Manifestations contre la hausse du prix du carburant
Laurent DuplombLes Républicains
Sénateur — Haute-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/11/2018M. Jacques Grosperrin. En tout cas, il y a un roi-soleil… (Sourires sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. François de Rugy, ministre d'État. Pour notre part, nous avons mis les choses sur la table et dit aux Français la vérité sur ce que nous ferions une fois élus. Moins taxer le travail, l'emploi, les entreprises, davantage taxer la pollution et les émissions de carbone : c'est ce que nous avions annoncé, c'est ce que nous avons fait.
Nous avons pris des mesures d'accompagnement des Français dans ce changement. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.) Il est vrai que, à l'époque de Mazarin et de Colbert, on ne devait guère se préoccuper du dérèglement climatique…
Nous avons ainsi permis à 250 000 Français de changer de voiture (Protestations sur des travées du groupe Les Républicains.), grâce à une prime à l'achat de 1 000 ou de 2 000 euros. Pour ma part, je m'en félicite !
Un million de Français ont pu réaliser cette année des travaux en vue d'économiser l'énergie, grâce au crédit d'impôt ; je pense que c'est aussi une excellente chose.
Enfin, 3,6 millions de Français ont bénéficié du chèque énergie. Un tel dispositif est nécessaire pour passer ce cap difficile. (Nouvelles protestations sur des travées du groupe Les Républicains.)
Mme Cécile Cukierman. Pendant ce temps-là, les entreprises font des milliards de profits !
M. François de Rugy, ministre d'État. Monsieur le sénateur, puisque vous aimez les citations, je vais à mon tour vous en livrer une. Hier, j'étais au lycée Clemenceau de Nantes et j'ai donné aux élèves la définition du courage selon Georges Clemenceau (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) :
« Le courage, c'est d'aller tout droit devant soi. On doit en souffrir, on sera haï, détesté, méprisé. On recevra de la boue, on n'aura pas d'applaudissements, mais il faut savoir choisir entre les applaudissements d'aujourd'hui, qui sont d'un certain prix, et ceux qu'on se donne à soi-même, quand, avant d'entrer dans le néant, on peut se dire : j'ai donné à mon pays ce que je pouvais. » (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – Huées sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Laurent Duplomb, pour la réplique.
M. Laurent Duplomb. Monsieur le Premier ministre, n'entendez-vous pas le ras-le-bol des Français ? Ils payent plus pour le carburant, plus pour le gaz, plus pour la CSG, alors que, dans le même temps, votre gouvernement est incapable de contenir le déficit public, annoncé à près 100 milliards d'euros en 2019, et de maîtriser la dette, qui atteindra bientôt 100 % du PIB.
Votre gouvernement se permet néanmoins de donner des leçons à tout le monde : aux élus pour leur gestion, aux automobilistes pour leur conduite, à ceux qui fument des clopes et roulent au diesel, à ceux qui ne seraient pas assez écologistes ou progressistes !
Gardez-vous, monsieur le Premier ministre, de faire la même erreur que Marie-Antoinette, qui pendant la disette de 1789 avait conseillé à ceux qui n'avaient pas de pain de manger de la brioche ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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