Grand débat national
Jacqueline Eustache-BrinioLes Républicains
Sénatrice — Val-d'Oise
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/01/2019Je dois dire que je trouve assez surprenante la mise en abîme dans laquelle vous nous plongez. Alors que vous déplorez que l'on parle à Cyril Hanouna, vous consacrez votre temps de parole au Sénat à parler de lui ! C'est assez étonnant. Vous auriez pu parler de sujets dits « sérieux »… (Très vives protestations sur les mêmes travées.)
M. le président. Poursuivez, madame la secrétaire d'État, mais faites preuve de modération, pour une fois ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, du groupe Union Centriste, du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et sur des travées du groupe socialiste et républicain.)
Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État. Madame la sénatrice, des centaines de milliers de personnes regardent, toutes les semaines, l'émission de Cyril Hanouna. Ces centaines de milliers de personnes sont-elles des citoyens comme vous et moi, comme les gens qui écoutent France Culture, comme ceux qui regardent Arte ?
Le grand débat national voulu par le Président de la République, sous l'autorité du Premier ministre et sous la surveillance des garants, vise à parler à tous les citoyens. Je tiens d'ailleurs à saluer la mobilisation exceptionnelle, en un temps record, de mes collègues Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu, à qui l'organisation de ce débat a été confiée. (Exclamations amusées sur les travées du groupe Les Républicains.)
Il n'y a pas de citoyens de seconde zone, madame la sénatrice. (Protestations sur les mêmes travées.) C'est le mépris de classe (Mêmes mouvements.) d'une intelligentsia et d'une forme d'élite politique, qui voudraient être seules responsables du débat politique et s'arroger le droit d'accéder au débat public, qui a nourri en partie le mouvement des « gilets jaunes », lequel en veut non seulement au Gouvernement, mais aussi à l'ensemble de la classe politique.
Ne vous en déplaise, on ne répond pas à des problèmes politiques de 2019 avec des solutions de 1999 ! (Huées sur les mêmes travées.)
M. le président. La parole est à Mme Jacqueline Eustache-Brinio, pour la réplique.
Mme Jacqueline Eustache-Brinio. Madame la secrétaire d'État, j'ai bien entendu vos explications, mais depuis quelque temps, chaque jour, l'image des hommes et des femmes politiques est dévalorisée. Ne soyons donc pas surpris qu'avec ce type de mélange des genres les Français soient de plus en plus critiques à l'égard de leurs élus. Vous participez ainsi à l'éloignement et au rejet de la classe politique dans son ensemble.
La politique vaut mieux que cela. La politique, ce n'est pas la téléréalité. L'exemplarité des élus contribue à leur respect. Notre rôle est de tracer un chemin, de créer l'envie et de donner espoir, avec passion, à chaque citoyen, en particulier aux jeunes générations, qui seront les adultes de demain.
Réduire le débat public à une émission de spectacle ne peut que poursuivre le travail de dévalorisation de la politique. Ce faisant, vous y contribuez. Mais peut-être est-ce volontaire ?
Comment aurions-nous pu imaginer – mais, c'est vrai, c'était un autre temps – Françoise Giroud coanimer une émission avec Guy Lux ou Léon Zitrone ? (Vifs applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, du groupe Union Centriste, du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe socialiste et républicain.)
Source : senat.fr ↗
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