudiants de poursuivre leurs études et, plus largement, à notre territoire de demeurer pleinement connecté au reste du pays et à ses centres de décision.

Le 16 juin dernier, en réponse à une question orale de mon collègue sénateur Jean-Claude Anglars, le gouvernement a confirmé son engagement en faveur de cette liaison jusqu'au terme du contrat en cours, soit jusqu'en 2028. Il a également rappelé que cette ligne demeurait prioritaire eu égard au niveau d'enclavement de notre territoire. Je tiens à saluer cet engagement ainsi que le soutien exceptionnel accordé par l'État pour compenser la hausse du prix du carburant. Le fait que seules les liaisons Paris-Rodez et Paris-Aurillac aient bénéficié de cet accompagnement maximal traduit la reconnaissance, par l'État lui-même, de leur caractère stratégique pour le désenclavement de nos territoires.

Néanmoins, le désenclavement ne peut être pensé à court terme ni de manière fragmentée. Il appelle une véritable stratégie fondée sur la complémentarité des différents modes de transport. L'Aveyron a besoin d'une desserte ferroviaire performante comme d'une liaison aérienne pérenne. L'une ne saurait se substituer à l'autre : leur complémentarité est indispensable au désenclavement de notre territoire.

Or les Aveyronnais constatent chaque jour que l'offre de mobilité ne répond pas encore pleinement à leurs besoins. La desserte aérienne demeure limitée, notamment le week-end, tandis que la liaison ferroviaire est trop souvent perturbée par des interruptions de circulation, par des substitutions par autocar, par l'inadaptation des horaires aux déplacements professionnels et par le vieillissement du matériel roulant, souvent inconfortable. Cette réalité est encore plus marquée pour les trains de nuit. Il s'agit non d'opposer le train à l'avion, mais de garantir aux Aveyronnais une offre de mobilité cohérente, fiable dans la durée et adaptée aux réalités de notre territoire.

Quelle est la stratégie du gouvernement pour garantir durablement le désenclavement de l'Aveyron ? Cette stratégie s'accompagnera-t-elle d'un engagement clair de l'État à poursuivre au-delà de 2028 son soutien financier à la liaison aérienne Rodez-Paris ?

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.

M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. La complémentarité entre le ferroviaire et l'aérien est évidente lorsqu'il s'agit de désenclaver les territoires les plus éloignés des centres urbains et d'assurer leur liaison avec ces centres, notamment avec la région parisienne. Nous n'opposons pas le ferroviaire et l'aérien mais les considérons comme complémentaires, car ils ne servent pas toujours les mêmes usages.

Le gouvernement mesure comme vous l'importance de la liaison aérienne entre Rodez et Orly pour le développement économique de l'agglomération ruthénoise et de l'Aveyron en général. Cela fait dix ans que cette ligne est subventionnée et que l'État contribue significativement à son financement. En 2024, lors du dernier renouvellement de contrat, l'État s'est engagé à maintenir sa participation pour les deux premières années d'exploitation et à déterminer par la suite sa contribution pour les deux dernières années. Je peux aujourd'hui vous confirmer la participation de l'État jusqu'à la fin du contrat ; la ligne a été identifiée comme prioritaire en raison du niveau d'enclavement du territoire. Le taux de prise en charge par l'État pour les deux années à venir sera de 35 % de l'intégralité de la compensation financière nécessaire, ce qui correspond à un engagement total de près de 10,5 millions d'euros sur les quatre années du contrat. L'État aura ainsi doublé le montant consacré à la ligne aérienne Rodez-Paris par rapport au contrat précédent.

Par ailleurs, il convient de noter que cette liaison enregistre des résultats très satisfaisants et contribue au succès de l'aéroport de Rodez, qui a accueilli près de 200 000 passagers en 2025.

Mme la présidente. La parole est à Mme Pauline Cestrières.

Mme Pauline Cestrières. Ma question portait sur la période d'après 2028. J'ai également souhaité aborder la question du train de nuit Rodez-Paris, qui est en cours d'étude ; elle est primordiale car cette ligne est bien moins efficace que par le passé. Les horaires d'arrivée à Paris sont incompatibles avec les rendez-vous professionnels, les retards et les annulations sont incessants. Pour désenclaver l'Aveyron, il faut marcher sur nos deux jambes et mobiliser à la fois l'aérien et le ferroviaire.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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